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À l’ONU, Thérèse Kayikwamba plaide pour une prévention renforcée des conflits : « La meilleure résolution est celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais »

À l’ONU, Thérèse Kayikwamba plaide pour une prévention renforcée des conflits : « La meilleure résolution est celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais »

À l’ONU, Thérèse Kayikwamba plaide pour une prévention renforcée des conflits : « La meilleure résolution est celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais » Image media Patient dim 26/07/2026 - 10:05 Sécurité Alors qu'au monde les conflits se multiplient, les crises s'enracinent et les tensions géopolitiques s'intensifient, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la F En savoir plus sur À l’ONU, Thérèse Kayikwamba plaide pour une prévention renforcée des conflits : « La meilleure résolution est celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais »

Alors qu'au monde les conflits se multiplient, les crises s'enracinent et les tensions géopolitiques s'intensifient, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé pour une réforme et le renforcement des pratiques internationales en matière de prévention des conflits et de mise en œuvre des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies. S’exprimant jeudi 23 juillet 2026 à New York, lors d’un débat public du Conseil de sécurité consacré au renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends, organisé sous la présidence de la République démocratique du Congo, la cheffe de la diplomatie congolaise a appelé les États membres à transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes. Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, trois priorités doivent désormais guider l’action collective afin de rendre la prévention des conflits plus efficace. « Premièrement, faire de la prévention un véritable réflexe collectif en utilisant plus systématiquement les instruments que la Charte met déjà à notre disposition », a-t-elle déclaré. La ministre congolaise a ensuite insisté sur la nécessité d’améliorer le suivi des décisions prises par le Conseil de sécurité, estimant que l’adoption d’une résolution ne constitue qu’une étape et non une finalité. « Deuxièmement, renforcer la mise en œuvre de nos décisions. Chaque résolution importante devrait s'accompagner d'un suivi clair, de responsabilités identifiées, de rapports réguliers et d'une capacité réelle à répondre au non-respect des engagements », a-t-elle souligné. Évoquant les limites actuelles des mécanismes internationaux, Thérèse Kayikwamba Wagner a également plaidé pour la consolidation des outils existants de prévention et de surveillance. « Troisièmement, préserver l'intégrité des mécanismes existants. Des organes subsidiaires pleinement opérationnels, des mécanismes de suivi efficaces et des bons offices solidement soutenus sont indispensables à une prévention crédible », a-t-elle affirmé. La cheffe de la diplomatie congolaise a par ailleurs insisté sur l’importance d’une coopération accrue entre l’ONU et les organisations régionales, notamment en Afrique, estimant que cette complémentarité permet une réponse plus rapide et mieux adaptée aux réalités locales. « Nous devons également continuer à renforcer la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales, conformément au chapitre VIII de la Charte. L'expérience africaine montre que cette complémentarité permet souvent d'agir plus tôt, plus près des réalités du terrain et avec une meilleure compréhension des dynamiques locales », a-t-elle expliqué. Revenant sur la question de la crédibilité du Conseil de sécurité, Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé que la force de cette institution dépend moins du nombre de textes adoptés que de leur application effective. « La paix durable ne résulte jamais du seul silence des armes. Elle repose sur notre capacité collective à prévenir les crises avant qu'elles ne deviennent des conflits ouverts », a-t-elle déclaré. Selon elle, la légitimité du Conseil de sécurité repose sur sa capacité à donner un véritable effet aux décisions qu’il adopte. « La crédibilité du Conseil de sécurité ne se mesure pas uniquement au nombre de résolutions qu'il adopte, elle se mesure à sa capacité de faire vivre les mécanismes qu'il crée et de faire respecter les décisions qu'il prend », a-t-elle insisté. Dans un contexte marqué par la multiplication des crises et l’enracinement de plusieurs conflits à travers le monde, la ministre congolaise a appelé à une utilisation plus anticipative des outils diplomatiques existants. « Les instruments existent. Notre responsabilité collective est désormais de les utiliser plus tôt, plus systématiquement et avec davantage de cohérence. Car la meilleure résolution d'un conflit est encore celle qui aura permis qu'il n'éclate jamais », a prévenu Thérèse Kayikwamba Wagner Cette position de la RDC intervient dans un contexte où elle bénéficie de la résolution 2773, adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies. Ce texte condamne fermement l’offensive et la progression du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Il appelle les Forces de défense rwandaises (FDR) à cesser leur soutien au M23 et à se retirer immédiatement et sans conditions préalables du territoire congolais. La résolution réitère également un appel urgent à toutes les parties afin qu’elles concluent un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Portée par la France et adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies, au lendemain de la prise de Goma et de Bukavu par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, cette résolution rappelle que la MONUSCO doit pouvoir mettre pleinement en œuvre son mandat au profit des populations civiles, sans entrave à ses activités ni à sa liberté de mouvement. Elle souligne également le rôle clé des processus de Luanda et de Nairobi dans la recherche d’une solution politique durable, fondée notamment sur le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et le démantèlement des FDLR. Avec plusieurs millions de personnes déplacées, des milliers de morts et de graves exactions documentées par les Nations unies, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à l’escalade de ce conflit qui perdure depuis plusieurs années. De son côté, l’AFC/M23 poursuit sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le mouvement consolide ses positions et renforce son administration parallèle, sans tenir compte des dispositions de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, principal organe des Nations unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. La dynamique créée par l’adoption de la résolution 2773 s’est toutefois progressivement estompée avec l’ouverture du processus diplomatique de Washington, conduit sous l’égide des États-Unis, et celui de Doha, mené sous l’égide de l’État du Qatar. Si les dispositions de cette résolution ont été reprises dans l’accord de paix de Washington, plusieurs observateurs estiment qu’il manque toujours un mécanisme contraignant susceptible d’en garantir la mise en œuvre effective, plus d’un an après son adoption. Clément MUAMBA

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