Bloomberg : la Syrie devient un centre régional pour l’exportation du fuel‐oil irakien

Washington, (SANA) La géographie syrienne n’est plus seulement un espace de transit entre l’Est et l’Ouest ; elle commence à retrouver un rôle historique dans le mouvement énergétique régional, avec la transformation des ports syriens – en particulier celui de Banias – en point central pour la réception et la réexportation du fuel‐oil irakien vers [...]
Washington, (SANA) La géographie syrienne n’est plus seulement un espace de transit entre l’Est et l’Ouest ; elle commence à retrouver un rôle historique dans le mouvement énergétique régional, avec la transformation des ports syriens – en particulier celui de Banias – en point central pour la réception et la réexportation du fuel‐oil irakien vers les marchés mondiaux . Selon un rapport de Bloomberg, la Syrie est passée, en quelques mois, de l’absence totale d’exportations de fuel‐oil à l’acquisition de plus d’un quart des exportations de cette matière au Moyen‐Orient, un changement qui reflète la reconfiguration des routes du commerce énergétique à la lumière des évolutions sécuritaires et politiques dans la région. Bloomberg, agence de presse américaine spécialisée dans l’économie, la finance et les marchés de l’énergie, est considérée comme l’une des sources majeures pour le suivi des mouvements commerciaux internationaux. La Syrie devient un centre d’exportation du fuel‐oil irakien L’agence a indiqué que l’Irak a commencé à utiliser le territoire syrien comme itinéraire alternatif pour le transport du fuel‐oil, via des milliers de camions acheminant les cargaisons depuis l’Irak jusqu’au littoral syrien en environ quatre jours, avant leur réexpédition par les ports de la Méditerranée. D’après les données de la société d’analyses Vortexa, les approvisionnements irakiens ont permis à la Syrie d’exporter près de 720 000 tonnes de fuel‐oil au mois de juin dernier, tandis que des opérateurs du marché ont estimé, selon Bloomberg, que les flux entrants en Syrie au cours du dernier mois ont dépassé 600 000 tonnes. Ces chiffres interviennent alors que les données du transport énergétique ont signalé une hausse des exportations de fuel‐oil en provenance du Moyen‐Orient en juin, certains pays cherchant à diversifier leurs routes d’exportation loin des voies traditionnelles. Un corridor terrestre pour contourner les pressions maritimes Cette évolution est liée aux changements survenus dans les routes énergétiques de la région, les risques pesant sur la navigation dans le Golfe ayant poussé à rechercher des itinéraires alternatifs plus sûrs pour le transport des cargaisons. Bloomberg a souligné que l’Irak s’est attaché à diversifier ses voies d’exportation du fuel‐oil, considérant que le corridor syrien constitue une alternative stratégique au détroit d’Ormuz, grâce au transfert terrestre des cargaisons vers le port de Banias, puis à leur réexportation par voie maritime. Les camions en provenance d’Irak transportent environ 20 tonnes de fuel‐oil chacun, et le trajet vers le littoral syrien nécessite plusieurs jours avant l’arrivée aux installations de stockage et de manutention. Washington cherche des voies alternatives aux routes énergétiques classiques Ce changement dans les trajectoires énergétiques dépasse le cadre des initiatives commerciales et s’intègre dans une orientation plus vaste visant à restructurer les routes d’approvisionnement régionales, dans un contexte d’intérêt international accru pour la diminution de la dépendance aux corridors maritimes vitaux. Dans ce contexte, Thomas Barak, l’envoyé spécial du président américain pour la Syrie et l’Irak, a annoncé hier que les États‐Unis travaillent, en coordination avec cinq pays de la région – dont la Syrie – sur un programme visant à développer des itinéraires alternatifs au détroit d’Ormuz, en misant sur des réseaux de transport et d’approvisionnement combinant des routes terrestres et maritimes diversifiées. Barak a précisé, lors du sommet américano‐irakien des affaires à Washington, que le programme inclut la Syrie, la Jordanie, la Turquie, le Liban et l’Égypte, afin de renforcer la résilience des chaînes de transport et d’énergie, à un moment où la diversification des routes commerciales et logistiques est devenue un élément central des calculs économiques et stratégiques dans la région. Banias revient au premier plan énergétique régional Ce changement ne se limite pas aux flux actuels de camions ; il coïncide avec des démarches visant à revitaliser l’infrastructure pétrolière syrienne, au premier rang desquelles le tracé historique Kirkouk – Banias. La Syrie et l’Irak avaient signé des mémorandums d’entente pour la réhabilitation de la ligne Haditha-Banias, historiquement liée à l’oléoduc Kirkouk-Banias, afin d’atteindre une capacité de transport pouvant atteindre près de deux millions de barils par jour. La remise en état de cette ligne ne revêt pas seulement une dimension économique ; elle pourrait également renforcer le rôle de la Syrie comme corridor énergétique régional, grâce aux services de transit, de stockage, de transport et aux capacités portuaires. Intérêt international pour la position énergétique de la Syrie Les développements récents témoignent d’un intérêt international croissant pour la réintégration de la Syrie dans les projets énergétiques régionaux. Bloomberg a indiqué que l’assouplissement de certaines restrictions économiques a permis d’examiner le rôle potentiel de la Syrie comme itinéraire pour le transport de l’énergie irakienne vers la Méditerranée. L’agence a également souligné que des entreprises énergétiques mondiales commencent à considérer la position géographique de la Syrie comme un élément possible des futurs corridors énergétiques de la région. Alors que les projets de transport et d’énergie dans la région tendent à redessiner leurs trajectoires, la Syrie semble engagée dans un défi consistant à transformer sa position géographique en rôle économique durable, de manière à ne plus être un simple passage temporaire pour les approvisionnements, mais à devenir un maillon essentiel du réseau énergétique régional connecté à la Méditerranée. am
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