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Ce matériau destiné au surf fait trembler le secteur de l’aéronautique, et il est français !

Ce matériau destiné au surf fait trembler le secteur de l’aéronautique, et il est français !

Une pile de cartons destinée à la benne, une planche de surf improvisée au Portugal, et une start-up basque qui veut concurrencer DuPont dans l'aéronautique. L'histoire de l'Aerboard est l'une des plus belles de l'industrie française.

C’est l’histoire d’une success-story franco-française comme on les aime. Une pile de cartons destinée à la benne, une pandémie qui bloque les chaînes d’approvisionnement, et l’envie irrépressible de se fabriquer une planche de surf. C’est en 2017 que l’ingénieur en chantiers navals François Jaubert a eu “l’idée du siècle” : un matériau innovant et totalement eco-responsable en guise d’alternative au plastique. A l’époque, le jeune Basque se retrouve au Portugal et veut confectionner sa propre planche de surf. Faute de matériaux disponibles, il se tourne alors vers une pile de cartons destinée à la benne et décide d’improviser avec ce qu’il a sous la main. “J’ai fait avec ce que j’avais”, explique alors M. Jaubert à l’AFP. Sa planche de surf fonctionnelle, il décide d’en faire une deuxième puis une troisième, avant de présenter son invention en Californie où il remporte un prix d’innovation. “J’ai travaillé ce matériau en suivant les mêmes process que dans le naval. Les chantiers navals évoluent mais les matériaux sont encore loin de zéro émission. J’avais envie de bouger les lignes.” Il crèe alors sa start-up, Trashboard, spécialisée dans la fabrication de skateboards et de planches de surf à partir dudit matériau. Le composite créé par François Jaubert est tout bonnement révolutionnaire. Baptisé Aerboard, il est réalisé à base de carton recyclé et de résines biosourcées, c’est-à-dire exempts de pétrole. Sa résistance est équivalente à celle du bois ou de l’aluminium et posséderait des performances capables de rivaliser avec le Nomex, un matériau haute performance développé par l’américain DuPont qui est la référence dans l’aéronautique et le naval pour les structures légères ultra-résistantes. Un enjeu de souveraineté industrielle et environnementale C’est justement ce marché que le Basque ambitionne d’intégrer avec l’Aerboard. Contrairement au Nomex qui est réalisé grâce à la pétrochimie, le matériau français est, lui, à base de carton recyclé et offre les mêmes performances, pour un prix bien moindre. “C’est une matière première 100% française. Du coup, les prix sont stables parce que ça reste un produit local.” Le matériau peut d’ailleurs prendre l’apparence du bois, de l’aluminium, de l’inox ou encore du plastique souple. Il est fabriqué sans eau et nécessite une très faible consommation énergétique. La start-up de François Jaubert a d’ailleurs toutes les raisons de continuer à croire en sa bonne étoile. Grâce à un financement de la Communauté d’agglomération du Pays Basque, elle a pu ouvrir une usine de production à Bayonne, et enchaîne aujourd’hui les contacts avec de grands groupe de l’aéronautique, du luxe et du sport du CAC 40. “Son matériau possède des propriétés physiques intéressantes. Demain, il pourrait se substituer à d’autres matériaux aux caractéristiques physiques moins intéressantes”, témoigne sous couvert d’anonymat le responsable d’un grand groupe industriel. Le CNES a d’ailleurs contacté Aerboard afin de concevoir un prototype d’aileron de fusée destiné à l’espace. Qui sait ? Les fusées de demain seront peut-être réalisées à base d’Aerboard... 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

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