Ce village entier a disparu de l’Histoire en ne laissant derrière lui qu’une inscription : « CROATOAN »

En 1590, 117 hommes, femmes et enfants installés sur l’île de Roanoke, située au large des côtes de l’actuelle Caroline du Nord, disparaissent subitement sans laisser de traces. Plus de quatre siècles après, le destin de cette "colonie perdue" continue d’alimenter l’un des plus célèbres mystères...
En 1588, Philippe II d'Espagne se lance dans une guerre contre l'Angleterre. Il envoie une gigantesque flotte pour combattre les Anglais.... Lire la suite À la fin du XVIe siècle, l'Angleterre cherche à s'implanter de façon permanente en Amérique du Nord. Sous l'impulsion de Sir Walter Raleigh, plusieurs expéditions sont envoyées vers l'île de Roanoke, qui est considérée comme un point d'entrée stratégique vers le continent. Après une première tentative infructueuse en 1585, un nouveau groupe de 117 colons, dirigé par John White, débarque sur l'île en mai 1587, mais rien ne va se passer comme prévu. Un environnement hostile Dès son arrivée, la colonie de peuplement, composée de plusieurs femmes susceptibles d'avoir des enfants, dont Eleanor Dare, qui donnera naissance à Virginia Dare, le premier bébé anglais né en Amérique, doit faire face à des conditions particulièrement difficiles, qui tiennent plus de la survie qu'autre chose. Les vivres manquent cruellement et les relations avec les tribus indiennes autochtones relèvent de la plus totale hostilité. Dès lors, il ne faut pas très longtemps pour que John White décide de traverser à nouveau l'Atlantique afin de revenir avec des provisions et des renforts. Mais le timing est mauvais. Menacée par l'Invincible Armada espagnole, constituée de 130 vaisseaux de guerre, l'Angleterre verrouille les routes maritimes, empêchant la circulation des navires civils. Un village entièrement vide Ce n'est qu'en août 1590, soit trois ans après être parti, que John White peut revenir à Roanoke. Il trouve le village entièrement vide. Tous les colons se sont volatilisés. Pas de cadavres, pas de sang, pas de traces de combat. Les maisons sont intactes, bien que certains meubles soient manquants. Deux inscriptions attirent son attention. Les lettres « CRO » sont gravées sur le tronc d'un arbre, tandis que le mot « CROATOAN » a été peint sur un poteau de la palissade. Ce nom désigne alors à la fois une île voisine, aujourd'hui appelée Hatteras, et un peuple autochtone allié des Anglais. Avant son départ, White avait convenu avec les colons qu'en cas de déplacement forcé, ils laisseraient un message indiquant leur destination. En cas de danger, ils devaient ajouter une croix. Or, aucune croix n'est visible, ce qui laisse entendre qu'ils sont partis de Roanoke de leur plein gré. Les 117 colons installés sur l'île de Roanoke se sont littéralement volatilisés. © AP, ChatGPT Un mystère qui reste entier Après trois ans sans ravitaillement, les colons ont certainement décidé de quitter l'île pour survivre. Certains ont pu trouver refuge auprès des communautés autochtones, comme le suggèrent des recherches archéologiques menées dans la région, qui ont mis au jour des objets d'origine européenne dans d'anciens campements indiens datant de la fin du XVIe siècle. D'autres indices suggèrent qu'une partie du groupe aurait pu gagner l'intérieur des terres. La colonie de Roanoke n'aurait donc pas connu un seul destin, mais plusieurs. Cependant, faute de documents écrits et de preuves archéologiques décisives, aucune théorie ne peut aujourd'hui apporter une réponse définitive.
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