Centres de la jeunesse et centres Batshaw | « Combien d’autres d’enfants vont mourir avant qu’il y ait un changement ? »

Trois décès en moins d’un mois. En mars dernier, une fillette de 4 ans et deux adolescents de 16 et 17 ans sont morts alors qu’ils étaient sous la responsabilité des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw. Exaspérés, des employés dénoncent un « problème systémique » au sein des centres Batshaw, pendant anglophone de la DPJ à Montréal.
Trois décès en moins d’un mois. En mars dernier, une fillette de 4 ans et deux adolescents de 16 et 17 ans sont morts alors qu’ils étaient sous la responsabilité des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw. Exaspérés, des employés dénoncent un « problème systémique » au sein des centres Batshaw, pendant anglophone de la DPJ à Montréal. Une enquête parue vendredi dans le quotidien The Montreal Gazette se penche sur les décès d’une fillette de 4 ans, d’une adolescente de 16 ans et d’un adolescent de 17 ans. Les deux derniers se sont donné la mort. « Combien d’autres d’enfants vont mourir avant qu’il y ait un changement ? », s’insurge Marilou (prénom fictif), une ex-employée des centres Batshaw qui connaît les dossiers de ces enfants. La Presse a accepté de préserver son anonymat, car elle craignait de perdre son emploi si elle s’adressait aux médias. Selon l’enquête du média anglophone, deux de ces enfants figuraient sur une liste d’attente pour un suivi à domicile lorsqu’ils sont morts, des faits jusqu’ici tenus sous silence. La jeune fille de 16 ans qui a mis fin à ses jours le 3 mars était hébergée au Centre de réadaptation jeunesse de Prévost, dans les Laurentides, qui relève des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw de Montréal. La Presse a publié en mars un reportage sur le suicide de cette adolescente, qui présentait des troubles de santé mentale depuis des années. Elle s’automutilait et avait été hébergée dans quatre ressources différentes du réseau de protection de la jeunesse du Québec depuis 2015. La mère de la victime avait révélé à La Presse que sa fille avait eu besoin de soins médicaux intensifs à la suite d’une tentative d’automutilation, un mois avant sa mort. La fillette de 4 ans avait quant à elle des contusions sur le corps au moment de sa mort, ainsi que des symptômes de malnutrition, selon les révélations faites à la Gazette par un intervenant de la protection de la jeunesse. Elle vivait avec ses parents, qui étaient suivis par le Centre Batshaw puisqu’un bébé était mort dans cette famille auparavant. La fillette de 4 ans aurait dû être visitée à domicile toutes les deux semaines, mais elle a plutôt été laissée à elle-même pendant des mois, selon des employés de Batshaw. L’enfant n’aurait reçu aucune visite après le transfert de son intervenant vers un autre service, en décembre 2025. Des employés « surchargés et mal formés » « Les employés sont laissés à eux-mêmes », déplore Marilou. « À Batshaw, ils engagent des gens qui ne sont pas formés [sur les bancs d’école] pour la sévérité des cas qu’on traite », ajoute-t-elle. Parmi les procédures les plus « difficiles à gérer », elle mentionne notamment les protocoles lorsqu’un jeune a des idées suicidaires, les visites à domicile et les interventions auprès de jeunes victimes d’abus sexuels. Les formations pour ces interventions existent, nuance-t-elle, mais elles sont offertes quand les employés sont déjà « à bout de souffle », selon elle. Lesley Hill, directrice nationale de la protection de la jeunesse, n’a pas commenté ces décès, puisque des enquêtes sont toujours en cours. Elle a affirmé dans une réponse écrite qu’elle suivait ces dossiers depuis avril et qu’une « Directive pour assurer la sécurité des enfants en attente d’assignation » est en vigueur depuis mai 2026. Cette mesure impose désormais une prise en charge immédiate pour les cas à risque élevé, ainsi qu’un système de vigie obligatoire en partenariat avec les écoles, les CPE et les organismes communautaires afin d’assurer un suivi régulier des jeunes placés sur les listes d’attente. Besoin d’aide ? Si vous avez besoin de soutien, si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un de vos proches, appelez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
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