« C’est nos Champs-Élysées » : découvrez l’histoire des luxueuses demeures du boulevard Jeanne-d’Arc à Soissons

Lecture zen La maison Henry, dans le parc du Domaine d’Agate, est classée Monuments historiques depuis 2015. - Camille Tyrou « Le boulevard, c’est un peu notre Champs-Élysées à Soissons » , compare Cédric Bonnouvrier, guide conférencier pour le service patrimoine de la Ville de Soissons. Il organisait jeudi 23 juillet 2026 une visite à la découverte de l’histoire des villas du boulevard Jeanne-d’Arc. Pour rappel, en 1552, la Cité du vase se dote de remparts pour protéger l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes . Les remparts sont abattus trois siècles plus tard, en 1892. Les notables de la ville qui vivaient jusqu’alors rue Richebourg, non loin de la Grand-Place, déménagent rue de Panleu avant de faire construire leurs villas sur un nouvel axe (ancien rempart) , le boulevard Jeanne-d’Arc. « Il devient la nouvelle vitrine et symbole de la richesse de la ville. C’était le nouveau quartier bourgeois » , ajoute Cédric Bonnouvrier. Des villas à l’architecture unique La construction de nombreuses maisons bourgeoises du boulevard est confiée à l’architecte Marcel Garnier. Les premières villas sortent de terre en 1895 et se situent toutes entre cour et jardin. Ces somptueuses habitations se distinguent par leur architecture unique. Elles sont en pierres de taille, signe de richesse. « Marcel Garnier construisait des maisons clé en main. Elles valaient à l’époque 1 000 francs or, soit 100 000 francs anciens. Aujourd’hui, ces villas valent entre 1 et 1,5 million d’euros » , chiffre le guide conférencier. « C’était aussi la seule à avoir une maison du côté ouest du boulevard car les familles d’agriculteurs n’avaient pas le droit de s’installer du même côté que les notables » Cédric Bonnouvrier , Guide conférencier Parmi ces belles demeures, il y a celles situées au numéro 21, avec une tour carrée qui ressort de la façade ; au numéro 19 avec son balcon à l’étage et ses tympans (décorations) en fer forgé au-dessus des fenêtres mais aussi au numéro 17, avec des lucarnes en œil-de-bœuf. Une autre villa détonne par son style. Il s’agit de l’habitation située au numéro 25, à l’angle de la rue du Théâtre-romain. « C’est un cottage à l’anglaise, avec ses deux tours symétriques. Elle est construite dans un mélange de pierres et de béton et a une forme trapézoïdale » , détaille Cédric Bonnouvrier. La première villa en briques La construction de la maison de Mme Moreau-Ferté (entre 1891 et 1895), située de nos jours au milieu de la cour de l’école l’Enfant-Jésus, ne passe pas inaperçue à l’époque. « La villa a fait grand bruit car elle a été construite en briques . C’était aussi la seule à avoir une maison du côté ouest du boulevard car les familles d’agriculteurs n’avaient pas le droit de s’installer du même côté que les notables » , prévient le guide. Cette villa, elle ne l’habite finalement jamais. « Ses fils sont morts à la guerre. Sa demeure était trop grande pour elle et ne voulait pas y habiter. Elle a finalement déménagé en face. La maison sera donnée aux sœurs de l’Enfant-Jésus en 1940 » , raconte-t-il. Du numéro 40 au 46, plusieurs villas sont mitoyennes pour une raison bien précise : « Les notables ont voulu créer une mini-rue Broadway à l’américaine, avec des petites cours fermées à l’avant et des jardins situés à l’arrière. » La villa du numéro 48 fait également parler d’elle au XIX e siècle. « Elle faisait tache car elle était en briques et n’était pas harmonieuse avec le reste du boulevard. C’était juste pour une question de coût. Elle a aussi la particularité d’être sur un terrain triangulaire, construite sur l’ancien rempart, c’est pourquoi elle est surélevée » , décrit Cédric Bonnouvrier. La plus grande propriété de Soissons rasée Le boulevard Jeanne-d’Arc accueillait aussi la plus grande propriété de Soissons (28 mètres de hauteur, 85 mètres de façade et 35 mètres de largeur), aujourd’hui disparue. Elle se situait au centre du parc de l’actuelle résidence de l’Abbaye, au numéro 35. De nos jours, il ne reste plus que le mur d’enceinte, les grilles et la maison du gardien. « Elle appartenait à Albert Jacquesson, directeur du Gaz de Soissons. Les travaux ont démarré en 1902 jusqu’en mai 1914. Mais il ne l’a jamais habitée en raison d’un drame familial. Son fils a été écrasé par un wagonnet utilisé pour les travaux. Il l’a donc vendue à Mlle Henry, propriétaire jusqu’en 1981 avant qu’un promoteur ne la rase » , retrace le guide. La maison Henry , située au numéro 78, dans l’actuel parc du Domaine d’Agate, est aussi une somptueuse demeure qui se distingue sur le boulevard notamment par ses balustrades en pierre au lieu de la ferronnerie, sa verrière, ses trois étages de balcon mais aussi pour son aménagement intérieur en style Art Nouveau. L’édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 13 septembre 2015. Mis en ligne le 25/07/2026 à 05:00 « C’est nos Champs-Élysées » : découvrez l’histoire des luxueuses demeures du boulevard Jeanne-d’Arc à Soissons Par Camille Tyrou Dans le cadre de ses visites estivales, le service patrimoine de la Ville de Soissons organisait jeudi 23 juillet 2026 une sortie à la découverte de l’histoire et de l’architecture unique des somptueuses villas du boulevard Jeanne-d’Arc. Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) : Soissons cœur de ville Soissons cœur de ville
« C’est nos Champs-Élysées » : découvrez l’histoire des luxueuses demeures du boulevard Jeanne-d’Arc à Soissons Dans le cadre de ses visites estivales, le service patrimoine de la Ville de Soissons organisait jeudi 23 juillet 2026 une sortie à la découverte de l’histoire et de l’architecture unique des somptueuses villas du boulevard Jeanne-d’Arc. Article réservé aux abonnésPartage : Ajouter L'Ardennais sur Google Article « Le boulevard, c’est un peu notre Champs-Élysées à Soissons », compare Cédric Bonnouvrier, guide conférencier pour le service patrimoine de la Ville de Soissons. Il organisait jeudi 23 juillet 2026 une visite à la découverte de l’histoire des villas du boulevard Jeanne-d’Arc.
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