Championnat des nations : à mi-parcours de la compétition, l’heure du bilan a sonné pour le XV de France de Fabien Galthié

Le XV de France de rugby occupe la première place du Championnat des nations après ses victoires en Australie et au Japon. À 14 mois du Mondial 2027, la tournée valide les choix tactiques du sélectionneur Fabien...
À 14 mois du Mondial 2027 en Australie, le XV de France a marqué son territoire lors de la première phase du Championnat des nations, en corrigeant les Wallabies puis le Japon, ces "Brave Blossoms" qu’ils retrouveront en poule à Brisbane. Et si plusieurs joueurs ont marqué des points, c’est toujours le chantier côté première ligne. Quel est le bilan de ce Championnat des nations bien entamé ? Défaite sur un fil chez les All Blacks à Christchurch (34-32), puis démonstration chez les Wallabies (26-42) et ensuite à Tokyo (15-42) face à de valeureux Japonais : le contrat a été largement rempli pour les Bleus lors des trois premières journées de cette nouvelle compétition entre hémisphère sud et hémisphère nord, "une belle trouvaille" selon Galthié. Première place en prime au classement des équipes du nord. Mais il reste trois matches "retour" à jouer, dont un rendez-vous avec les doubles champions du monde en titre sud-africains, le 13 novembre au Stade de France. Des Springboks que les Bleus n’ont battus qu’une seule fois lors de leurs dix derniers affrontements, en 2022. Une nouvelle défaite montrerait combien le chemin sera difficile avant un premier titre de champion du monde. Twitter.com / Contenu embed X Le duo Ntamack – Jalibert ressuscité Cette virée dans l’hémisphère sud et au Japon a permis à Galthié et son staff de tenter plusieurs expériences, dont certaines très concluantes, la résurrection du duo Ntamack – Jalibert en tête. Cinq ans après l’expérience avortée d’aligner le Bordelais en 10 et le Toulousain en premier centre, la paire a été reconstituée. Mais cette fois c’est l’ouvreur rouge et noir qui était à la baguette, "Jalib" ayant lui été décalé à l’arrière, poste vacant en l’absence de Thomas Ramos. L’objectif était de créer de "l’imprévisibilité". Et le moins que l’on puisse dire c’est que ni l’Australie ni le Japon n’ont réussi à lire les permutations incessantes entre les deux joueurs. Reste à savoir si ce duo survivra à l’automne, une fois Ramos reposé et à nouveau candidat dans son rôle de 15 et de tireur d’élite du XV de France. Des découvertes ou redécouvertes marquantes Testé avant le Mondial 2023 puis disparu, Florian Verhaeghe, le longiligne deuxième ligne montpelliérain, a frappé un grand coup contre l’Australie, un essai en prime, puis face au Japon. De quoi s’installer comme un sérieux concurrent pour le Toulousain Thibaut Flament ou le Toulonnais Charles Ollivon, restés en France cet été, et de quoi dépasser le Palois Hugo Auradou dans la hiérarchie. Et que dire de Fabien Brau-Boirie, 20 ans à peine, dans ce poste de N.13 à côté de l’inamovible roc bordelais Yoram Moefana ? Dans un rôle inhabituel pour lui – – il joue en général premier centre--, le Palois est devenu une pièce maîtresse de l’attaque du XV de France, devançant le Bordelais Depoortere, qui n’a pas joué une minute cet été dans ce Championnat des nations. Autre belle découverte, Aaron Grandidier-Nkanang : à l’aile, le champion olympique à VII a profité de la blessure de Penaud contre la Nouvelle-Zélande et de l’absence de son partenaire de club à Pau Grégoire Arfeuil, que le staff bleu comptait tester avant sa blessure contre l’Angleterre A fin juin, pour signer sa première cape d’un doublé en Australie. "Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les performances des uns et des autres", a insisté Galthié samedi après le Japon. Quelle première ligne pour 2027 ? Sept piliers étaient partis dans l’hémisphère sud, quatre droitiers et trois gauchers. Et tous ont joué, ce qui prouve que personne ne s’est imposé, sinon peut-être le vétéran bordelais Jefferson Poirot (33 ans), à gauche. Mais ce n’est pas à ce poste que le XV de France souffre réellement, avec en réserve les absents de cet été, le titulaire habituel toulonnais Jean-Baptiste Gros, le Toulousain Rodrigue Neti et le Montpelliérain Baptiste Erdocio. Le vide est plus évident en pilier droit, la clef de voute du pack, où Uini Atonio n’a toujours pas été remplacé. Titulaire contre les Blacks puis les Wallabies, Demba Bamba montre toujours des faiblesses, au point d’avoir disparu de la feuille de match contre le Japon, au profit du Clermontois Régis Montagne. Et Tevita Tatafu, l’éternel grand espoir bayonnais, n’a joué que 34 minutes contre l’Australie. La mêlée, "c’est un élément qu’il va falloir renforcer. En tout cas, on y travaille. Je ne peux pas vous dire mieux. On y travaille, ça fait partie de nos priorités", avait admis jeudi Fabien Galthié.
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