Politics·

​Collectif 3 : L'invitation de Brotherson ne réunit que deux élus

​Collectif 3 : L'invitation de Brotherson ne réunit que deux élus

Tahiti, le 5 août 2026 – La main tendue n'a guère trouvé preneur. Après le boycott du Tavini lundi, ni le Tapura ni Ahip n'ont répondu mercredi à l'invitation de Moetai Brotherson, estimant que le débat sur le troisième collectif budgétaire devait se tenir à l'assemblée et non à la présidence. Le président du Pays souhaitait recueillir les propositions des différents groupes politiques avant l'examen du texte en commission de l'Économie. Seuls l'élue non inscrite Teave Chaumette-Boudouani et le maire de Rangiroa, Tahuhu Maraeura – unique représentant du Tapura à avoir voté en faveur du précédent collectif budgétaire – ont fait le déplacement. Ils ont assisté à une présentation, ministère par ministère, d'un texte remanié depuis la première version transmise le 24 juin, qui sera adressé à Tarahoi mercredi prochain. Interview avec le président du Pays. Monsieur le président, on a vu passer Teave Chaumette-Boudouani, non inscrite, et Tahuhu Maraeura, seul élu du Tapura à s'être déplacé. Les autres ne sont pas venus (Tapura et Ahip), comme le Tavini lundi. Comment vous réagissez à ce refus de l'opposition ? “Je voudrais d'abord remercier ceux qui sont venus. Je pense qu'ils n'ont pas perdu leur temps. Il faudrait leur demander directement ce qu'ils ont pensé des explications, des textes qu'ils ont eus. L'objectif pour nous – on le dit depuis le début – c'est de partager un maximum d'informations avant la commission de l’économie et des finances, à laquelle ne participent pas pratiquement tous les élus, mais simplement ceux qui sont membres de la commission... et encore. Donc c'est ce qu'on a fait. D'abord, le ministre de l'Économie et des Finances en charge du Budget a expliqué l'économie générale de ce collectif 3, les principes, et ensuite chaque ministre est venu expliquer ce qu'il avait inscrit et les principes qui ont prévalus, notamment d'aller à l'essentiel, de ne rien mettre de superflu, d'inscrire que des CP [crédits de paiement, NDLR] que l'on est sûr de pouvoir consommer dans l'année. ” Oui, finalement, c'est un exercice qui a lieu en général en commission législative de l’assemblée. C'est ce qui se passe au collectif et au budget primitif. Chaque ministre décline un petit peu sa partie... “En général, c'est ce qui se passe, sauf qu'on a vu ce qui s'est passé pour le collectif 2. Il y a eu une unanimité lors du passage en commission qu'on n'a pas retrouvé en séance. Donc on devait éviter ce genre de, je ne veux pas dire de dysfonctionnement, mais de décalage en essayant d'anticiper.” Mais l'idée, quand vous aviez proposé ces réunions aux différents groupes politiques, vous l'aviez dit, sauf erreur de ma part, que vous souhaitiez aussi recueillir leurs idées, leurs propositions. Donc là, ça ne devient finalement qu'une présentation de votre part ? “Non, non. Après chaque intervention des ministres, ils posent des questions. Ils font des propositions parfois, pas tout le temps, et pas sur tous les sujets non plus. Je crois que chaque représentant, en fonction de sa localisation d'élections, a évidemment un tropisme. Quand on vient des Tuamotu, on est très préoccupé par les sujets des Tuamotu. Et en fonction, je pense, des commissions dans lesquelles ils siègent, ils ont aussi des intérêts particuliers. Teavae, par exemple, est très attachée à tout ce qui est questions de santé. Et puis également, peut-être de manière un peu plus surprenante, tout ce qui concerne la cybersécurité. Elle avait posé d'ailleurs une question orale à ce sujet un peu plus tôt dans l'année. Donc voilà. Chacun, en fonction de ses centres d'intérêt, intervient et fait des propositions.” Pour en revenir au collectif, le document que vous présentez aujourd'hui, est-ce celui qui avait été transmis à l'assemblée le 24 juin dernier ? Ou est-ce que vous l'avez déjà amendé et que c'est cette nouvelle version que vous présentez aujourd'hui ? “Justement, c'est aussi l'intérêt pour certains de venir. C'est ce qu'on a précisé à Heinui Le Caill [Tavini, NDLR], qui est président de la commission des finances. C'est ce que le ministre Warren Dexter lui a précisé. C'est que le collectif 3 qui va être transmis mercredi prochain à l'assemblée est différent de celui qui avait été transmis lors de l'examen du collectif 2.” Qu'est-ce qui change ? “Il y a quelques petites choses qui changent, notamment au niveau des recettes, puisqu'on a intégré un prélèvement sur le FIGD, le Fonds de garantie de la dette. Puisqu'aujourd'hui, vous le savez, la note de la Polynésie a été rehaussée et notre solvabilité n'est absolument plus mise en cause. On peut venir prélever dans ce fonds qui n'est pas simplement un fonds de garantie de la dette, mais également un fonds d'investissement. On peut venir augmenter le niveau des recettes de ce collectif, pas simplement fonctionner sur les excédents budgétaires, mais aussi sur ce fonds, sur ce FIGD.” Est-ce que vous avez pris des mesures pour faire “plaisir” aux critiques de l'opposition ? On a entendu Nuihau Laurey encore récemment à Polynésie La 1 ère regretter notamment la situation de Taravao en matière de santé. Est-ce qu'il y a des choses concrètes dans ce collectif là-dessus ou pas ? “Alors nous, on n'est pas là pour faire plaisir, pour répondre aux caprices. On est là pour réfléchir entre adultes responsables. Chacun, chaque groupe à l'assemblée, a évidemment sa vision de la politique, sa vision de l'économie. Nuihau a la sienne et je la respecte, c'est la sienne. C'est un ultralibéral qui se soigne – de son propre aveu –, mais c'est un ultralibéral. On a des divergences sur la manière de mener la politique. Nous, tant que les demandes nous paraissent raisonnables, on peut les prendre en compte. Quand elles nous paraissent déraisonnables, comme celle qui consisterait à construire un hôpital à Taravao, on ne peut pas y donner suite.” Quelles demandes sont raisonnables et auxquelles vous auriez répondu dans ce collectif ? “Écoutez, nous, parfois, on peut venir nous dire, par exemple, et on peut l’entendre, qu'il faudrait plus de dispositifs pour lutter contre la cherté de la vie. On est preneur de toutes les bonnes propositions. C'est un sujet sur lequel il est facile d'avoir de fausses bonnes idées et très difficile d'avoir de vraies idées.” Dernière question. Vous l'avez dit, ça sera transmis à l'assemblée mercredi prochain avec la commission qui suivra. Est-ce que, lors de cette commission – puisqu’ils ont boycotté la réunion d'aujourd'hui – si des propositions sont faites, êtes-vous disposé à amender votre collectif avant le passage en séance plénière ? “On examinera toutes les propositions qui seront faites en commission. On espère qu'un maximum de représentants, au moins ceux qui ne sont pas venus à ces réunions préalables, viendront en commission et pas simplement ceux qui sont membres de la commission. On examinera toutes les demandes qui seront présentées, surtout si elles sont étayées, si elles sont structurées, et pas simplement des vœux pieux ou des plans sur la comète.” Pour terminer sur un autre sujet, le temps file, on est déjà début août. Présenterez-vous bien des candidats A fano ti’a aux sénatoriales ? “Depuis la création du parti et du groupe à l'assemblée, on avait déjà annoncé qu'on aurait des candidats aux sénatoriales. Ils seront annoncés en temps et en heure.” C'est-à-dire ? “C'est-à-dire avant la limite de dépôt des candidatures.” Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti

ONLY AVAILABLE IN PAID PLANS

This is a summary. Read the full article at the original source.

Read full article at tahiti_infos