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Écotaxe poids lourds : la Région Grand Est aidera l’agriculture et l’industrie mais n’a pas l’intention de ralentir

Écotaxe poids lourds : la Région Grand Est aidera l’agriculture et l’industrie mais n’a pas l’intention de ralentir

Lecture zen Pas de ralentir pour l’écocontribution poids lourds (ECPL). Ce jeudi 15 octobre 2026, ses opposants se mobiliseront devant la Maison de la région, à Metz (Moselle), tandis qu’à l’intérieur, les conseillers régionaux en voteront les modalités d’accompagnement. L’union revient sur la naissance de cette taxe, ses enjeux et le rejet qu’elle suscite. 1. Le constat : les routes sont en sale état Un million de kilomètres de chaussée en France, ça fait du bitume à entretenir. Ce que l’État, gestionnaire du réseau routier national, ne fait pas ou mal. Selon la Cour des comptes, 53 % des routes nécessitaient des travaux d’entretien en 2022. Une « inaction insoutenable » pour la Région Grand Est, qui décide en 2025 de récupérer la gestion expérimentale de 525 km d’axes routiers. Objectif : entretenir, moderniser et développer ce réseau, qui inclut la RN44 depuis la RN4 à Vitry-le-François et jusqu’à l’A4 à La Veuve. 2. Le projet : « protéger ceux qui produisent, faire contribuer ceux qui traversent » « Volontariste », la Région Grand Est a conçu un plan massif d’investissement routier. Plus de deux milliards d’euros sur dix ans pour sécuriser les itinéraires (50 millions), aménager des aires de repos (30 M€), déployer un système de supervision du trafic (20 M€), réduire les nuisances sonores et environnementales (100 M€) et poursuivre la mise en œuvre de grands projets. Pour la Marne, la mise à 2x2 de la section Moncetz-Longevas – Châlons-en-Champagne (40 M€), la sécurisation du hameau de Gravelines à Couvrot (14 M€) et l’achèvement du contournement de Vitry-le-François (250 M€). Ces perspectives d’aménagement nécessitent d’être financées par une « ressource financière pérenne » : ce sera l’écocontribution poids lourds, redevance kilométrique appliquée aux véhicules de plus 3,5 tonnes transportant des marchandises. Quinze centimes du kilomètre en moyenne pour « protéger ceux qui produisent ici, faire contribuer ceux qui traversent », résume le Grand Est, soulignant que les poids lourds représentent « jusqu’à 45 % du trafic global » du réseau et que la part d’extérieurs à la région « varie de 60 à plus de 90 % ». 3. La contestation : les transporteurs « disent stop » « Les gens ne sont pas contents, ils ne veulent pas payer »,disait l’ancien président du conseil régional, Jean Rottner, en 2022, au sujet du R-Pass alsacien. Sans surprise au pays des bonnets rouges et de la contestation, l’ECPL grandestienne rencontre les mêmes résistances. À commencer par la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Appelant à se mobiliser jeudi matin devant le siège du Grand Est à Metz, les transporteurs « disent stop ». Ils demandent la suspension de l’écocontribution poids lourds et l’ouverture d’une « véritable » concertation. Selon leurs calculs, pour un Strasbourg-Paris, l’ECPL représenterait environ 90 € à l’aller et 90 € au retour, soit 180 € au total. « On ne peut pas absorber cette taxe supplémentaire. En un an, plus de 3 000 entreprises sont en défaillance, c’est 70 % de plus que la moyenne annuelle 2010-2019, explique Dominique Feron, vice-président de la FNTR Grand Est. Cette taxe, c’est 5 à 10 % du chiffre d’affaires d’une entreprise de transport, qui fait 1 % de marge ! » Les transporteurs ont été soutenus au mois d’août par les organisations agricoles (FRSEA et JA), agroalimentaires (Coop Grand Est), industrielles (ARIA et France Industrie) ainsi que, début octobre, par le Conseil économique, social et environnemental régional. En pleine crise des carburants, le Ceser considère le timing « mauvais » et risqué. Favorable à l’ECPL sur le principe, il en juge toutefois les modalités de mise en œuvre « pas adaptées » et demande son report à janvier 2028. 4. Les aménagements : exonérer les transports « verts » Franck Leroy le redisait en septembre, en termes d’accompagnement et de compensation, « tout est imaginable ». Les mesures votées ce jeudi prévoient ainsi une subvention destinée à couvrir les frais d’acquittement de la taxe à destination du secteur agricole, viticole et forestier pour le transport de matières brutes (raisin, céréales, malt, grumes…). Les TPE et PME industrielles et artisanales pourront prétendre à une subvention compensant les surcoûts ne pouvant être répercutés sur le client. L’exonération proprement dite concernera les véhicules à émissions nulles ; une voie de décarbonation que le conseil régional souhaite encourager au travers d’aides à l’achat de tracteurs « verts », cumulables avec les aides CEE (certificats d’économies d’énergie). Sera aussi voté un chèque transition TRM (transport routier de marchandises), une subvention pour l’aménagement et l’adaptation des véhicules. 5. La suite : six mois pour arriver à destination Après le vote jeudi des modalités d’accompagnement, il restera encore un peu de route à parcourir pour la Région Grand Est avant d’arriver à destination. D’abord, reprendre et apaiser le dialogue avec les acteurs économiques de la région et notamment les entreprises de transports. Ensuite, poursuivre les travaux administratifs et réglementaires auprès de l’État, de l’Europe mais aussi de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai) et des sociétés de télépéage. Avant de passer à la mise en œuvre proprement dite, suivi de l’installation des boîtiers, création d’un observatoire des trafics et d’un comité de suivi… À ce jour et malgré les demandes de reports, l’ECPL doit entrer en vigueur le 1er avril 2027. Mis en ligne le 15/10/2026 à 05:16 Écotaxe poids lourds : la Région Grand Est aidera l’agriculture et l’industrie mais n’a pas l’intention de ralentir Par Marion Bertemes Malgré l’opposition, la Région Grand Est n’envisage pas de reporter le démarrage de son écocontribution poids lourds (ECPL). Ce jeudi 15 octobre 2026, le conseil régional en votera les modalités d’accompagnement, notamment des subventions à destination du secteur agricole. Reportage

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