Croissance : le bilan Akhannouch comparé à ses prédécesseurs

Avec une progression du PIB de 4,8% prévue en 2026 par le HCP, la moyenne annuelle sur la période 2022-2026 atteindrait 3,9%. Ce rythme dépasserait celui des deux quinquennats du PJD, mais resterait inférieur à celui du gouvernement Abbas El Fassi. Un résultat obtenu malgré plusieurs années de sécheresse, qu’il faut toutefois apprécier à la lumière du rebond agricole et de la montée de l’investissement public. The post Croissance : le bilan Akhannouch comparé à ses prédécesseurs appeared first on Médias24 - Numéro un de l'information économique marocaine .
Croissance : le bilan Akhannouch comparé à ses prédécesseurs Avec une progression du PIB de 4,8% prévue en 2026 par le HCP, la moyenne annuelle sur la période 2022-2026 atteindrait 3,9%. Ce rythme dépasserait celui des deux quinquennats du PJD, mais resterait inférieur à celui du gouvernement Abbas El Fassi. Un résultat obtenu malgré plusieurs années de sécheresse, qu’il faut toutefois apprécier à la lumière du rebond agricole et de la montée de l’investissement public. L'essentiel - Entre 2022 et 2026, le PIB réel progresserait en moyenne de 3,92% par an. - Ce rythme placerait le gouvernement Akhannouch derrière celui d’Abbas El Fassi, mais devant ceux d’Abdelilah Benkirane et de Saad-Eddine El Othmani. - En excluant 2020 et 2021, marquées par la récession liée à la pandémie puis par le rebond de l’activité, la croissance annuelle moyenne sous El Othmani ressort à 3,67%. - Ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par l’action des gouvernements. Ils reflètent aussi des facteurs exogènes, notamment les performances agricoles, la conjoncture internationale et les crises extérieures. - L’accélération observée entre 2024 et 2026 coïncide avec une forte hausse de l’investissement public et l’avancement de plusieurs grands projets d’infrastructure. -oOo- Les détails La nouvelle prévision du Haut-Commissariat au Plan permet de compléter le bilan de croissance du quinquennat actuel et de mieux comparer les performances des différents gouvernements sur ce seul indicateur. La comparaison reprend la méthodologie utilisée dans notre précédent article. La période El Fassi couvre ainsi les années 2008 à 2011, celle de Benkirane les années 2012 à 2016, celle d’El Othmani les années 2017 à 2021 et celle d’Akhannouch les années 2022 à 2026. Une croissance moyenne de 3,92% sous Akhannouch Le HCP table désormais sur une progression du PIB de 4,8% en 2026, après 4,9% en 2025 et 4,4% en 2024. L’économie avait auparavant progressé de 3,8% en 2023 et de 1,8% en 2022. La croissance annuelle moyenne sur l’ensemble de la période ressortirait ainsi à 3,92%. Sur cette base, le quinquennat Akhannouch afficherait le deuxième taux de croissance annuel moyen parmi les quatre périodes étudiées. Il resterait derrière le gouvernement Abbas El Fassi, mais devancerait ceux de Saad-Eddine El Othmani et d’Abdelilah Benkirane. La période El Othmani nécessite toutefois un traitement particulier. Elle englobe la récession de 2020, lorsque le PIB avait reculé de 7,2%, puis le rebond de 8,2% enregistré en 2021. Ces deux années reflètent largement le choc sanitaire et le rattrapage qui l’a suivi. En neutralisant ces deux exercices et en calculant l’évolution du PIB réel entre 2016 et 2019, le taux annuel moyen ressort à 3,67%. Le mandat Akhannouch resterait donc légèrement au-dessus, avec un écart d’environ un quart de point. Des résultats qui dépassent l’action du seul exécutif Le calcul des taux de croissance ne peut tenir lieu de classement général des performances des gouvernements. Dans une économie comme celle du Maroc, une part importante des fluctuations du PIB dépend de facteurs qui ne sont pas directement contrôlés par l’exécutif. La pluviométrie peut faire fortement varier la production agricole d’une année à l’autre. La croissance dépend également de la demande extérieure, des cours de l’énergie, du tourisme ou encore des conditions de financement. En 2026, par exemple, l’activité serait largement soutenue par un fort rebond agricole. Le HCP estime que le secteur primaire apporterait à lui seul 1,9 point à la croissance attendue cette année. De même, un gouvernement peut bénéficier d’investissements décidés, financés ou lancés par ses prédécesseurs. À l’inverse, les projets engagés pendant un mandat peuvent ne produire pleinement leurs effets que plusieurs années plus tard. Il est donc difficile d’isoler, à partir du seul taux de croissance, la part qui résulte directement des décisions de l’exécutif en place. La montée de l’investissement public a, par ailleurs, soutenu la croissance récente. L’accélération observée depuis 2024 coïncide avec une hausse marquée de cet investissement, qui a enregistré des taux de croissance à deux chiffres en 2024 et en 2025. L’effet est particulièrement visible dans les prévisions de 2026. Le HCP s’attend à une progression de 9,5% de l’investissement brut, qui apporterait 3,2 points à la croissance. Il relie cette dynamique à l’accélération des infrastructures et au maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics. Cette évolution illustre le poids de la commande publique dans la trajectoire récente de l’activité. Une partie des projets concernés s’inscrit également dans des orientations royales portant sur l’eau, les transports, les infrastructures et la préparation des grands événements sportifs. Une contribution de 3,2 points à la croissance en 2026 est considérable au regard des rythmes historiquement enregistrés par l’économie marocaine. Elle illustre l’effet qu’une forte impulsion d’investissement peut exercer sur l’activité. L’investissement public n’explique toutefois pas, à lui seul, l’ensemble de la performance économique. Il constitue néanmoins l’un des principaux facteurs ayant soutenu la croissance marocaine au cours des dernières années. À découvrir à lire aussi Article : Hekaya, une ambition mondiale pour les séries verticales marocaines Après avoir longtemps regardé les histoires des autres, le public marocain pourrait bientôt voir les siennes voyager à l’international. 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