Discours de Trump : six faits établis sur l’intégrité de la présidentielle de 2020

Ses allégations de fraudes massives qui lui auraient couté l'élection ont été réfutées à plusieurs reprises.
Ce nouveau chapitre s'inscrit dans le prolongement de ses affirmations souvent répétées sur des irrégularités qui auraient entaché le scrutin. L'allégation selon laquelle l'élection de 2020 lui a été « volée » a fait l'objet d'une série d'examens indépendants et de procédures judiciaires dans les États pivots. Or, ses accusations de fraudes massives ont été réfutées à de multiples reprises. Rappel des faits. La communauté du renseignement n'a pas relevé d'ingérence de la Chine Dans une évaluation déclassifiée publiée en mars 2021, la communauté du renseignement des États-Unis indiquait ne disposer d'aucune indication selon laquelle un acteur étranger a tenté de modifier un quelconque aspect technique du processus électoral du scrutin de 2020, y compris l'inscription sur les listes électorales, le dépôt des bulletins de vote, la compilation des voix ou la transmission des résultats. Cette version déclassifiée résumait un rapport classifié préparé par sept agences de renseignement et remis notamment à Donald Trump, en janvier 2021. D'après la communauté du renseignement, Pékin n'avait jugé aucun des deux scénarios électoraux suffisamment avantageux pour risquer de s'ingérer dans le processus. Selon notre évaluation, la Chine n'a mené aucune opération d'ingérence et a envisagé, sans passer à l'action, des opérations d'influence destinées à influer sur l'issue de l'élection présidentielle américaine. Extrait d'une évaluation de la communauté du renseignement américaine publiée en mars 2021 Le document faisait toutefois état d'une opinion dissidente de l'Officier du renseignement national pour le cyber. Celui-ci estimait que la Chine avait pris au moins certaines mesures pour nuire aux chances de réélection de Donald Trump, principalement au moyen des réseaux sociaux, de déclarations officielles et des médias. Il reconnaissait cependant n'avoir aucune information suggérant que la Chine ait tenté d'interférer dans les processus électoraux. Les vérifications dans les États clés ont confirmé la victoire de BidenLes États clés remportés par Joe Biden – Pennsylvanie, Wisconsin, Michigan, Georgie, Arizona et Nevada – ont tous procédé à diverses vérifications postélectorales, en fonction de leurs propres règles. Leurs examens n'ont révélé aucune fraude susceptible d’avoir modifié le résultat de l'élection et ont confirmé la victoire du candidat démocrate. La Georgie, que Donald Trump cible de façon particulière et qui était alors dirigée par des républicains (et qui l’est toujours), est l’État qui s’est livré au plus grand nombre de vérifications. L’audit manuel complet réalisé à l’échelle de l’État a confirmé l’issue du vote, même si le dépouillement manuel des quelque 5 millions de votes a réduit l’écart entre les deux adversaires. La différence a été attribuée à des erreurs et non à une décision volontaire. C’est en Georgie que Donald Trump, alors président sortant, avait personnellement demandé au secrétaire d'État Brad Raffensperger, principal responsable électoral de l’État, de « trouver 11 780 votes », soit une voix de plus que son adversaire. Le recomptage réclamé par son équipe de campagne, effectué avec les machines de lecture des bulletins de vote, a lui aussi validé le résultat du scrutin. L’État a par ailleurs procédé à un audit des signatures des bulletins de vote postaux dans le comté de Cobb, à la demande de l’équipe du candidat défait, qui criait à la fraude. Le processus de vérification n'a trouvé aucun bulletin de vote par correspondance frauduleux et a conclu à un taux d'exactitude de 99,99 % dans l'application des procédures de vérification des signatures. De hauts responsables républicains de l’État, dont le gouverneur Brian Kemp et Brad Raffensperger, ont publiquement défendu l’intégrité électorale de la Georgie et la légitimité des résultats. À l’époque, le New York Times avait par ailleurs indiqué avoir contacté les responsables électoraux de tous les États : aucun n’avait trouvé de preuves de fraudes électorales modifiant l’issue du scrutin, avait rapporté le quotidien. Des membres de l'administration Trump ont réfuté ses allégationsAprès la présidentielle de 2020, l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures (CISA), qui relève du département de la Sécurité intérieure, et plusieurs autorités électorales (fédérales et dans les États) avaient témoigné de l'intégrité et de la sécurité de l'élection dans un communiqué commun. Évoquant de nombreuses affirmations sans fondement et campagnes de désinformation, leurs responsables avaient catégoriquement rejeté les allégations de fraudes électorales. L'élection du 3 novembre a été la plus sûre de l'histoire des États-Unis. Extrait de la déclaration commune des responsables de l'intégrité électorale des États-Unis L’ancien procureur général William Barr, qui a quitté ses fonctions en décembre 2020 après avoir été l’un des alliés les plus loyaux de Donald Trump, avait initialement autorisé l’ouverture d’enquêtes sur des irrégularités électorales avant même la certification des résultats, un fait inusité. Il avait cependant indiqué ensuite que les enquêteurs fédéraux, incluant ceux de son département et du FBI, n’avaient trouvé aucune preuve de fraudes électorales généralisées. Lors d’un témoignage devant un comité du Congrès en 2022, il a affirmé avoir dit à la Maison-Blanche que ces accusations, notamment sur le système de vote électronique, étaient sans fondement, complètement absurdes et qu’elles causaient un grave préjudice pour le pays. Les tribunaux ont rejeté les recours de Trump et de ses alliésDans leurs tentatives pour contester l’élection, Donald Trump et ses alliés ont engagé plus de 60 recours judiciaires. Certains ne portaient que sur de simples questions de procédure alors que d’autres contestaient la validité des résultats eux-mêmes. La quasi-totalité des poursuites ont été rejetées par les tribunaux ou abandonnées. Selon le comité spécial sur l’assaut du Capitole, le camp républicain n’a obtenu gain de cause que dans un dossier, sans incidence sur l’issue du scrutin. Les juges qui ont tranché sur le fond des litiges ont conclu à plusieurs reprises que les allégations n'étaient pas étayées par des preuves suffisantes ou qu'elles ne démontraient pas d'irrégularités susceptibles de changer les résultats. Aucune fraude liée aux machines à voter n’a été établiePlus spécifiquement, le camp de Donald Trump a intenté quelques poursuites portant sur le vote électronique, mais elles ont été moins nombreuses et moins centrales que celles sur les bulletins par correspondance, l'observation du dépouillement ou les procédures de certification. Les principales contestations liées aux machines à voter ont concerné l'Arizona et, dans une moindre mesure, la Georgie. En Arizona, les plaintes visaient notamment le fonctionnement des machines de tabulation de l’entreprise de vote électronique Dominion Voting Systems utilisées dans le comté de Maricopa, le plus peuplé de l’État. Ces recours n'ont cependant pas démontré que le système avait modifié des votes. Les arguments présentés en cour différaient par ailleurs souvent des déclarations publiques incendiaires de Donald Trump et de ses alliés. Dans l’une des affaires, les avocats de la campagne du républicain ont dit ne pas remettre en question la légitimité du scrutin, mais soulever des préoccupations concernant un nombre limité de cas liés à des erreurs commises de bonne foi. Les allégations visant les machines de Dominion ont par ailleurs aussi fait l'objet de vérifications. Un audit du matériel de tabulation de Maricopa a examiné les logiciels et les équipements utilisés lors du scrutin, sans trouver de preuve de piratage ou de manipulation des votes. Un examen plus large commandé par le Sénat à majorité républicaine de l’Arizona a également confirmé la victoire de Joe Biden dans le comté, avec une marge de 360 voix supérieure au décompte officiel. Les allégations sur Dominion ont mené à une série de poursuites en diffamationDonald Trump avait accusé, sans fournir de preuves, Dominion d’avoir sciemment favorisé l’élection de Joe Biden en supprimant 2,7 millions de votes exprimés en sa faveur en plus d'en transférer des centaines de milliers d'autres à son adversaire. Des médias qui lui sont favorables avaient relayé ses allégations. Dominion, qui fournissait des machines et le logiciel qui les accompagnait à des autorités locales, a poursuivi en diffamation les réseaux Fox News et Newsmax, leur reprochant d'avoir diffusé de fausses affirmations selon lesquelles ses machines avaient été piratées ou avaient transféré des votes pour Donald Trump à Joe Biden. Les deux médias ont réglé le litige à l’amiable, Fox News acceptant même de verser 787,5 millions de dollars américains à Dominion. Au moins deux anciens avocats liés à Donald Trump, Rudy Giuliani et Sidney Powell, ont eux aussi conclu des accords à l’amiable afin d’éviter des procès pour diffamation. Sidney Powell soutenait notamment que les machines de Dominion et des serveurs informatiques en Allemagne avaient truqué l’élection dans le cadre d’un vaste complot impliquant les démocrates, le Venezuela, Cuba et la Chine, et même le gouverneur et le secrétaire d’État républicains de la Georgie. À lire aussi :Le logiciel Dominion, nouvelle cible du camp Trump pour crier à la fraude
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