Doctolib et l’IA : ce qu’il faut savoir sur son programme de recherche utilisant vos données personnelles à partir du mois d’août

Le géant français de la prise de rendez-vous médicaux va utiliser les données de ses utilisateurs – ordonnances, antécédents, médicaments... – dans le cadre d’un projet visant à « améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle ». Il est toutefois possible de s’y opposer.
Envoyé au début du mois de juillet, c’est un e-mail discret de Doctolib qui vous aura peut-être échappé. Son contenu fait cependant réagir bon nombre d’internautes, inquiets de voir leurs données de santé utilisées par l’application aux 50 millions d’utilisateurs dans le cadre d’un projet lié à l’intelligence artificielle (IA). Dans un communiqué publié jeudi 16 juillet, la Ligue des droits de l’homme (LDH) a même appelé « toutes les patientes et tous les patients à refuser l’utilisation de leurs données dans ce cadre ». Explications. Quel est ce « projet » avec IA pour lequel Doctolib a besoin de vos données ? Dans son e-mail intitulé « Doctolib s’engage dans la recherche pour améliorer la santé », l’entreprise française expose la démarche : à partir d’août et pendant trois ans, elle collaborera à un projet de recherche visant à « améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle ». Concrètement, « l’idée serait, à terme, étant donné une trajectoire clinique à instant T, de pouvoir donner à un médecin des indications sur les risques encourus par un patient », détaille auprès du Monde le chercheur Nicolas Barascud. C’est lui qui supervise ce travail, réalisé dans le cadre d’une thèse menée par une doctorante, avec quatre autres chercheurs : deux travaillent pour Doctolib, les deux autres au sein de l’équipe HeKa, commune à l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’université Paris Cité. De quelles données parle-t-on ? Sur la page consacrée au projet, Doctolib précise que sont concernées « les données saisies par votre médecin dans son logiciel Doctolib, par écrit ou par dictée vocale, telles que des données de santé : antécédents, médicaments, informations sur l’état de santé général... » ainsi que les « documents » et « images ». Les ordonnances sont également concernées. Toutes ces données seront conservées « cinq ans au maximum » dans le cadre du projet, ajoute la plateforme dans son e-mail de communication. Il vous reste 74.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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