Drame en Mauricie: comment répondre aux questions de nos enfants?

L’équipe des As de l’info a pensé partager avec vous ses connaissances, pour vous aider à répondre à vos enfants s’ils engagent la conversation à ce sujet.
L’équipe des As de l’info a pensé partager avec vous ses connaissances, pour vous aider à répondre à vos enfants s’ils engagent la conversation à ce sujet. Pour nous accompagner, nous avons contacté deux personnes qui font partie du comité d’experts des As de l’info: Myriam Lapointe-Gagnon, psychologue pour enfants, et Niky Panayotopoulos, travailleuse sociale et directrice de la ligne d’intervention spécialisée à Deuil-Jeunesse. Elles ont validé nos réponses. Est-ce que je dois parler de ce drame avec mon enfant? Dans le cas de cette nouvelle, nous pensons qu’il vaut mieux attendre les questions plutôt que d’aborder le sujet. Si votre enfant amène le sujet et souhaite en parler, nous conseillons d’accueillir ses questions et ses émotions suscitées par le drame. Il est important que votre enfant sache que vous n’avez pas toutes les réponses. Même les policiers et la famille impliquée n’ont pas toutes les réponses. Il se peut même qu’on ne comprenne jamais tout ce qui s’est passé. Comme il est difficile de composer avec l’incertitude, on peut insister avec l’enfant sur certaines certitudes que l’on a: il est aimé, il est en sécurité, il est bien entouré et il démontre de l’empathie, qui est une belle qualité humaine. Un enfant qui se questionne et qui n’a pas accès à des réponses d’un adulte de confiance ira chercher ses réponses ailleurs, sur Internet et sur les médias sociaux. Les réponses qu’il y trouvera ne seront pas nécessairement les bonnes, ni adaptées à son niveau. C’est pourquoi les experts s’entendent sur l’importance qu’un adulte bienveillant et significatif pour l’enfant réponde présent pour lui offrir les vraies réponses dans un cadre sécuritaire. Comment le rassurer? On doit répondre aux questions d’un enfant en lui disant ce qu’on sait, ce qui a été vérifié et confirmé. Parfois la meilleure réponse qu’on peut donner c’est: «On ne sait pas, c’est difficile à comprendre, on en saura sans doute plus dans les jours à venir». Si ça rassure l’enfant, on peut lui proposer de le tenir au courant des développements. La fuite du père peut être anxiogène. Les médias suivent la «chasse à l’homme» et cela peut nourrir la crainte des enfants. Il faut répéter que les policiers sont déployés en grand nombre dans la région où le drame s’est produit, dire que nous sommes vigilants à la maison et que nous n’avons pas eu d’indication à l’effet que cet homme puisse être dangereux pour d’autres personnes. «Est-ce que ça pourrait m’arriver?» Les enfants posent souvent cette question. C’est normal. Ils ont peur que leur univers soit bouleversé. Rassurez votre enfant, redites-lui que ce sont des événements extrêmement rares. Le papa qui est recherché souffrait d’une maladie mentale qui s’appelle la schizophrénie. Ses proches s’inquiétaient parce qu’il ne prenait plus sa médication depuis quelque temps. Une explication simple (et rassurante) de la schizophrénie Voici une définition de cette maladie, adaptée au niveau de langage des enfants: La schizophrénie est une maladie qui affecte le fonctionnement du cerveau de la personne qui en souffre. Son cerveau lui joue des tours. Cette personne peut entendre des voix que d’autres n’entendent pas, voir des choses que les autres ne voient pas et être convaincue de théories qui ne correspondent pas à la réalité. Heureusement, il existe des médicaments et des professionnels qui peuvent aider ces personnes. Avec un bon traitement, on peut vivre une vie stable avec cette maladie. En effet, plusieurs personnes atteintes de schizophrénie ont un travail, une famille et réalisent des projets. La plupart de ces personnes ne sont pas violentes et ne représentent aucun danger lorsqu’elles sont soignées. Si on a un proche schizophrène Pour un enfant qui pourrait faire un lien entre le drame et ce qu’il vit au sein de sa famille, nous conseillons de le rassurer quant au proche en question qui vit avec un diagnostic semblable. Il peut donc être important de mentionner si cette personne a un suivi fréquent avec un psychiatre ou un médecin, si elle prend une médication qui l’aide dans son quotidien et si la maladie est bien gérée. Dans tous les cas, communiquez clairement à l’enfant que s’il s’inquiète des symptômes ou des réactions d’un proche, il serait important d’en parler à un adulte de confiance. On peut également mentionner que la conversation sera toujours ouverte, qu’il peut toujours y revenir et qu’il doit en parler s’il en ressent le besoin. On démontre ainsi que le sujet est sensible, mais pas tabou. Les clés à retenir - Soyez à l’écoute et sincère et tenez-vous en aux informations vérifiées. - Il n’est aucunement recommandé de donner des détails trop précis ou graphiques. - Montrez-vous disponible pour répondre à d’autres questions, valider les émotions que l’enfant peut ressentir face à ce drame et laissez la porte ouverte à toute autre question.
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