Élections sénatoriales dans l'Hérault, on fait le point sur les candidatures

Les élections sénatoriales se tiendront le 27 septembre. Dans l'Hérault, 2 729 grands électeurs, seuls appelés aux urnes, désigneront quatre sénateurs parmi les listes candidates.
Plus qu’une autre élection, les Sénatoriales ne passionnent pas les foules. Se déroulant au suffrage indirect, seuls les grands électeurs seront appelés aux urnes le 27 septembre prochain. À quelques mois de la Présidentielle, elle n’en demeure pas moins primordiale donnant ainsi la couleur politique de la Chambre haute du Parlement jusqu’alors majoritairement à droite. On fait le point des candidatures dans l’Hérault.Sénatoriales, mode d’emploiLes élections sénatoriales qui se dérouleront le 27 septembre vise à renouveler 178 sièges, sur les 348 au total, du Palais du Luxembourg parmi lesquels les quatre sénateurs de l’Hérault. Élus pour six ans, les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect c’est à dire par les 9 députés élus du département, les 30 conseillers régionaux élus dans le département, les 50 conseillers départementaux et les 3 636 délégués des conseilles municipaux. L’Hérault comptant plus de trois sénateurs, le scrutin proportionnel s’applique. Chaque candidat présente une liste paritaire de six noms et chaque électeur se prononce sur une liste. Suivant les résultats, chaque liste envoie alors un certain nombre d’élus au Palais du Luxembourg. À lire aussi EN IMAGES. 1 400 élèves et 130 agents feront leur rentrée dans ce lycée écologique près de Montpellier En 2020, 2 556 grands électeurs dans l’Hérault ont désigné parmi les 14 listes se présentant Hussein Bourgi (Tous unis pour l’Hérault! (PS) ; 561 voix, 22,65%), Jean-Pierre Grand (Liste d’Union Républicaine (LR) ; 420 voix, 16,96%), Christian Bilhac (Pour défendre la commune, socle de la République (DVG) ; 356 voix, 14,37%) et Henri Cabanel (Pour l’Hérault, une parole, des actes (DVG) ; 315 voix, 12,72%).Deux retraitsSix ans plus tard, toujours très attaché à la rose en ayant obtenu un plébiscite de la fédération héraultaise, Hussein Bourgi, dont le travail sur le terrain est reconnu, entend bien retrouver son siège. Il aura pour numéro 2 sur sa liste la vice-présidente de la métropole de Montpellier Julie Frêche, très en vue durant le premier mandat de Michaël Delafosse en portant le difficile dossier des mobilités avec beaucoup de solidité face aux oppositions. Il faudra toutefois espérer un plébiscite du côté des grands électeurs pour prendre la direction du Palais du Luxembourg.Pas forcément évident, car Henri Cabanel (PS), élu en 2014, et Christian Bilhac (PRG) ont eux annoncé ne pas se représenter ouvrant ainsi la porte à plusieurs candidatures à gauche. Ce dernier, ancien maire de Péret et vice-président de la commission des finances du Sénat, soutient désormais la conseillère municipale à Causses-et-Veyran et vice-présidente de la Région Occitanie en charge du tourisme durable, Florence Brutus qui était numéro deux sur sa liste il y a six ans.Vidéos : en ce moment sur Actu window.actu.allowDailymotion = true; window.actu.maybeDailymotionEmbed = false; Embouteillage à gaucheMaire de Lunas-les-Châteaux, président du Pays Haut-Languedoc et Vignobles et vice-président de la communauté de communes Grand Orb, par ailleurs officier supérieur de sapeurs-pompiers de l’Hérault, Aurélien Manenc, qui fut numéro trois sur la liste d’Hussein Bourgi en 2020 en ayant depuis rendu sa carte au PS, est effectivement sur les rangs.La conseillère départementale du canton de Mèze Audrey Imbert se présente également en dehors des partis. Une candidature de l’ancienne conchylicultrice qui n’a pas vraiment plu à Kléber Mesquida qui lui a retiré la présidence de Hérault Énergies. Une manière de rappeler que le président du département, de part son réseau d’élus locaux, pèse encore sur cette élection. À lire aussi Hérault : pourquoi le président du Département et le directeur du Sdis sont mis à l’honneur Dernière candidature déclarée, la militante associative en étant notamment ancienne présidente de l’observatoire du pays de Thau, après avoir conduit une liste Les Écologistes aux élections municipales à Pézenas (3e au premier tour avec 11,25%), Agnès Gizard-Carlin mènera cette fois la bataille aux sénatoriales en formant un binôme avec le montpelliérain Saïd Bouya.Enfin, du côté de La France Insoumise, la conseillère municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez Alexia Laforge et le député Sylvain Carrière ont été désignés co-chefs de file pour construire une liste. Reste que si le parti de Jean-Luc Mélenchon espère faire son entrée au Sénat, notamment avec la perspective de la Présidentielle, cela paraît difficile dans l’Hérault.Embouteillage à droiteCela se bouscule également à droite. Pour autant, Jean-Pierre Grand (divers droite proche d’Horizons), aussi solide qu’une moule accrochée sur son rocher, n’entend pas céder son siège occupé depuis 2014. Il aura à ses côté en numéro deux l’ancienne ministre Patricia Mirallès. Un temps candidat, le maire de Saint-Georges-d’Orques Jean-François Audrin, soutenu par Horizons dont il est le délégué départemental, a finalement jeté l’éponge pour au nom de l’union de la droite et du centre. Pas sûr que tous soient dans la même optique.En premier lieu, Joseph Francis qui, en ayant plus remporté une élection depuis longtemps, espère enfin trouver un rocher où planter le drapeau de l’UDI. Pour cela il s’est entouré d’élus locaux comme le maire de Pérols Jean-Pierre Rico, la maire de Lunel Paulette Gougeon ou le maire de Murviel-les-Béziers Sylvain Hager. À lire aussi Le maire de ce village héraultais agressé pendant la feria Nouvelle Énergie a misé sur l’ancien rugbyman international Malik Hamadache. Conseiller municipal à Villeneuve-lès-Maguelone, entrepreneur et président du syndicat des joueurs Provale, son profil polyvalent espère séduire pour pâtir le faible ancrage local du parti de David Lisnard et ainsi créer la surprise.Récemment, l’avocat montpelliérain Alain Berthet, ancien élu municipal à Montferrier-sur-Lez connu pour son engagement auprès de l’association Non au Béton, a déclaré sa candidature en conduisant une liste investie par Les Républicains. Enfin, après la percée du Rassemblement National aux élections municipales notamment à Agde, lui permettant de passer d’une vingtaine de grands électeurs à un peu plus de 80, l’impact de celle-ci devrait toutefois être moindre dans l’Hérault. Charge au conseiller d’opposition à Sète, ancien des Républicains ayant rejoint le parti de Marine Le Pen en 2021, Sébastien Pacull de porter la flamme.L’importance des municipalesLa majorité des grands électeurs étant des délégués des conseils municipaux (96,59% des 2 729 grands électeurs en 2026 dans l’Héraut), le scrutin est d’une certaine manière influencé par les résultats des élections municipales comme on a pu le voir dans l’Hérault en 2014. Montpellier, qui compte 69 membres du conseil municipal et 350 délégués supplémentaires en tant que grands électeurs, perdue par le PS au profit de Philippe Saurel, et Béziers, qui compte 53 membres du conseil municipal et 64 délégués supplémentaires, par l’UMP au profit de Robert Ménard quelques mois auparavant, les sénatoriales avaient offert surprises et renouvellement.Si Raymond Couderc (UMP) perdait son siège, la droite en gagnait toute de même un de plus (Jean-Pierre Grand (UMP-UDI), François Commeinhes (UMP-UDI)), tandis que, de surcroit, la gauche passait de trois (Robert Tropéano (PS), Robert Navarro (PS) et Gérard Delfau (PRG)) à deux sénateurs (Robert Navarro, seul à conserver son siège, et Henri Cabanel (DVG)). Six ans plus tard, notamment avec l’élection de Michaël Delafosse à Montpellier, la gauche redevenait majoritaire dans le département à trois contre un.Hérault et enjeu nationalLes candidats vont désormais partir en campagne dans les 341 communes du département. Tous sur le même thème de la défense du territoire, des collectivités et des élus. D’où l’importance de l’ancrage local, des étiquettes et autres chapelles politiques. Les dépôts de candidature se faisant du 7 au 11 septembre, certaines de ces onze candidatures pourraient se retirer et d’autres s’ajouter d’ici là. À lire aussi Suite aux incendies, la Protection Civile de l’Hérault lance une campagne de dons Au niveau national, Les Républicains (131 sénateurs) et les Socialistes (65 sénateurs) espèrent limiter la casse tandis que La France Insoumise entend à cette occasion faire son entrée au Sénat et le Rassemblement National voir son nombre de sénateurs, actuellement trois, augmenter pour constituer un groupe (10 élus). Quel rôle jouera l’Hérault dans la recomposition du Palais du Luxembourg avant la Présidentielle ? Réponse à la rentrée. Pour ceux que cela intéresse...Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
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