En Chine, la tendance des “êtres humains à l’ancienne” : “25 ans d’âge, 70 dans la tête”

Rompant avec la course effrénée au paraître et au bling-bling, de jeunes Chinois renouent avec un mode de vie proche de celui de leurs grands-parents. Ils se baptisent eux-mêmes “êtres humains à l’ancienne”, explique le “South China Morning Post”. Une façon de se reconnecter à la vie.
[Cet article est extrait de notre numéro d’été, “L’Appel du calme” (Courrier international no 1864), en vente chez vos marchands de journaux jusqu’au 12 août.] Longtemps, les jeunes Chinois ont couru après les tendances, les soirées et la haute gastronomie et pratiqué la consommation comme un loisir en soi et un marqueur social. Mais dans cette existence menée à toute vitesse, beaucoup ont eu le sentiment de s’épuiser. Alors en réaction, des mœurs plus paisibles et plus traditionnelles font leur retour, et une aspiration : devenir un “être humain à l’ancienne”. Vers la fin de 2025, sur les réseaux sociaux, ont commencé à apparaître des posts d’internautes racontant leurs sorties au marché avec leurs grands-parents ou leur repas dans des gargotes de quartier en compagnie de leurs parents. Ces moments de partage intergénérationnel ont suscité de l’intérêt, et l’appellation “êtres humains à l’ancienne” fait des émules, contre la course aux dernières tendances. On privilégie la street food aux restaurants chics, on s’habille confortablement et pas forcément à la mode, on délaisse le bubble tea pour l’infusion aux baies de goji. Le week-end, ces jeunes gens fuient les sites touristiques pour préférer les parcs ou les groupes de “danse de place”, cette pratique longtemps associée aux Dès 2,99 €/mois Sans engagement • Résiliable en ligneEn Chine, ces jardins d’enfants reconvertis en maisons de retraite En Chine, le féminisme enseigné à ma mère Le casse-tête des pays asiatiques pour enrayer la chute des naissances Pékin a perdu plus de 2 millions de jeunes en dix ans Le grand quotidien de langue anglaise de Hong Kong est depuis 2016 la propriété d’Alibaba, géant chinois du commerce électronique. Cette acquisition a suscité de fortes craintes que la liberté de ton et la qualité journalistique de ce journal s’érodent, voire disparaissent. Quoi qu’il en soit, le SCMP, resté en situation de monopole sur le marché des quotidiens de langue anglaise dans l’ex-colonie britannique, demeure indispensable à qui veut suivre la Chine. Le quotidien assure un suivi factuel de l’actualité chinoise et hongkongaise très complet. Les pages magazine fournissent parfois de bons reportages sur les pays voisins. Auparavant, un glissement éditorial notable avait déjà pu être observé sous la houlette de Robert Kuok, homme d’affaires sino-malaisien proche de Pékin devenu actionnaire principal en 1993. Jadis journal de référence des « China watchers », le journal s’était graduellement débarrassé, après l’arrivée de Robert Kuok, d’un certain nombre de journalistes, il avait édulcoré ses pages d’opinion et s’était mis à se fonder de plus en plus sur des dépêches d’agence pour traiter des informations ne montrant pas Pékin sous son meilleur jour. Après l’éviction de Willy Wo-lap Lam, responsable des pages Chine, en 2000, dont les analyses de la politique pékinoise étaient jugées trop indépendantes, ce fut en 2002 le tour du chef de son bureau pékinois, Jasper Becker, d’être licencié. Les pages éditoriales, où les figures de la politique hongkongaise avaient pour habitude d’échanger les opinions les plus diverses, devenaient décevantes.
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