En quelques secondes, la récréation vire au cauchemar : un enfant de 9 ans garde de graves séquelles après une chute à Paris

En 2018, cet élève de 9 ans avait été grièvement blessé dans la cour de son école à Paris. Malgré ses lourdes séquelles, la justice refuse de condamner la Ville.
Une simple course dans une cour de récréation a bouleversé la vie d’un enfant de 9 ans. Le 12 octobre 2018, cet élève de l’école élémentaire Paul-Baudry, dans le 8e arrondissement de Paris, court pendant la récréation lorsqu’il chute. En tombant sur le visage, il heurte une jardinière en bois équipée d’un arceau métallique. Les conséquences sont particulièrement lourdes. L’enfant doit subir un traitement d’urgence afin de remettre en place plusieurs dents. Une expertise judiciaire conclura par la suite à l’existence de graves séquelles à la mâchoire et aux dents, directement liées à cet accident. Près de huit ans après les faits, la justice vient de rendre sa décision.La justice donne raison à la VilleDans un arrêt rendu public, la cour administrative d’appel de Paris refuse de condamner la Ville de Paris, estimant que sa responsabilité ne peut être engagée malgré les importantes séquelles conservées par l’enfant.Ses parents réclamaient plus de 67 000 euros d’indemnisation. Ils demandaient notamment la prise en charge des soins passés et futurs, des souffrances endurées par leur fils ainsi que de leur propre préjudice moral.Pour eux, l’accident aurait pu être évité. Ils reprochaient d’abord à la Ville un défaut de surveillance des enfants pendant le temps périscolaire. Ils estimaient également que la jardinière, installée dans la cour de récréation, constituait un équipement dangereux en raison de son emplacement et de sa structure métallique.Les parents faisaient aussi valoir que les animateurs avaient choisi de les appeler plutôt que de prévenir immédiatement les secours.Deux animateurs manquaient... mais cela n’aurait rien changéLes juges reconnaissent pourtant un élément important : le nombre minimal d’animateurs prévu n’était pas respecté ce jour-là. Deux agents faisaient défaut. Mais, selon eux, cela ne suffit pas à engager la responsabilité de la Ville.La cour considère qu’il n’est pas démontré qu’un effectif plus important aurait permis d’empêcher la chute de l’enfant. Elle rappelle également que courir dans une cour de récréation est une activité qui comporte, même sous surveillance, un risque de chute.Les magistrats estiment par ailleurs que la jardinière ne présentait pas un caractère exceptionnellement dangereux, même si son implantation pouvait apparaître discutable.Enfin, ils jugent qu’il n’est pas établi que le fait d’avoir appelé les parents avant les secours ait entraîné un retard dans la prise en charge médicale de l’enfant.La demande d’indemnisation définitivement rejetéeAu terme de son analyse, la cour administrative d’appel confirme donc le jugement rendu en première instance.Si elle reconnaît une faute liée au nombre insuffisant d’animateurs, elle estime qu’aucun lien de causalité direct n’est démontré entre cette irrégularité et l’accident. Dans ces conditions, la Ville de Paris ne peut être tenue responsable des blessures subies par l’enfant. À lire aussi « Agressif et menaçant » : un agent de la Ville de Paris révoqué pour avoir fait une clé de bras à un enfant Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
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