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Énergie: unissons nos forces

Énergie: unissons nos forces

Les gouvernements du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard ont signé un protocole d’entente la semaine dernière en matière d’électricité. L’objectif est de faciliter le transport d’électricité d’une province...

Énergie: unissons nos forces Les gouvernements du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard ont signé un protocole d’entente la semaine dernière en matière d’électricité. L’objectif est de faciliter le transport d’électricité d’une province à l’autre. Nous applaudissons cette initiative et exprimons le souhait d’une intégration en matière d’énergie beaucoup plus ambitieuse. Les défis qui nous attendent sont gigantesques et coûteront des milliards. La meilleure façon de les résoudre est d’y faire face ensemble, à l’échelle des Maritimes. Les trois provinces ont développé au cours des années des modèles différents, ce qui rend peu réaliste une fusion à l’échelle des Maritimes. Énergie NB est une société de la Couronne, Nova Scotia Power a été privatisée dans les années 1990 alors que l’Île-du-Prince-Édouard a opté pour un modèle hybride où Maritime Electric est le principal distributeur d’électricité, alors que la Corporation de l’énergie de l’Î.-P.-É. exploite des parcs éoliens. En matière d’énergie, les gouvernements provinciaux agissent essentiellement de façon indépendante. La PDG d’Énergie NB, Lori Clark, et la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, n’ont pas l’obligation de consulter leurs homologues néo-écossais et prince-édouardiens. Chaque province est responsable de mener à bien et de financer les projets d’infrastructure, comme la remise à neuf de la centrale nucléaire de Pointe Lepreau ou du barrage hydroélectrique de Mactaquac. Les différentes sociétés énergétiques n’évoluent toutefois pas dans une bulle. La relation entre le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard est particulièrement étroite: de 70% à 85% de l’électricité consommée sur l’île est importée du N.-B. De même, lors des pics de consommation hivernaux, Énergie NB peut se tourner vers ses voisins, en particulier le Québec, pour éviter des pénuries. Plus récemment, le projet d’une centrale au gaz naturel dans la région de Tantramar a obtenu l’approbation de la Commission de l’énergie et des services publics. Sur une capacité de 500 mégawatts, 100 MW seront réservés à la Nouvelle-Écosse. Énergie NB partage ainsi une partie de ses coûts fixes, alors que Nova Scotia Power gagne l’accès à une nouvelle source d’énergie. Par contre, les projets plus ambitieux se heurtent à des obstacles. C’est le cas du projet de Boucle de l’Atlantique, qui devait faciliter l’échange d’électricité entre les Maritimes, Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec. Le projet n’a jamais vu le jour, notamment en raison des coûts pharaoniques (environ 9 milliards $) qu’il devait entraîner. L’incapacité du Québec et de Terre-Neuve de s’entendre dans le dossier de Churchill Falls montre aussi les difficultés des provinces à surmonter autant les défis énergétiques que politiques. Dans une entrevue accordée à l’Acadie Nouvelle, le professeur d’ingénierie à l’Université de Moncton, Yves Gagnon, fait toutefois preuve d’un optimisme prudent que nous partageons. Avec l’aide financière du gouvernement fédéral, il pourrait être possible d’augmenter la production électrique tout en facilitant la transmission d’électricité d’une province à l’autre. Une fusion des différentes sociétés énergétiques provinciales n’est pas réaliste. En ne réalisant pas la vente d’Énergie NB à Hydro-Québec en 2010, le premier ministre Shawn Graham a commis une erreur générationnelle. Son échec a bloqué tout espoir qu’un tel projet puisse être ressuscité, que ce soit avec le Québec, la Nouvelle-Écosse ou autre. Le professeur Gagnon précise toutefois que d’autres options s’offrent aux gouvernements des Maritimes. Parmi les modèles qui ont fait leurs preuves, il vante celui d’un gestionnaire indépendant pour le réseau électrique régional. De cette manière, il serait possible de planifier les besoins sur une base régionale, tout en permettant aux provinces de conserver leur autonomie en matière de production d’énergie. Peu importe la formule choisie, il est clair que le Nouveau-Brunswick serait favorisé par une plus grande collaboration régionale. Le projet de construction d’une centrale à Tantramar illustre parfaitement les défis à venir. Énergie NB craint déjà d’être incapable de suffir à la demande en électricité d’ici deux ans. Cette demande ne s’essoufflera pas de sitôt, notamment en raison de l’électrification grandissante de l’économie. Par ailleurs, des projets comme Pointe Lepreau 2 et la réfection du barrage de Mactaquac nécessitent des investissements colossaux de la part d’une société de la Couronne qui ne compte qu’environ 400 000 clients. Énergie NB a tout intérêt à resserrer ses liens avec les provinces voisines. Avec l’aide d’Ottawa, nous devons faciliter les importations et exportations d’énergie, tout en partageant les coûts grandissants de production. Face aux défis de la transition énergétique, chaque province peut continuer d’agir seule. Elles auront toutefois beaucoup plus à gagner en unissant leurs forces.

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