Escale à Florence, berceau de la maison Gucci

« Voyages en Italie » (2/6). Cet été, « M » arpente la péninsule italienne en revisitant ses monuments du goût. Cette semaine, direction la capitale toscane, où le directeur artistique Demna présente une exposition consacrée à l’histoire de la marque. Au cœur du parcours, de vastes tapisseries conçues selon les mêmes méthodes qu’au temps des Médicis font le récit de la saga familiale dans toutes ses turpitudes, et célèbrent le riche héritage du savoir-faire et de l’artisanat italien.
Voici Florence dans toute sa splendeur : sur la piazza della Signoria et ses larges dalles torréfiées par le soleil, l’imposante statue de Cosimo de’Medici, seigneur des seigneurs de la capitale toscane, voisine avec la scène sculpturale de la fontaine de Neptune, et la tour du Palazzo Vecchio, repaire de toutes les intrigues possibles au temps de la Renaissance. Dans l’un des seuls coins d’ombre de ce décor submergé par l’histoire se tient aussi la pierre ocre d’un bâtiment médiéval aux hautes fenêtres cintrées qui, au XIVe siècle, était un tribunal où tous les grands négociants de la région se retrouvaient pour régler leurs affaires. Le locataire du Palazzo della Mercanzia est, depuis une vingtaine d’années, un nom tout aussi réputé que celui des Médicis sur les rives de l’Arno : Gucci, dont les racines familiales se trouvent dans le petit village de San Miniato, non loin de Florence. Après avoir servi durant quelques saisons de studio de création, à l’époque où la direction artistique était assurée par l’Italienne Frida Giannini, le Palazzo a vécu plusieurs vies. Il a été un musée et, plus largement, une vitrine au service de l’héritage de la maison et des visions portées au fil des collections, de Giannini (2006-2015) à Alessandro Michele (2015 à 2022), jusqu’à Sabato De Sarno, entre 2022 et 2025. « Comprendre ce qu’est la marque nécessite d’avoir un point de vue plus large que celui qui consiste seulement à imaginer des vêtements. Quand on travaille pour cette maison, tout commence donc par le Palazzo. Pour les créateurs, c’est l’occasion de ressentir dans ses veines l’esprit Gucci et de l’interpréter », insiste la professeure de mode belge Linda Loppa, qui fut longtemps la directrice de Polimoda, vénérable école florentine en la matière. Il vous reste 82.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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