Événement antiavortement: l’ex-ministre Proulx condamnée à verser 60 000 $

L’ex-ministre Caroline Proulx est condamnée à payer une amende de 60 000 $ pour l’annulation d’un événement antiavortement qui devait avoir lieu à Québec en 2023.
La Cour supérieure a rendu son jugement vendredi. Celle qui a tenu le rôle de ministre du Tourisme de 2018 à 2025 a rapidement réagi sur ses réseaux sociaux. Elle dit «prendre acte» du jugement, et analyser la décision attentivement afin de déterminer les prochaines étapes. «Nous réitérons notre engagement sans équivoque envers le droit des femmes à disposer de leur corps et à faire leurs propres choix en matière de santé reproductive. [...] Nous ne reculerons JAMAIS sur les droits des femmes à l’interruption volontaire de grossesses», a écrit Mme Proulx sur ses réseaux, vendredi. L’équipe de Mme Proulx ainsi que la Coalition avenir Québec ne formuleront aucun autre commentaire sur le sujet, étant donné que l’affaire pourrait être portée devant la Cour d’appel. Atteinte à la liberté d’expression En 2023, l’organisme religieux Harvest Ministries International (HMI) avait prévu l’organisation du «Rallye Feu, Foi et Liberté» au Centre de congrès de Québec du 22 juin au 2 juillet. L’évènement faisait notamment la promotion de contenus antiavortement. À ce moment ministre du Tourisme, Caroline Proulx a ordonné l’annulation de l’événement, en se disant «outrée» par les valeurs véhiculées par l’organisme de la Colombie-Britannique. L’organisation s’est tournée vers les tribunaux pour réclamer la somme perdue par cette annulation soudaine. Selon la décision du juge Alain Trudel, l’ex-ministre doit verser quelque 30 000 $ à Harvest Ministries International pour les frais encourus, ainsi que 30 000 $ en dommages moraux. Le tribunal estime que la ministre a «abusé de ses droits» et qu’il s’agit d’une atteinte à la liberté d’expression. «Son ingérence dans le processus décisionnel [du Centre des congrès] motivée par des considérations de nature essentiellement politique et ses déclarations publiques contemporaines fondées sur des convictions personnelles à l’effet que l’expression de l’opinion antiavortement de la demanderesse n’avait pas sa place dans un lieu public appartenant à l’État, démontre une volonté de porter atteinte à la liberté d’expression de la demanderesse», écrit le juge Trudel.
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