Face à la chaleur : des gestes pour les sauver

Comment créer un moyen efficace d’aider les oiseaux à affronter les fortes chaleurs ? Rencontre avec Yves Thoron, naturaliste.
Ancien professeur de SVT à la retraite, Yves Thoron s’intéresse depuis l’enfance à la nature et à la diversité des espèces. Originaire de la Trinité-Porhoët, cette figure locale de la défense de la nature et membre actif de l’Association Brévelaise pour la Biodiversité, explore aujourd’hui les environs de Saint-Jean-Brévelay et des plaines de Lanvaux, dans le Morbihan.« L’effet de serre »Face au réchauffement climatique, Yves Thoron alerte sur les effets des canicules répétées, qui touchent aussi la faune. En ce moment, nous sommes en plein dans l’effet de serre. C’est exactement la même chose que dans nos serres de jardin, mais dans l’atmosphère. Comme si nous vivions sous une serre toute la journée. Et le souci, c’est que ce phénomène se répète de plus en plus souvent, et commence de plus en plus tôt dans l’année. Ça a un impact significatif sur les animaux en général et les oiseaux. Yves Thoron, naturalisteIl rappelle également l’importance des arbres pour réguler les températures, offrant ainsi des zones avec 3 à 4 degrés de moins que les espaces artificialisés dépourvus de végétation.Aider les oiseaux toute l’annéePour aider les oiseaux, Yves Thoron recommande d’aménager des zones ombragées et des abris, pas uniquement pour la nidification, mais aussi pour leur permettre de se reposer. À lire aussi VIDÉO. Le dauphin solitaire Randy aperçu dans un port du Morbihan Il insiste également sur l’importance de ne nourrir les oiseaux qu’en hiver, durant les périodes de grand froid. « Les graines ou les boules que l’on met dans les jardins ou sur les balcons les empêchent d’apprendre à trouver eux-mêmes leur nourriture hors des périodes difficiles. »Préserver les îlots de natureSelon Yves Thoron, laisser un espace à la nature dans son jardin est geste essentiel et accessible à tous ceux qui ont un jardin.« Souvent on préfère un jardin bien tondu, que l’on pense propre. Mais si l’on empêche la nature de venir chez soi en se disant qu’elle ira chez le voisin, et que le voisin fait pareil, alors les insectes n’ont plus aucune place pour vivre. »Il propose de consacrer au moins 10 % de son terrain à la nature, en laissant pousser des plantes sauvages ou en tondant par zones. C’est le concept de la gestion différenciée, même les villes le font.Cette approche favorise la biodiversité, indispensable à la survie des oiseaux, notamment parce que tous les oiseaux, même granivores, sont insectivores à un moment de leur vie, notamment durant leur période au nid.Les canicules posent un problème supplémentaire durant les périodes de nidification. Avec les fortes chaleurs, les oisillons sautent du nid beaucoup plus tôt que prévu pour tenter d’avoir moins chaud. Les parents, parfois incapables de les nourrir, abandonnent les nichées. Cela compromet le renouvellement des espèces. Yves Thoron, naturaliste Un couvercle avec des cailloux pour support aux espèces peut sauver. ©La Gazette du Centre MorbihanAménager des points d’eauEn cas de forte chaleur, il est crucial de mettre en place des points d’eau dans des zones ombragées. L’eau doit être changée régulièrement pour rester fraîche.Yves Thoron conseille d’éviter les points d’eau trop profonds et de placer des cailloux pour éviter les noyades. Une simple assiette creuse avec des cailloux sur un rebord de fenêtre peut suffire pour ceux qui n’ont pas de jardin.Il déconseille de mouiller directement les oiseaux, car cela pourrait leur être fatal. On peut également humidifier un coin de terre pour qu’ils s’y roulent, ce qui les rafraîchit tout en éliminant leurs parasites.Secourir un oiseau en détresseSi un oiseau semble en détresse – immobile au sol avec le bec ouvert -, il faut le placer dans une boîte avec des trous pour qu’il respire, et le garder dans l’obscurité pour qu’il se repose et évite de paniquer. Quelques gouttes d’eau sur son bec peuvent suffire à déclencher son réflexe de déglutition. À lire aussi « Les chevaux m’ont sauvée » : en Bretagne, Marion crée un lieu unique Ces gestes simples peuvent éviter la saturation des centres de soins animaliers, comme celui de Languidic, PIAFS. Pour en savoir plus, un guide des bonnes pratiques est disponible sur le site de la LPO, intitulé « Secourir un animal sauvage ».Des livrets pour tout savoirAvec l’ABB (l’Association Brévelaise pour la Biodiversité), Yves Thoron organise depuis trois ans des formations naturalistes le mardi soir et des sorties le samedi matin.L’association a également édité quatre livrets sur la biodiversité locale : un sur les champignons, un autre sur les oiseaux, un sur les papillons, et un dernier, plus large, sur les libellules de Bretagne.Des conférences et expositions sont également proposées, notamment sur les oiseaux, qui circulent dans les écoles et médiathèques. Par ailleurs, l’ABB mobilise des bénévoles pour des campagnes de ramassage des déchets dans les fossés, toujours dans une démarche de sensibilisation à la nature locale.Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
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