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IA sur Android et données de recherche : Bruxelles impose une double ouverture à Google

IA sur Android et données de recherche : Bruxelles impose une double ouverture à Google
Source:01net

Deux décisions contraignantes, un même message : Google doit ouvrir Android aux assistants IA concurrents et céder les données de son moteur de recherche à ses rivaux. Le géant dénonce déjà un risque pour la vie privée des Européens.

Le règlement européen sur les marchés numériques (le DMA, pour Digital Markets Act) a été pensé pour desserrer l’emprise des géants du numérique sur les marchés qu’ils verrouillent. Ce 16 juillet, il vient de produire l’un de ses effets les plus concrets. Bruxelles a adressé à Google deux séries de mesures contraignantes qui touchent au cœur de son écosystème. La première ouvre le système Android aux assistants IA concurrents, la seconde impose le partage des données de son moteur de recherche avec la concurrence. Deux dossiers distincts, un même objectif, rééquilibrer des marchés où le groupe de Mountain View avance en position dominante depuis des années. « Hey ChatGPT », bientôt possible sur votre téléphone ? Sur un téléphone Android aujourd’hui, un assistant IA concurrent joue avec un handicap qui ne saute pas aux yeux. Quand vous installez Claude ou ChatGPT, vous obtenez une application ; quand vous utilisez Gemini, vous obtenez une fonction du système d’exploitation. Toute la différence est là. L’assistant maison de Google peut être invoqué par la voix, lire l’écran, agir dans les applications, quand ses rivaux restent cantonnés à leur bac à sable. Sur un marché où 60 % des mobiles européens tournent sous Android, l’asymétrie pèse lourd. La première décision met fin à ce régime de faveur en ouvrant 11 fonctionnalités clés d’Android aux services tiers. Les utilisateurs pourront activer l’assistant de leur choix par commande vocale, exactement comme le « Hey Google » réserve aujourd’hui ce privilège à Gemini. Ils pourront lui déléguer des tâches dans leurs applications : réserver un taxi, obtenir des suggestions de réponses dans une messagerie, ou interroger l’IA sur un lieu récemment visité. Les assistants rivaux gagneront aussi l’accès aux modèles embarqués dans le téléphone (les Gemini Nano préinstallés), dans les mêmes conditions de performance que ceux de Google. En clair, un Européen pourra faire de ChatGPT ou de Claude son assistant système par défaut et le laisser dialoguer nativement avec Gmail, l’Agenda ou Maps. Côté calendrier, la patience sera de mise avant le moindre effet visible. Google devra implémenter l’essentiel de ces mesures dans la prochaine version majeure du système, Android 18, et au plus tard le 1er août 2027. Seule l’activation vocale par mot-clé, techniquement plus lourde à ouvrir à plusieurs assistants simultanément, attendra Android 19, soit le 1er août 2028 au plus tard. Les premiers bénéfices concrets pour l’utilisateur sont attendus dès juillet 2027. Qwant et Ecosia bientôt nourris aux données de Google ? Le second volet s’attaque à un trésor bien gardé de la firme de Mountain View, sa poule aux oeufs d’or qui à fait d’elle le géant que l’on connaît aujourd’hui. Avec plus de 90 % de parts de marché sur la recherche en Europe, Google Search accumule depuis des années une richesse de données sans équivalent. Le groupe la réinjecte dans son algorithme pour se renforcer un peu plus (le serpent qui se mord la queue, version moteur de recherche). Aucun rival ne peut rivaliser à cette échelle. La décision force donc le groupe à partager des données anonymisées de classement, de requêtes, de clics et d’affichage avec les moteurs concurrents, chatbots IA dotés d’une fonction de recherche compris. Des acteurs européens comme Qwant ou Ecosia figurent parmi les bénéficiaires potentiels, tout comme les IA qui s’appuient sur la recherche pour ancrer leurs réponses dans l’actualité. Lire aussi : Qwant et Ecosia construisent un index de recherche européen pour contrer les géants américains La précédente offre de partage de Google était restée lettre morte, et pour cause : elle retirait du jeu entre 90 et 100 % des requêtes uniques et excluait les chatbots IA. Bruxelles a donc mis les points sur les i, y compris sur la méthode d’anonymisation. Le procédé transforme le jeu de données en une meule de foin de requêtes détachées, en supprimant les identifiants directs et les termes rares (noms complets, mots de passe, adresses). Chaque internaute se retrouve noyé dans un ensemble d’au moins 1 000 personnes partageant la même langue, localisation et type d’appareil (95 % se retrouveront même dans des groupes d’au moins 29 000). Un délai minimal de sept jours s’applique avant tout partage, et le prix réclamé aux bénéficiaires ne pourra pas dépasser le coût moyen pondéré du capital de Google. Pour accéder aux données, un moteur devra justifier d’au moins 50 000 utilisateurs mensuels dans l’UE, ou d’une jeune existence adossée à plus de 50 millions d’euros d’investissements. Le partage doit démarrer en janvier 2027. Google fulmine, Bruxelles ne lâche rien Face à ces mesures, la riposte de Google n’a pas traîné. Le directeur juridique du groupe, Kent Walker, dénonce des décisions qui « risquent d’affaiblir des garde-fous essentiels en matière de vie privée et de sécurité pour des millions d’Européens ». Le géant reproche à Bruxelles d’avoir ignoré les preuves d’un préjudice pour l’internaute et estime que l’ouverture d’Android accorde à des applications externes des autorisations sensibles et puissantes sans les garanties nécessaires. L’entreprise cite au passage l’agence européenne de cybersécurité, pour qui les fondamentaux de sécurité comptent plus que jamais à l’ère de l’IA. La vice-présidente de la Commission Henna Virkkunen défend au contraire des mesures censées faire émerger des alternatives à Gemini et à Google Search, au bénéfice du choix des consommateurs. Un point mérite d’être rappelé pour éviter les malentendus : cette procédure de spécification n’est pas une sanction et ne s’accompagne d’aucune amende. Elle clarifie seulement comment Google doit se conformer à des obligations qui pèsent sur lui depuis mars 2024. Le géant n’en a pas fini avec Bruxelles pour autant, et pourrait écoper d’une amende dans le cadre d’une autre enquête DMA dès la semaine prochaine. Le contentieux s’accumule à mesure que les dossiers s’empilent. Le groupe a échoué ce mois-ci à faire annuler une amende record de 4,1 milliards d’euros, infligée en 2018 pour avoir imposé la préinstallation de Google Search sur Android. Il conteste par ailleurs en appel une autre sanction de 2,95 milliards écopée en septembre pour abus dans la publicité en ligne. Sur le terrain de l’ouverture forcée, le groupe suit d’ailleurs les traces d’Apple, premier visé par une telle procédure et déjà vent debout, au nom des mêmes arguments de vie privée. 👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp. Source : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_26_1634

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