« Il y a 20 ans, la fin de la moisson c’était plutôt vers le 15 août » : dans le Soissonnais, les moissons sont de plus en plus précoces

Lecture zen Cerise Samson « En 30 ans, la moisson a avancé de trois semaines », s’exclame Benoit Davin, agriculteur à Mortefontaine. « Il y a un dicton qui dit : le mois de mai ne s’en va pas sans un épi de blé car on voit les premiers épis autour du 31 mai. Cette année, certaines parcelles avaient déjà quelques épis de blé dès le 1 er mai. » Avec 29 années passées dans l’agriculture, Benoit Davin n’en est pas à sa première moisson et témoigne d’une avancée des dates de la récolte : « Le 28 juillet, pour l’anniversaire de mon père, on en était à la moitié de la moisson », soit une fin de moissons vers début août il y a une trentaine d’années. « Cette année, en 2026, j’ai fini le 10 juillet. » Pauline Lambert, cultivatrice de blé et d’orge à Brenelle, partage ce ressenti : « En 2021, j’avais fini la moisson le 18 août alors que cette année, j’ai battu mon record ! J’ai fini le 9 juillet. » L’agricultrice explique que « les années se suivent mais ne se ressemblent pas ». Cependant, elle remarque qu’« on finit la moisson de plus en plus tôt depuis 2022 ». Marc Templier, agriculteur de Chassemy et président de la coopérative Cérèzia pour la zone ouest, affirme que « les moissons se sont faites entre le 15 juin et le 15 juillet. Il y a 20 ans, la fin de la moisson c’était plutôt vers le 15 août. » Le dérèglement climatique bouscule la moisson La récolte est accélérée par les fortes chaleurs et le manque de pluie. Benoit Davin confie : « Cette année, on n’a pas été arrêté par la pluie ». L’agricultrice, Pauline Lambert, renchérit. « Quand il pleut, on arrête de moissonner et on attend que le grain de blé soit moins humide, sinon on a des frais de déshumidification. » Marc Templier ajoute : « On a eu aucune interruption. C’est du jamais vu. D’habitude, on a toujours au moins une pause à cause de la pluie . » Cette moisson précoce s’explique aussi par le dérèglement climatique. « On a eu deux coups de chaud : un à la Pentecôte et un en juin », affirme Pauline Lambert. C’est un peu tout ou rien. En 2023, on avait trop d’eau à ne pas savoir quoi en faire et cette année, c’est la sécheresse, à espérer qu’il pleut. » « Avec le dérèglement climatique, il va falloir qu’on s’adapte mais il va y avoir une limite à cette adaptation » Pauline Lambert , Agricultrice S’adapter au climat à l’avenir Benoit Davin expose alors les conséquences du dérèglement climatique sur les cultures. « Les excès de chaleur accélèrent la maturité des plantations. Les blés sont passés de vert à jaune en une semaine. Ce n’est pas normal. » Il explique aussi cette moisson record par « la douceur des hivers ». « Avant, on avait une ou deux semaines de gel. Maintenant, ce n’est que quelques jours de gel. » Les agriculteurs s’interrogent sur la manière de s’adapter à l’avenir face à ces moissons de plus en plus précoces. « On ne s’est pas trop où on va avec le réchauffement climatique », doute Benoit Davin. Pauline Lambert affirme : « Avec le dérèglement climatique, il va falloir qu’on s’adapte mais il va y avoir une limite à cette adaptation. » Marc Templier, plus optimiste explique qu’« on s’adapte toujours. De tout temps, les agriculteurs se sont adaptés au climat. Seulement là, l’évolution est très rapide. » Les avantages et inconvénients d’une moisson précoce Cette moisson express apporte son lot d’avantages et d’inconvénients. Benoit Davin convient que « c’était une moisson facile vu qu’il n’y a pas eu de pluie, on n’a jamais arrêté de moissonner. Mais c’était stressant avec les chaleurs. » Pauline Lambert, elle, n’a pu prendre de vacances à cause de ce décalage : « Il faut vite récolter avant que ça crame sur pied. Mais le positif c’est qu’on a plus de temps pour préparer la terre pour replanter du colza, une culture longue. Pour l’instant, la météo ne nous le permet pas. » Marc Templier dresse un tableau plus sombre : « On a 10 % de moins que la moyenne sur la totalité des récoltes de blés de la coopérative. Les rendements devaient être bien meilleurs. Il y avait un vrai potentiel mais il a été gâché par la précocité de la canicule. » Pauline Lambert ajoute que « le coup de chaud est arrivé au mauvais moment dans la formation du grain de blé. » « Ce n’est pas aussi catastrophique que ce qu’on pensait », relativise Benoit Davin. Mis en ligne le 19/07/2026 à 05:00 « Il y a 20 ans, la fin de la moisson c’était plutôt vers le 15 août » : dans le Soissonnais, les moissons sont de plus en plus précoces Par Cerise Samson Pauline Lambert, Marc Templier et Benoit Davin, exploitants agricoles dans le Soissonnais, remarquent une avancée stupéfiante des dates de la moisson au fil des années. Ces agriculteurs du secteur expliquent la raison de cette récolte de plus en plus précoce et ses conséquences. Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) : Mortefontaine (Aisne) Brenelle (Aisne) Soissonnais Mortefontaine (Aisne) , Brenelle (Aisne) , Soissonnais
« Il y a 20 ans, la fin de la moisson c’était plutôt vers le 15 août » : dans le Soissonnais, les moissons sont de plus en plus précoces Pauline Lambert, Marc Templier et Benoit Davin, exploitants agricoles dans le Soissonnais, remarquent une avancée stupéfiante des dates de la moisson au fil des années. Ces agriculteurs du secteur expliquent la raison de cette récolte de plus en plus précoce et ses conséquences. Article réservé aux abonnésPartage : Ajouter L'Ardennais sur Google Article Par Cerise Samson Temps de lecture: 4 min « En 30 ans, la moisson a avancé de trois semaines », s’exclame Benoit Davin, agriculteur à Mortefontaine. « Il y a un dicton qui dit : le mois de mai ne s’en va pas sans un épi de blé car on voit les premiers épis autour du 31 mai. Cette année, certaines parcelles avaient déjà quelques épis de blé dès le 1er mai. »
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