Incendies en Algérie : les maisons et les fermes restent très peu assurées

Chaque été, les incendies qui ravagent plusieurs wilayas du nord de l’Algérie laissent derrière eux des dizaines d’habitations endommagées, des exploitations agricoles détruites et des éleveurs qui perdent une partie de leur cheptel. Au-delà des dégâts matériels, une question revient avec insistance : pourquoi si peu d’Algériens assurent-ils leurs biens contre ce type de risque [...] L’article Incendies en Algérie : les maisons et les fermes restent très peu assurées est apparu en premier sur Maghreb Émergent .
Chaque été, les incendies qui ravagent plusieurs wilayas du nord de l’Algérie laissent derrière eux des dizaines d’habitations endommagées, des exploitations agricoles détruites et des éleveurs qui perdent une partie de leur cheptel. Au-delà des dégâts matériels, une question revient avec insistance : pourquoi si peu d’Algériens assurent-ils leurs biens contre ce type de risque ? Alors que les sinistrés comptent leurs pertes, beaucoup découvrent qu’ils ne disposent d’aucune couverture susceptible d’alléger les conséquences financières de ces catastrophes. Pour comprendre cette situation, Maghreb Émergent a contacté deux compagnies d’assurance afin de connaître les formules disponibles et les raisons qui freinent encore leur développement. Assurance habitation : des formules disponibles mais peu demandées Contrairement à une idée largement répandue, assurer une maison contre les incendies ou d’autres risques ne représente pas forcément un coût élevé. Interrogé par Maghreb Émergent, un responsable de la CRMA explique que plusieurs formules existent selon les besoins du propriétaire. « Le dernier client a assuré toute sa maison pour 8 000 dinars pendant une année. Tout dépend de l’estimation du bien. Plus la valeur de la maison est importante, plus le coût de l’assurance augmente automatiquement », précise-t-il. Au-delà de la simple couverture contre les incendies, plusieurs garanties peuvent être ajoutées. « Il existe différentes formules. Les clients peuvent également assurer leurs appareils électroménagers ou choisir d’autres garanties selon leurs besoins », ajoute notre interlocuteur. Malgré ces possibilités, les contrats habitation restent encore peu répandus. Les assureurs constatent que la majorité des propriétaires ne pensent à cette protection qu’après avoir été confrontés à un sinistre. Des assurances adaptées aux élevages et aux exploitations agricoles Le même constat est dressé dans le secteur agricole. La CRMA rappelle que plusieurs produits sont proposés aux éleveurs selon leur activité. « Certains assurent leur bétail, d’autres leurs élevages de volailles. Pour les poulets, l’assurance peut couvrir chaque bande d’élevage, notamment contre la mortalité. Il existe aussi une assurance spécifique pour les bâtiments d’élevage, notamment contre les incendies. Les prix varient selon la formule choisie », explique le responsable. Du côté de la CASH assurances, contactée par Maghreb Émergent, on insiste sur le fait que chaque dossier fait l’objet d’une étude préalable. « Pour assurer une ferme ou un poulailler, cela demande un véritable travail. Nous devons nous déplacer sur les lieux, réaliser une estimation de l’exploitation et évaluer les risques. Il est impossible de fixer un tarif approximatif, car plusieurs modalités existent selon les biens à assurer, le nombre de têtes de bétail ou encore les séries de poussins », indique un responsable de la compagnie. Cette phase d’expertise permet ensuite de proposer une couverture adaptée à chaque exploitation. Une culture de l’assurance qui peine encore à s’installer Malgré la multiplication des incendies, des épisodes climatiques extrêmes et des pertes enregistrées chaque année, les assureurs reconnaissent que la demande reste encore limitée. Pour beaucoup de particuliers comme d’agriculteurs, l’assurance est souvent perçue comme une dépense supplémentaire plutôt qu’un investissement destiné à protéger un patrimoine parfois construit durant toute une vie. Cette perception explique en partie le faible nombre de contrats souscrits, malgré des formules variées qui couvrent aussi bien les habitations que les exploitations agricoles, les bâtiments d’élevage ou les animaux. Au lendemain de chaque catastrophe, le débat ressurgit pourtant avec la même intensité. Les pertes se chiffrent parfois en millions de dinars. Comme le résume un responsable de la CRMA, « la majorité des clients souscrivent une assurance automobile parce qu’elle est obligatoire. Pour le reste, beaucoup considèrent encore l’assurance comme une charge supplémentaire ». Une réalité qui continue de marquer les incendies et les catastrophes naturelles en Algérie.
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