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Incendies : un A400M dans le dispositif des armées

Incendies : un A400M dans le dispositif des armées

RENFORTS. Largages de retardant, pistes ouvertes au bulldozer, surveillance par drone... Face aux mégafeux, les armées mobilisent désormais des moyens inédits aux côtés des pompiers.

Devant l’urgence de la situation, les autorités ne pouvaient plus attendre. Alors que son déploiement n’était prévu qu’à la toute fin du mois, l’A400M est arrivé en Gironde ce samedi 25 juillet, à la demande de Matignon. Pour faire face à l’avancée rapide des flammes, l’avion de transport militaire, qui a été engagé sur les principaux théâtres d’opération des armées françaises ces dernières années, a été transformé grâce à un kit installé dans son immense soute. Il devient un atout de poids puisqu’il permet de déverser 20 tonnes de produit retardant à chaque passage, soit l’équivalent de trois Canadair. Une capacité précieuse à l’heure où 168 000 personnes ont été évacuées dans la région bordelaise. Si la France est le premier pays à tester sur un incendie réel le dispositif qui transforme l’aéronef d’Airbus en combattant du feu, elle peut également compter sur l’ensemble de ses armées pour prêter main-forte à la sécurité civile. Entre le Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM), la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et la Brigade militaire de la sécurité civile (BMSC), ils sont, ce dimanche, près de 1 500 militaires à lutter contre les feux de forêt partout en France. Un apport important alors que 98 000 hectares sont déjà partis en cendres depuis le début de l’année et que le feu ne frappe plus seulement les pinèdes méditerranéennes, mais remonte désormais vers le nord. « Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux pompiers. Nous leur apportons l’effet dont ils ont besoin », précise le chef d’escadron Yoan, chef du centre opérationnel de l’État-major interarmées du territoire national. Les soldats ouvrent des pistes au bulldozer, héliportent des équipes sur des crêtes inaccessibles, surveillent les lisières susceptibles de s’embraser, construisent des pare-feux ou remplacent les pompiers dans les centres de secours afin qu’ils repartent combattre les flammes. À Fontainebleau, mi-juillet, alors que plusieurs centaines d’hectares partent en fumée, 46 militaires de la BSPP sont arrivés en renfort. « Les moyens de la Brigade ont été employés pour assurer la défense des bâtiments, des axes routiers et des lisières exposés à la progression de l’incendie », relate Philippe Micouraud, chef de bataillon au sein de la BSPP. Dans le sud de la France, le Bataillon de marins-pompiers de Marseille se montre lui aussi décisif. Depuis le 4 juin, le BMPM a réalisé 20 missions de renfort et engagé plus de 500 marins-pompiers dans plusieurs départements. La coopération entre la sécurité civile et les armées porte un nom : le protocole Héphaïstos. Créé en 1984, il fixe les conditions dans lesquelles les armées viennent renforcer le ministère de l’Intérieur lors des grands feux de forêt. À chaque alerte, la même mécanique se met en marche. Les besoins remontent du terrain jusqu’au préfet, puis à l’État-major interarmées du territoire national, véritable tour de contrôle du dispositif militaire. C’est lui qui décide des moyens à engager et de leur déploiement dans le cadre de l’opération Sentinelle, dont le périmètre s’est élargi en 2025 aux catastrophes naturelles. L’apport des militaires se fait aussi sur le plan sanitaire En Gironde, l’armée s’appuie également sur la technologie avec le déploiement d’un drone de renseignement Reaper, capable de voler jusqu’à 15 000 mètres d’altitude. Son capteur « permet de mieux visualiser les foyers, d’obtenir une vision d’ensemble de la situation et d’affiner l’analyse de l’incendie », précise le colonel Vernet, porte-parole de l’état-major des Armées. L’apport des militaires se fait enfin sur le plan sanitaire. Le Service de santé des armées (SSA) a mobilisé dans le sud-ouest onze équipes médicales pour contribuer à la prise en charge des personnes vulnérables. « Nous mettons à disposition des infirmiers et des équipes disposant de compétences particulières, notamment dans la prise en charge des grands brûlés », conclut l’état-major des Armées, qui prévient que le dispositif global peut évoluer d’heure en heure. Incendies : un A400M dans le dispositif des armées RENFORTS. Largages de retardant, pistes ouvertes au bulldozer, surveillance par drone... Face aux mégafeux, les armées mobilisent désormais des moyens inédits aux côtés des pompiers. Incendies : Bordeaux sous la menace des flammes CRISE. La région bordelaise est en proie aux flammes, les évacuations s’enchaînent – 170 000 samedi à 14 h – et les autorités redoublent d’efforts pour endiguer un incendie d’une ampleur déjà historique. Incendies : un plan d'urgence face à la catastrophe Malgré l'alerte de Laurent Nuñez dès le 20 juillet, le dispositif national n'a pas suffi face au feu en Gironde : Macron a dû actionner l'aide européenne. Sur place, 1 000 pompiers et autant de militaires, des communes coupées du monde et un mot d'ordre pour les vacanciers : reportez. La sécheresse, terreau des incendies Sécheresse inédite, trois vagues de chaleur et un vent propice aux flammes : plus de 41 000 hectares ont déjà brûlé en France au 15 juillet. Mais neuf départs de feu sur dix restent d'origine humaine (imprudence ou malveillance) et 128 personnes ont déjà été interpellées cette saison. Feux de forêts : la France face à une épidémie d’incendiaires amateurs MENACE. La saison des feux, déjà bien entamée, provoque des pulsions pyromanes chez de nombreux individus et sature les lignes des forces de l’ordre.

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