Interdiction des réseaux sociaux aux ados : La France Insoumise veut faire annuler la loi pour protéger la « liberté d’expression »

Alors que la loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adoptée, La France insoumise a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, estimant que le texte porte atteinte à la liberté d’expression et au respect de la vie privée.
Après des mois de négociations, le projet de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté. Si Emmanuel Macron assure que cette loi a pour objectif de « protéger nos enfants en ligne », elle est aussi loin de faire l’unanimité. C’est notamment le cas de La France Insoumise qui vient de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Par ailleurs, le parti de Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à s’y opposer. La France Insoumise s’oppose à l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans Ce jeudi 23 juillet, LFI a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, estimant que la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans constitue une atteinte à la liberté d’expression et de communication, mais aussi au respect de la vie privée. Selon le mouvement, ces deux droits sont garantis par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) de 1789, et le « caractère général et absolu de l’interdiction est à lui seul de nature à caractériser son inconstitutionnalité ». Le recours déposé par La France insoumise explique : « Les réseaux sociaux constituent aujourd’hui, notamment pour les plus jeunes, un espace essentiel d’exercice de la liberté d’expression, de participation au débat public, d’accès à l’information, de socialisation et d’engagement citoyen ». Il est également indiqué que : « un réseau social principalement consacré à des échanges familiaux, une plateforme de diffusion de contenus culturels ou éducatifs, un espace de discussion scolaire ou universitaire, ou encore un service favorisant l’engagement associatif ou citoyen ne présentent manifestement pas les mêmes risques pour les mineurs ». Par ailleurs, le parti de Jean-Luc Mélenchon estime qu’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans entraînera inévitablement la mise en place d’un contrôle généralisé de l’âge des internautes. Enfin, notons que La France insoumise critique également le fait que la loi confie aux plateformes en ligne la vérification de l’âge des utilisateurs ainsi que la gestion de leurs données personnelles. Il faut dire que les modalités de vérification de l’âge restent, pour l’heure, floues. Au micro de Sud Radio, Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique, a tenté de rassurer en expliquant : « Les outils [de vérification de l’âge] existent déjà en France. La vérification sera assurée par un tiers de confiance, public comme France Identité ou privé. La plateforme recevra uniquement une réponse par oui ou par non : aucune donnée personnelle ne sera transmise. Ni l’identité ni l’âge ne seront connus. Et, pour préserver la vie privée des utilisateurs, le tiers de confiance ne saura pas pourquoi il a été sollicité ». Un projet de loi qui est loin de faire l’unanimité Le mercredi 22 juillet, la Commission européenne a annoncé l’enregistrement d’une initiative citoyenne réclamant une identité numérique et une vérification d’âge strictement facultatives. De son côté, Xavier Niel, dirigeant d’Iliad (Free), a qualifié sur X la loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans de « totalement débile », tout posant la question suivante : « Vous pensez que les ados n’ont pas déjà des techniques pour contourner ça ?? ». En réponse à un tweet lui demandant quelles seraient ses solutions pour protéger les plus jeunes, le patron de Free a précisé : « C’est aux parents d’éduquer leurs enfants. Pas à l’État de fliquer tous les Français ». La loi australienne interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans a par ailleurs été remise en cause à plusieurs reprises ces derniers jours. Selon une étude du British Medical Journal, 85 % des adolescents auraient toujours accès aux réseaux sociaux grâce à l’utilisation de VPN, ce qui rejoint le point de vue de Xavier Niel. De son côté, Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique, admet le problème des VPN, tout en rejetant les critiques : « C’est une vraie faille : en Australie, deux tiers des jeunes les utilisent. Je ne suis pas naïve, ils existent et coûtent environ 100 euros par an. Il faut la complicité d’un adulte pour les financer. Si nous parvenons à protéger 60 % de nos enfants, ce sera déjà un grand pas ». Une chose est sûre, les débats autour de cette loi ne font que commencer. 👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp. Source : Le Monde avec AFP
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