Business·

Investissements publics : le rapport de l’IACE évalue la gouvernance et lève le voile sur des lacunes...

Investissements publics : le rapport de l’IACE évalue la gouvernance et lève le voile sur des lacunes...

À l’occasion du colloque organisé par l’IACE ce jeudi 23 juillet 2026, un rapport officiel intitulé « Évaluation des pratiques de gouvernance et de transparence dans les projets d’investissement public en Tunisie » a été présenté. Ce dernier fait état de lacunes flagrantes ayant systématiquement entraîné des retards de livraison et une explosion des coûts [...] L’article Investissements publics : le rapport de l’IACE évalue la gouvernance et lève le voile sur des lacunes... est apparu en premier sur La Presse de Tunisie .

À l’occasion du colloque organisé par l’IACE ce jeudi 23 juillet 2026, un rapport officiel intitulé « Évaluation des pratiques de gouvernance et de transparence dans les projets d’investissement public en Tunisie » a été présenté. Ce dernier fait état de lacunes flagrantes ayant systématiquement entraîné des retards de livraison et une explosion des coûts de réalisation des infrastructures publiques. En effet, c’est grâce à l’investissement public, cœur battant du développement, qu’on bâtit un pays. Du finançant des routes à l’assainissement et en passant par les équipements collectifs et l’infrastructure collectifs, l’investissement public est là pour fonder une atmosphère où il fait bon vivre et créer un climat propice aux investissements. Cependant, le rapport présenté par l’IACE dévoile, de prime abord, que l’efficacité de ces investissements publics de dépendent pas seulement du montant alloué, mais aussi de la qualité de la gouvernance aussi bien durant la phase de préparation que celle du financement, de l’exécution, du suivi et de l’évaluation. Faycel Derbel, président du centre de gouvernance auprès de l’IACE donne le ton en indiquant que si le plan de 2026 comprend 14 624 nouveaux projets, ce chiffre masque hélas, des fragilités. Il a ajouté que de nombreux marchés de travaux n’ont pas encore été lancés parce que le financement, les études, les autorisations administratives et les garanties foncières ne sont pas encore sécurisés. « Actuellement, 6 476 projets sont en cours mais sont souvent reportés. Et chaque retard nécessite un temps d’arrêt, une analyse approfondie, un arbitrage explicite et une décision claire. Cette clarification évitera que le nouveau plan reproduise silencieusement les mêmes insuffisances du précédent et indiquera si le projet doit être restructuré ou clôturé», note l’intervenant. Il a, dans ce cadre, souligné l’importance d’enrichir le dispositif de suivi et l’importance du renforcement des outils de pilotage. Et ce, à travers l’amélioration des rapports annuels budgétaires et le traçage d’un parcours des projets depuis leur phase de préparation jusqu’à la réception. Il a également mis l’accent sur l’utilité de l’intégration systématiquement du coût complet de possession dans les dossiers de décision ainsi qu’une analyse de soutenabilité financière particulièrement pour les grands projets d’infrastructure de transport évalués à environ 13 milliards de dinars. Faycel Derbel a par ailleurs insisté sur la sécurisation de la gouvernance des 74 projets en partenariat publicprivé. « Ces projets représentent près de 9 % des investissements programmés. La sécurisation interviendrait par une gestion rigoureuse et des cadres contractuels et de suivi renforcés », a-t-il noté. Pour sa part, l’expert en finances publiques, Ahmed Guidara a toutefois nuancé que cette démarche n’avait pas pour but de blâmer les administrations passées, mais d’ancrer une culture d’apprentissage à même de moderniser la méthodologie d’exécution des futurs grands chantiers nationaux. L’étude s’est concentrée sur l’analyse minutieuse de trois mégaprojets pilotes, sélectionnés rigoureusement en partenariat avec les institutions de l’État pour leur représentativité sectorielle. « Parmi les chantiers audités figurent un projet routier d’envergure, une infrastructure de transport de premier plan comprenant la création de 19 stations et la réhabilitation de 190 accès, ainsi qu’un troisième projet sectoriel majeur », indique-t-il. Et d’ajouter que pour garantir la neutralité de l’exercice, le choix s’est porté sur des réalisations achevées depuis au moins cinq ans. « Ce recul temporel a permis d’appliquer des indicateurs internationaux stricts mesurant la gouvernance financière, la clarté de l’allocation des deniers publics et le taux d’atteinte effectif des objectifs initiaux ». « Cette évaluation, poursuit-il, prend un relief tout particulier alors que la Tunisie amorce la conception de ses plans de développement pour la période 2026-2030, une feuille de route colossale qui englobe près de 21 000 projets ». L’expert a jugé impératif que les futurs investissements rompent avec le pilotage arbitraire en s’adossant à des critères réalistes et standardisés à l’échelle internationale. Évoquant les conclusions de cette étude, Ahmed Guidara a identifié le maillon faible de la chaîne : la faiblesse systémique des études de faisabilité préalables à l’exécution, un écueil particulièrement dévastateur pour des mégaprojets dont les budgets se chiffrent en centaines de millions de dinars. « Ces chantiers stratégiques exigent impérativement des études d’impact économique pointues et réactualisées de manière cyclique. Cette rigueur analytique permet de réajuster les hypothèses de départ face aux fluctuations constantes de la conjoncture macroéconomique et financière », note-t-il. L’évaluateur a précisé que la pertinence intrinsèque des projets n’est pas en cause, les arbitrages initiaux affichant une cohérence parfaite avec les grandes orientations des politiques publiques tunisiennes. « Les véritables goulots d’étranglement se cristallisent lors de la phase opérationnelle. La lourdeur administrative ainsi que le déficit de coordination transversale entre les multiples entités étatiques freinent lourdement la cadence des travaux. Ce déficit d’agilité institutionnelle ne se limite pas à paralyser la livraison des infrastructures ; il génère un surcoût économique global majeur, le temps étant devenu la variable la plus onéreuse des deniers publics », explique-t-il. Pour illustrer ce phénomène d’inertie, l’expert a brandi l’exemple d’un chantier initié en 2007 et dont le dénouement n’a eu lieu qu’en 2023. « Ce gel prolongé de capitaux massifs pendant seize ans constitue un manque à gagner évident pour d’autres secteurs vitaux qui sont restés privés de financements. Rehausser la qualité de la phase préparatoire s’impose donc comme une condition nécessaire pour respecter les calendriers contractuels et concrétiser les retombées économiques promises ». L’investissement de l’État demeure le catalyseur historique du développement, car il structure les territoires pour attirer le capital privé. La mise en service de liaisons autoroutières en est l’illustration parfaite dans la mesure où elle désenclave les régions de l’intérieur, comprime les coûts de logistique et dope l’attractivité territoriale pour les investisseurs industriels. Face à l’enveloppe budgétaire contrainte de l’État, Ahmed Guidara estime qu’aucun secteur ne doit être sacrifié, qu’il s’agisse des transports ou de l’énergie, mais que la rareté des ressources impose une priorisation transparente basée sur des indicateurs d’efficience stricts. « L’énergie, et le réseau électrique en particulier, constitue un secteur transversal indispensable à la viabilité de tout l’écosystème. L’aménagement d’une nouvelle zone industrielle demeure une opération stérile si elle n’est pas immédiatement connectée à un réseau électrique de haute tension et aux infrastructures de base », dit l’expert en finances publiques. Et de conclure que « la réussite du prochain plan quinquennal tunisien dépendra exclusivement de la mise en œuvre d’une gouvernance vertueuse, d’une transparence accrue, d’études fiabilisées et d’un pilotage interconnecté des acteurs publics, conditions uniques pour maximiser l’impact économique et social des investissements de la nation ».

This is a summary. Read the full article at the original source.

Read full article at lapresse