« Je ne pouvais pas rester impuissant » : face aux incendies destructeurs, la solidarité citoyenne s’intensifie

Face à l’ampleur des incendies et de leurs dégâts, de nombreuses initiatives citoyennes sont lancées pour soutenir les sinistrés, les agriculteurs ou les pompiers. Plateformes d’entraide, cagnottes en ligne, réseaux sociaux... Ces dernières semaines, cet élan de solidarité a pris de multiples formes.
Face à l’ampleur des incendies et de leurs dégâts, de nombreuses initiatives citoyennes sont lancées pour soutenir les sinistrés, les agriculteurs ou les pompiers. Plateformes d’entraide, cagnottes en ligne, réseaux sociaux... Ces dernières semaines, cet élan de solidarité a pris de multiples formes. Des forêts entières ravagées par les flammes, des maisons calcinées et rendues inhabitables, des soldats du feu sur le front nuit et jour... Les images, prises aux quatre coins de la France ces derniers jours, ont des airs de fin du monde. Rien qu’en Gironde, quelque 42 000 hectares ont été engloutis depuis le 22 juillet, soit la plus grande superficie depuis un incendie dans les Landes de Gascogne en 1949, qui avait brûlé environ 50 000 hectares. Et, avec 115 000 hectares réduits en cendres depuis le début de l’année, la France a déjà dépassé son record d’incendies établi en 2022. Si le sentiment impuissance grandit à mesure que les flammes parcourent du terrain, il n’est pas synonyme d’inaction. Bien au contraire. Ces dernières semaines, une vague de solidarité a déferlé sur les réseaux sociaux – à coups de propositions d’hébergements, d’avis de recherche d’animaux, de dons de nourritures ou de vêtements... Mais parmi tous ces posts, publiés en ordre dispersé, difficile de s’y retrouver. Des applications d’entraide Tel a été le constat de Florian Illien, un jeune Bordelais ému par cette déferlante d’évacuations à proximité de chez lui. « Sur Facebook notamment, les propositions d’aides ont été rendues invisibles », a déploré le salarié dans le secteur des énergies renouvelables, âgé de 26 ans. « Je ne pouvais plus rester sans rien faire, tout en sachant que je n’avais pas la possibilité d’aider les sinistrés autrement, n’ayant aucune formation de secouriste », poursuit-il, auprès de Paris Match. Raison pour laquelle, fort de son expérience dans l’information et l’intelligence artificielle, il a créé ce vendredi 24 juillet une plateforme baptisée « Alabri » et destinée à « recenser » toutes les offres et les demandes d’entraide. Le concept est simple : un utilisateur a la possibilité de demander un hébergement, de l’aide ou poster un avis de recherche pour son animal. À l’inverse, il peut aussi proposer un logement, de la nourriture ou relayer des informations sur un animal retrouvé. Bilan, une semaine plus tard : « Au moins une famille a été hébergée, et un animal a été retrouvé », se félicite Florian Illien, précisant que 7 000 visites ont été recensées et 130 annonces sont actuellement postées sur l’application. Toutefois, à ce stade, il demeure compliqué « d’avoir un chiffre exact du nombre de personnes réellement aidées », faute de retours. Si sa plateforme « Alabri » est née des flammes dans les forêts girondines, le jeune Bordelais ne se fixe aucune frontière. « Dès le départ, j’ai fait en sorte que le site soit transposable dans d’autres départements, notamment dans le Var. » Mais également pour d’autres types d’incidents climatiques, tels que les inondations ou les tempêtes. Multiplication des cagnottes en ligne Au-delà des applications d’entraide, cet élan de générosité en ligne se manifeste également sur les plateformes de cagnottes participatives. À titre d’exemple, sur le site de Leetchi, l’un des leaders du marché, pas moins de 197 cagnottes – dont 83 uniquement pour la Gironde - ont été ouvertes en lien avec les incendies, pour un total de plus de 470 000 euros collectés, selon des chiffres recueillis par Les Échos. On retrouve notamment des appels aux dons visant à soutenir les agriculteurs, à acheter de produits de première nécessité, à reloger des familles ayant perdu leur logement ou à financer des travaux. De son côté, Julien De Furia, un habitant de Draguignan qui s’auto-qualifie d’ « amoureux du département du Var », s’est lancé dans la création d’une cagnotte pour venir en aide aux sinistrés des communes des Arcs-sur-Argens, de Cotignac et de Pontevès, en attendant l’intervention des assurances. Épargné par les feux, il n’en a pas ressenti le besoin de réagir : « En voyant les flammes se disperser, je tournais en rond chez moi en me disant qu’il fallait que je fasse quelque chose. L’idée m’est venue instinctivement parce que je ne pouvais pas rester impuissant », confie le quadragénaire à Paris Match. Ainsi, sa cagnotte a été lancée ce dimanche 26 juillet. Depuis, ce sont quelque 8 335 euros qui ont été récoltés. S’il est « satisfait » de ce montant, Julien De Furia se dit toutefois « peiné que sa communauté n’ait pas été plus réactive », alors que son groupe Facebook « Balades dans le Var » rassemble plus de 130 000 membres. D’ici début août, il espère atteindre les 10 000 euros avant de reverser les fonds aux mairies concernées. La mobilisation des collectivités locales De leur côté, associations, collectivités et administrations locales se sont également saisies de la question. Alors que l’association des Maires de France (AMF) a lancé dès lundi une mobilisation générale des maires pour « apporter au plus vite un soutien financier aux opérations d’urgence en cours ou en préparation », certaines villes se tiennent déjà prêtes à accueillir des sinistrés. Comme à Toulouse, où un centre d’aide a été mis en place au parc des expositions (MEETT). Plus de 250 personnes, en provenance de la Gironde, ont d’ores et déjà été accueillies. Le Secours populaire a aussi lancé un appel à la générosité publique, invitant chacun à « venir en aide aux populations durement touchées, en Gironde et dans les Landes, mais aussi dans le Var et partout où sévissent les incendies. » L’objectif étant d’aider dans l’urgence, « mais aussi dans la durée » : « Une fois les incendies éteints, il faudra encore aider les familles à se reconstruire et à effectuer leurs démarches, soutenir les personnes isolées et permettre aux acteurs locaux de reprendre leur activité. » Même démarche du côté de la Croix-Rouge, de la Fondation de France avec son appel « Solidarité canicule, incendies », ou encore la Fondation du patrimoine, avec son appel aux dons visant à « sauver les forêts françaises ». À l’initiative de Renaud Muselier, président de la région PACA, une cagnotte a aussi été ouverte sur la plateforme On participe à destination des sapeurs-pompiers et de leurs familles. Plus de 107 000 euros ont pour l’heure été récoltés, en l’espace de cinq jours. « Tous les dons de cette cagnotte seront reversés à L’œuvre des pupilles orphelins qui accompagne déjà plus de 1 700 orphelins de sapeurs-pompiers décédés en service », est-il précisé sur le site.
This is a summary. Read the full article at the original source.
Read full article at parismatch
