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« Je suis noir et plusieurs locations Airbnb n’ont pas été acceptées »... Le racisme est là même en vacances

« Je suis noir et plusieurs locations Airbnb n’ont pas été acceptées »... Le racisme est là même en vacances

Discrimination - Plages privées, boîtes de nuit, locations Airbnb, aéroports... Une étude de SOS Racisme et des témoignages montrent que le racisme ne prend jamais de pause, même l’été

C’est triste, mais les discriminations trouvent souvent une place dans la valise, comme le confirme une étude menée par SOS Racisme sur les lieux de loisirs de l’été et partagée ce mardi. Dans cette nouvelle opération de « testing », l’association a envoyé des personnes considérées comme noires ou maghrébines dans des plages privées et des boîtes de nuit à Montpellier, Marseille, et Nice. Résultat : dans un tiers des cas, il y a une différence de traitement par rapport aux personnes perçues comme blanche. Malheureusement, ce racisme n’a rien de nouveau. Parmi nos lectrices et lecteurs, Junette, 67 ans, se souvient d’un commentaire déplacé. « Nous avions loué par téléphone un appartement près de Pornic, raconte-t-elle. Quand la femme m’a vu arriver, elle a changé de couleur ! Je suis métisse et elle ne pouvait pas le savoir car je n’ai pas d’accent. Elle s’est dit : "Comment je vais récupérer mon logement, dans quel état ?" Je pense qu’à la fin du séjour, elle a été rassurée. C’était il y a vingt-sept ans ! » « Rien n’y fait » : le calvaire des locations Ismael a aussi eu de mauvaises expériences avec son logement. « Je suis noir et plusieurs locations sur Airbnb n’ont pas été acceptées, confie-t-il. Mais quand je mets une photo avec ma meilleure amie blanche, en faisant croire qu’on est en couple, les locations sont acceptées. J’ai été hôte et locataire, j’ai des supers avis, mais rien n’y fait. Et c’est de pire en pire. » Le problème est qu’il est souvent difficile pour les victimes de prouver la motivation raciste. Ce qui n’empêche pas les remarques et les gestes déplacés d’entacher le voyage. « Soirée gâchée à Nice, décrit Kyna, 37 ans. Nous étions un groupe avec des amis tunisiens et l’entrée [d’une boîte] nous a été refusée sous prétexte que les chaussures des garçons n’étaient pas conformes. Quelques minutes plus tard, un autre groupe est entré avec les mêmes chaussures, sans aucun problème. À ce moment-là, nous avons eu le sentiment que la véritable raison n’était pas les chaussures, mais nos origines. » Un racisme totalement décomplexé Parfois, le racisme est carrément explicite. « Non, pas de place pour les gens comme vous [les gens du voyage], on en a marre », s’est par exemple entendu dire Steve lors d’un séjour à Fréjus, à l’entrée d’une plage privée. « Mais bon, on est habitués », se résigne-t-il. « J’ai des origines asiatiques et africaines, raconte de son côté Diane, 30 ans. Je me suis mise dans la file d’enregistrement pour un vol de Malaga vers Paris. Puis une seconde queue s’est ouverte : j’ai suivi le mouvement. Et une personne d’un certain âge m’a pointé du doigt en disant : "La noire a dépassé tout le monde" et "Reviens à ta place, derrière." » Comment réagir face à ça ? « Les Canadiens derrière moi m’ont conseillé de l’ignorer. Mais je me sentais honteuse et j’en ai pleuré dans la queue. »

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