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L’affaire de Suez, quand Londres et Paris ont cessé d’être des grandes puissances

L’affaire de Suez, quand Londres et Paris ont cessé d’être des grandes puissances

En 1956, ce n’est pas le détroit d’Ormuz qui se trouvait au cœur d’une crise internationale, mais un autre axe stratégique : le canal de Suez. L’Égypte célèbre dimanche 26 juillet le 70e anniversaire de sa nationalisation par le président Nasser. En tentant d’annuler sa décision par la force, Français et Britanniques s’étaient heurtés aux Américains et aux Soviétiques. Et ils avaient dû plier.

À la fin de l’été 1956, tandis que l’influence impériale britannique se contracte lentement, le canal de Suez occupe toujours une place à part dans l’esprit des politiques de Whitehall [le siège du gouvernement britannique]. Une grande partie de l’ancienne structure impériale s’est déjà écroulée. Il en reste un système flou de bases, d’accords, de droits de transit et d’arrangements diplomatiques. Le 26 juillet, quand le colonel Gamal Abdel Nasser, le dirigeant égyptien, proclame la nationalisation du canal, il fait du même coup voler en éclats l’illusion que cette voie navigable stratégique appartient encore à l’empire. À Londres, l’annonce suscite autant d’irritation que de surprise, on a le sentiment que Nasser a franchi les limites traditionnelles de la bienséance internationale. Aux yeux du Premier ministre, Anthony Eden, le canal est l’une des ultimes incarnations de la puissance britannique dans un monde de plus en plus américain. La crise naissante oblige le Royaume-Uni à se poser une question qu’il a pour l’essentiel réussi à ignorer depuis 1945 : qu’adviendrait-il de la politique étrangère britannique si l’un de ses intérêts nationaux était confronté à des priorités américaines qui en faisaient fi ? La relation anglo-américaine qu’Eden estime familière est née dans les Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale. Dès 2,99 €/mois Sans engagement • Résiliable en lignePourquoi la crise du canal de Suez est “une grave menace pour le commerce mondial” Canal de Suez : bien qu’outrée, l’Égypte cédera-t-elle aux exigences de Donald Trump ? La leçon du blocage d’Ormuz : l’autonomie géopolitique dépend de l’autonomie énergétique Ce pure player, créé en 2020, se veut un espace de réflexion sur des sujets historiques, culturels et géopolitique. Il propose des long formats, des portraits et des chroniques rédigés par des journalistes et des spécialistes. Entièrement gratuit, il est financé par une fondation privée suédoise reconnue d’utilité publique, dont la mission est d’encourager la recherche universitaire.

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