L'assurance-vie n'a jamais été aussi populaire en 20 ans : ce qu'il faut savoir sur ce produit d'épargne à long terme

Les Français ont plébiscité l'assurance-vie sur les six premiers mois de l'année, en raison du rendement moins intéressant du Livret A. Un surplus de 36 milliards d'euros a été déposé, du jamais-vu depuis vingt ans, a annoncé jeudi France Assureurs. Voici ce qu'il faut savoir sur ce produit d'épargne à long terme.
Le Livret A boudé, l'assurance-vie bondit. Au premier semestre 2026, les épargnants français ont plébiscité les assurances-vie, y déposant 36,5 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré : du jamais-vu depuis vingt ans, a annoncé jeudi 30 juillet la fédération France Assureurs. Cette "collecte nette" semestrielle est supérieure de 8,9 milliards d'euros à celle de 2025 sur les six premiers mois de l'année, portant les cotisations en assurance-vie à un chiffre record de 19,3 milliards d'euros sur le mois de juin 2026. TF1info vous explique ce qu'il faut savoir avant d'ouvrir ce produit d'épargne à long terme. Quel type de contrat ? Si l'assurance-vie est tant plébiscitée par une diversité de profils qui n'étonne pas les conseillers en gestion, c'est parce qu'elle répond à de nombreux objectifs : elle permet de faire fructifier un peu d'épargne, de disposer d'un complément de revenu, de capitaliser pour bonifier sa retraite ou encore de transmettre son capital à des proches. Et c'est aussi un produit d'épargne facile à ouvrir, y compris par des tiers, et se divise en deux types de contrats. Il y a d'abord les contrats dits "monosupports", investis dans un fonds en euros et dont le capital est garanti à tout moment, mais dont le rendement est généralement faible. Il est aussi possible de souscrire un contrat "multisupport", où les versements sont répartis, selon votre choix, entre les fonds en euros ne présentant aucun risque (par exemple des obligations d'État ou d'entreprises) et des unités de compte (UC). Il s'agit de produits liés à la Bourse (obligations, actions, FCP, Sicav, immobilier), qui sont donc plus risqués (susceptibles d'entraîner une perte de capital), mais qui peuvent aussi se révéler plus rémunérateurs, explique précisément le site economie.gouv.fr. Tout dépend donc de votre profil d'investisseur et de votre acceptation du risque qu'il faut définir avec le banquier ou l'assureur chez qui vous souscrivez le contrat. Quels avantages ? Si l'assurance-vie permet de constituer un capital sur le long terme, elle est surtout très simple à gérer puisqu'elle peut être clôturée à tout moment et il est possible de souscrire autant de contrats que désiré, poursuit Bercy. Pour le capital déposé sur les fonds en euros, il reste toujours retirable après la souscription (en prenant en compte les frais de dossier, de gestion, de versements et d'arbitrage), quelles que soient les sommes. Les versements peuvent être, eux, effectués librement, sans limite de montant. Autre avantage non-négligeable, il est possible de garder la main en décidant du mode de gestion de l'épargne. Celle-ci peut être "libre" si vous avez une bonne connaissance du fonctionnement des marchés (avec des outils pour sécuriser les placements) ; "pilotée" ou "sous mandat" et tous les choix de placement sont alors confiés à un professionnel de la finance (qui suivra les risques que vous acceptez de prendre) ; ou bien "conseillée" pour bénéficier de préconisations de professionnels que vous êtes libre d'appliquer ou non. L'assurance-vie dispose enfin d'une fiscalité avantageuse, puisqu'un prélèvement forfaitaire unique s'applique sur les intérêts issus des versements effectués au moment de leur retrait. Quand celui-ci survient huit ans après son ouverture, le prélèvement forfaitaire s'élève à 24,7% (pour des sommes versées inférieures à 150.000 euros) ; il grimpe à 30% quand le retrait intervient plus tôt. Il existe également un abattement annuel de 4.600 euros (9.200 euros pour un couple marié) sur les gains générés si le contrat a moins de huit ans. Et en cas de succession ? Au moment du décès du souscripteur de l'assurance-vie, les sommes versées au bénéficiaire du contrat ne font pas partie de la succession du défunt, explique encore le site gouvernemental. Cette particularité permet d'avantager une ou des personnes (conjoint, enfants, petits-enfants ou proches sans lien de parenté) grâce à la clause bénéficiaire pour transmettre jusqu’à 152.500 euros par bénéficiaire sans avoir à régler de frais de succession. Si le bénéficiaire de votre contrat est votre conjoint ou partenaire de PACS, ou vos frères et sœurs (sous conditions), il ne sera redevable d'aucun droit de succession, même si vous avez alimenté votre contrat après 70 ans, affirme encore le ministère de l'Économie. Pour les autres bénéficiaires, le traitement fiscal de l'assurance-vie varie selon l’âge de l’assuré : pour les primes versées avant vos 70 ans, l’État prélève 20% dans la limite de 700.000 euros, puis 31,25% ; tandis qu'un abattement unique de 30.500 euros s’applique, quel que soit le nombre de bénéficiaires ou le montant, pour les sommes versées après 70 ans.
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