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Le Gabon face au défi du fichier social

Le Gabon face au défi du fichier social

Libreville, Mercredi 22 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Au Gabon, la refonte du fichier des Gabonais économiquement faibles s’impose désormais comme l’un des chantiers sociaux les plus stratégiques de la Ve République. Loin de constituer une simple opération statistique, le futur recensement ambitionne de reconstruire un registre national fiable capable d’identifier avec précision les ménages [...] Cet article Le Gabon face au défi du fichier social est apparu en premier sur INFOS GABON .

Le Gabon face au défi du fichier social Libreville, Mercredi 22 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Au Gabon, la refonte du fichier des Gabonais économiquement faibles s’impose désormais comme l’un des chantiers sociaux les plus stratégiques de la Ve République. Loin de constituer une simple opération statistique, le futur recensement ambitionne de reconstruire un registre national fiable capable d’identifier avec précision les ménages les plus vulnérables et de mieux orienter les politiques publiques. Cette nouvelle étape traduit une prise de conscience des autorités. Sans données sociales fiables, aucune politique de solidarité ne peut produire les résultats attendus. C’est dans cette perspective que le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé le 21 juillet à Libreville la réunion du comité interministériel chargé du deuxième Recensement général des Gabonais économiquement faibles. À l’issue de cette rencontre, les grandes orientations de l’opération ont été arrêtées. Les travaux de terrain débuteront en septembre 2026 avec une ambition clairement affichée. Doter le Gabon d’un fichier social exhaustif, actualisé et crédible. Sous la coordination de la Vice-présidence du gouvernement, plusieurs administrations sont mobilisées, notamment les ministères des Affaires sociales, de la Planification, du Budget et du Commerce. Les équipes travaillent actuellement à la finalisation des questionnaires, à l’adaptation du cadre réglementaire et au déploiement des outils techniques nécessaires à cette vaste opération. Les données issues du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) ainsi que celles de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) serviront de socle au futur dispositif afin de renforcer la fiabilité du ciblage des bénéficiaires. Reconstruire un fichier devenu insuffisant Cette nouvelle campagne intervient après les limites observées lors du précédent Recensement des Gabonais économiquement faibles, conduit entre le 14 août et le 30 septembre 2023. Initialement conçu pour couvrir l’ensemble du territoire national, le RGEF II avait dû être interrompu à la suite de l’arrêt du financement de la Banque mondiale à la fin du mois d’octobre 2023. L’opération s’était finalement limitée à la seule province de l’Estuaire où 153 agents avaient enrôlé 52 576 personnes. Mais seules 23 005 d’entre elles avaient bénéficié des visites à domicile indispensables à la validation complète des questionnaires. Plus de la moitié des personnes enregistrées n’avaient donc jamais intégré un fichier social pleinement exploitable, tandis que huit provinces restaient totalement en dehors du périmètre de l’enquête. Pour Hermann Immongault, ce nouveau recensement répond précisément à cette insuffisance. L’objectif consiste à actualiser les données existantes, corriger les erreurs d’inclusion comme les exclusions injustifiées et construire un registre national capable d’orienter les aides publiques vers les ménages qui en ont véritablement besoin. Les chiffres disponibles illustrent l’ampleur du défi. Une étude du cabinet McKinsey estime à près de 95 000 le nombre de foyers économiquement faibles au Gabon, soit environ 30% de la population vivant avec des revenus mensuels inférieurs à 80 000 francs CFA. Au regard de cette estimation, le précédent recensement apparaît largement en deçà de la réalité sociale du pays. Au-delà du recensement, un enjeu de gouvernance sociale Le futur fichier social s’appuiera sur les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat dont les conclusions provisoires ont été remises à la présidence de la République au début du mois de juillet avec un taux de couverture annoncé de 97%. Si cette performance constitue une avancée importante pour la connaissance démographique du pays, elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier la situation économique réelle des ménages. Compter la population ne revient pas à mesurer sa vulnérabilité. Seul un recensement spécifiquement consacré aux Gabonais économiquement faibles (GEF) permet d’évaluer les revenus, les conditions de logement, le niveau de précarité, la composition des ménages et les difficultés d’accès aux services essentiels. C’est cette photographie sociale détaillée qui permettra d’améliorer le ciblage des dispositifs de protection sociale. L’annonce intervient dans un contexte où plusieurs signaux ont mis en évidence les fragilités du système. Les observations formulées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les défis du secteur sanitaire, les alertes publiques de Franck Nguema concernant les difficultés rencontrées par la CNAMGS ainsi que les tensions observées entre certaines pharmacies et la caisse d’assurance maladie ont rappelé combien la qualité des données sociales conditionne l’efficacité des politiques publiques. Sans établir de lien direct entre ces différentes situations, les autorités entendent disposer d’une base de données plus robuste avant d’engager les prochaines réformes sociales. Le fondement d’une politique publique plus juste Le véritable enjeu dépasse donc largement le simple lancement d’une nouvelle enquête nationale. Il s’agit de reconstruire un instrument stratégique sur lequel reposeront les futurs mécanismes de solidarité, les programmes d’assistance sociale, les politiques de santé et l’allocation des ressources publiques. La réussite de cette opération dépendra autant de la mobilisation des moyens humains et financiers que de la qualité des informations recueillies sur le terrain. Un fichier incomplet continuerait d’alimenter les erreurs de ciblage et les inégalités d’accès aux dispositifs sociaux. À l’inverse, un registre national fiable offrirait au Gabon un outil moderne de gouvernance sociale, capable de rationaliser les dépenses publiques tout en garantissant que les aides de l’État bénéficient effectivement aux populations qui en ont le plus besoin. Dans une période où la justice sociale est appelée à devenir l’un des marqueurs de l’action publique, la reconstruction du fichier des Gabonais économiquement faibles apparaît moins comme un exercice administratif que comme le socle indispensable d’une politique sociale plus équitable, plus efficace et durable. FIN/INFOSGABON/SO/2026 Copyright Infos Gabon LIRE AUSSI Gabon : Zita Oligui Nguema veut faire de la lutte contre les addictions une priorité nationale

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