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Les membres européens menacent de boycotter les Coupes du monde

Les membres européens menacent de boycotter les Coupes du monde

Les 55 fédérations de l’UEFA «rejettent unanimement et sans équivoque la proposition de la FIFA».

Les fédérations européennes, réunies au sein de l’UEFA, ont menacé jeudi « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la FIFA si celle-ci ne renonce à son projet dévoilé mardi de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. Le plan surprise de la FIFA Le projet de la FIFA, présenté mardi à la surprise générale, prévoit la création d’une société, la FIFA Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, commandites, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.). L’objectif : porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du soccer dans les quatre prochaines années. Des investisseurs privés pourront posséder des parts de la FFE, mais resteront minoritaires à hauteur d’environ 20 %, a promis l’instance, qui veut lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation de la future entreprise évaluée à 20 milliards de dollars. La FIFA assure qu’elle conservera le contrôle exclusif de cette société ainsi que « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du soccer, les compétitions, le calendrier, les décisions réglementaires... Si le projet voit le jour, chacune des 211 fédérations membres de la FIFA pourrait recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et verra passer sa dotation sur la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars. Boycottage des nations européennes, rejet de la CONCACAF Principale opposante au projet depuis mardi, l’UEFA a annoncé jeudi après une réunion d’urgence qu’« aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité », à un an de la Coupe du monde féminine au Brésil. Les 55 fédérations membres de la puissante confédération européenne « rejettent unanimement et sans équivoque la proposition de la FIFA ». L’UEFA critique aussi bien le processus — réalisé « en secret » — que le fond du projet : « Toute décision sur le calendrier international, le format des compétitions, et toute décision remodelant le futur du soccer ne serait plus conduite pour servir l’intérêt du foot mais celui des actionnaires ». Une déclaration qui semble viser la participation du fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump, alors qu’Infantino a régulièrement affiché sa proximité avec le président américain avant et pendant la Coupe du monde 2026. Sans aller jusqu’à une menace de boycottage, la CONCACAF, qui regroupe 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a elle « rejeté la proposition » dans un communiqué publié un peu plus tard dans la soirée à l’issue d’une réunion de ses membres. Faisant part de ses « vives inquiétudes » quant à « l’absence de procédure régulière » ainsi qu’au « délai artificiellement court imposé » par la FIFA, la CONCACAF s’interroge aussi sur la nécessité d’un tel projet après « la Coupe du monde la plus rentable de l’histoire », que coorganisaient trois de ses membres (États-Unis, Mexique et Canada) et qui s’est achevée le 19 juillet. Statement on behalf of Concacaf and its 41 Member Associations https://t.co/4ea96cuFCu 🔗 — Concacaf Media (@ConcacafMedia) July 30, 2026 De son côté, la Confédération asiatique (AFC) a regretté que ce projet ait été rendu public sans que ses membres n’aient été consultés auparavant tandis que la Confédération africaine de soccer (CAF) s’est montrée moins critique, appelant ses associations membres à « examiner » et à « évaluer » le projet. « Une occasion en or » Mercredi, le président de la FIFA Gianni Infantino a défendu son projet, y voyant « une occasion en or de dynamiser le développement du sport à l’échelle mondiale », et estimant qu « une part trop faible de la valeur commerciale croissante du soccer revient aux acteurs de ce sport qui en ont le plus besoin ». « C’est une opportunité, mais pas une obligation », a-t-il déclaré dans une vidéo mise en ligne sur le site de la FIFA. Selon lui, ce projet constitue une « étape logique » de l’évolution de la FIFA et permettra de renforcer le développement du soccer « aux quatre coins du monde, tant pour le soccer masculin que féminin ». « Une part plus importante des recettes reversée aux fédérations membres signifie davantage d’investissements dans de meilleurs terrains, des équipes nationales plus performantes et davantage de parcours pour les jeunes filles et les jeunes garçons partout dans le monde », a assuré Infantino. Un calendrier très court La FIFA explique qu’elle ne lancera ce projet « que si la majorité des associations membres décide de le soutenir, et que si le Conseil de la FIFA approuve les mises à jour règlementaires » qu’il nécessiterait pour créer la FFE. La date à laquelle se prononcerait le Conseil de la FIFA, le principal organe décisionnel de l’instance, n’est pas encore connue, mais les fédérations ont elles jusqu’au 19 septembre — « un ultimatum » et de la « gouvernance par la peur », dénonce l’UEFA — pour se prononcer, selon une lettre du président de la FIFA aux 211 fédérations révélée par plusieurs médias. D’après Sky News, qui a consulté un document de présentation de la FIFA, le projet est déjà bien avancé, avec des investisseurs prêts à transférer les fonds à hauteur de 4,2 milliards de dollars dès le mois d’octobre. Ce calendrier très court s’explique aussi par les échéances électorales à venir pour Gianni Infantino, en course pour sa réélection au mois de mars 2027. Un scrutin dont il est pour l’instant le seul candidat déclaré.

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