Les négociations entre l’Iran et les É.-U. progressent

Les médiateurs ont réalisé des progrès dans leurs efforts visant à ramener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations et à éviter une guerre totale au Moyen-Orient, ont déclaré lundi deux responsables régionaux, alors qu’une accalmie s’est installée après une période de tensions qui n’avaient cessé de s’intensifier.
Ces déclarations interviennent alors que ni les États-Unis ni l’Iran n’ont signalé avoir mené d’attaques pendant trois jours consécutifs — un répit après environ deux semaines de bombardements incessants qui avaient fait craindre un retour à une guerre totale. Les deux responsables régionaux, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat pour évoquer ces pourparlers régionaux sensibles, ont indiqué que les médiateurs, sous l’égide du Qatar et du Pakistan, s’efforçaient de combler le fossé entre Washington et Téhéran afin de revenir à un accord de cessez-le-feu provisoire qui avait été largement discrédité par les récents échanges de tirs. Aucune frappe durant le week-end Les États-Unis ont suspendu leurs attaques après avoir pris pour cible des zones côtières et des infrastructures iraniennes au cours d’une escalade de près de deux semaines déclenchée par les tirs iraniens contre des navires tentant de transiter par le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour les livraisons mondiales de pétrole. Le Pentagone n’a pas répondu aux questions de l’Associated Press. Le président américain, Donald Trump, «laisse un peu de marge aux négociations. Il leur accorde un peu de répit», a affirmé Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, à Fox News. «Oman et l’Iran, ainsi qu’un certain nombre de nos autres négociateurs, se sont engagés à tous les niveaux, depuis les plus hautes instances jusqu’au niveau technique, au cours des dernières semaines, et en particulier ces derniers jours.» M. Waltz a nié que les stocks américains de missiles intercepteurs, essentiels pour se défendre contre les attaques iraniennes, seraient en voie de s’épuiser. Cependant, des experts se sont interrogés sur la durée pendant laquelle les États-Unis et l’Iran pourraient se permettre de poursuivre leurs attaques. Depuis que les États-Unis ont suspendu leurs attaques, ces deux dernières nuits, l’Iran a fait de même, a annoncé dimanche le porte-parole de l’armée iranienne à la télévision publique. Ces derniers jours, Téhéran a lancé des contre-attaques contre des pays de la région accueillant des forces militaires américaines, tuant au moins trois militaires dans une base en Jordanie et un en Irak. Des responsables témoignent de progrès L’un des responsables régionaux qui s’est entretenu avec l’AP lundi a qualifié de «significatifs» les progrès réalisés dans les efforts de médiation. Il a indiqué que les médiateurs travaillaient avec l’Iran et Oman sur un mécanisme de gestion du transit des navires dans le détroit d’Ormuz, qui a été à l’origine de la dernière série de frappes et de ripostes entre l’Iran et les États-Unis. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a expliqué lundi lors d’une conférence de presse à Téhéran que les médiateurs transmettaient des messages, mais qu’aucune négociation directe n’était en cours avec les États-Unis. «Les médiateurs peuvent nous transmettre des messages de la part des États-Unis concernant l’évolution de la situation dans la région. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons aucune négociation avec la partie américaine», a soutenu M. Baghaei. Il a précisé que plusieurs cycles de pourparlers avaient déjà eu lieu vendredi et samedi entre l’Iran et Oman, situé de l’autre côté du détroit d’Ormuz, sur la manière de gérer le trafic maritime dans cette voie navigable. «L’objectif est que l’Iran et Oman, en tant que deux États riverains, mettent en place des mécanismes visant à garantir une navigation sûre dans le détroit d’Ormuz, tout en respectant les droits souverains et la souveraineté des deux États riverains, ainsi que la sécurité et les intérêts nationaux de l’Iran», a résumé M. Baghaei. Il a toutefois souligné que «la situation dans le détroit d’Ormuz n’a pas changé» et que la voie navigable reste fermée. Téhéran a affirmé que l’accord provisoire conclu avec les États-Unis lui permettait, pour l’instant, de gérer le trafic maritime sur cette voie navigable, et s’est opposé aux efforts américains visant à promouvoir un itinéraire passant par le détroit, mais plus proche d’Oman. Avant la guerre, le détroit était considéré comme une voie navigable internationale. L’armée américaine a affirmé samedi que le blocus naval qu’elle venait de réimposer à l’Iran se poursuivait, une douzaine de navires commerciaux ayant été déroutés, deux mis hors d’état de naviguer et deux arraisonnés. Les forces américaines «restent extrêmement vigilantes, concentrées, redoutables et prêtes à intervenir», a-t-elle ajouté. La période de 60 jours qui a débuté lors de la signature de l’accord provisoire par les deux pays à la mi-juin en est désormais bien avancée dans sa seconde moitié, et les questions majeures qui devaient faire l’objet de négociations — notamment le programme nucléaire iranien, au cœur des tensions — restent mises de côté, tandis que les médiateurs s’efforcent de maintenir le dialogue entre les deux parties. Réduction du trafic dans le détroit Les inquiétudes persistent concernant le trafic maritime dans le détroit, mais aussi désormais dans une autre voie navigable cruciale de la région, le détroit de Bab al-Mandeb menant à la mer Rouge. La semaine dernière, les rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen ont menacé de bloquer le trafic maritime saoudien dans cette zone et ont tiré sur au moins un pétrolier saoudien, le mettant en feu. L’approvisionnement énergétique mondial et l’économie restent dans l’incertitude alors que les prix de l’essence ont de nouveau augmenté. Le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz a atteint son plus bas niveau depuis trois semaines, a déclaré dimanche un organisme maritime supervisé par la marine américaine, ajoutant qu’aucune nouvelle attaque n’avait été confirmée au cours des 72 dernières heures. Il a précisé que le trafic restait stable dans le détroit de Bab el-Mandeb. Nétanyahou soutient «pleinement» les efforts de Trump Par ailleurs, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, prévoit de se rendre aux États-Unis et de rencontrer M. Trump à Washington mardi, a indiqué son cabinet. Leur dernière rencontre à Washington remonte au mois de février, quelques semaines avant qu’ils ne déclenchent la guerre contre l’Iran, qui a coûté la vie à des dirigeants de haut rang, dont le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a tiré sur Israël deux jours après le début de la guerre, et Israël a riposté par des frappes aériennes et l’envoi de forces terrestres dans le sud du Liban. Depuis lors, les États-Unis ont soutenu des pourparlers directs historiques entre le Liban et Israël afin de tenter d’apaiser ce front et de trouver un moyen de désarmer le Hezbollah.
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