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Marie-Hélène Lafon, écrivaine de la fin du monde paysan : « J’ai averti que ce nouveau livre était inflammable, mes proches ont compris »

Marie-Hélène Lafon, écrivaine de la fin du monde paysan : « J’ai averti que ce nouveau livre était inflammable, mes proches ont compris »

« Un écrivain dans la famille » (2/6). Depuis presque trente ans, Marie-Hélène Lafon a fait de son Cantal natal la matière de ses romans. Une écriture qui a atteint un paroxysme avec « Les Sources », en 2023, où elle se confronte à la douloureuse histoire de ses parents.

Marie-Hélène Lafon a accepté de revisiter la vallée de la Santoire, un peu tendue par cette remontée dans le temps. Dans ce tout petit périmètre autour de Saint-Saturnin, dans le Cantal, s’est écrite sa « grammaire originelle », entre puys d’Auvergne enneigés, vaches salers et effluves de saint-nectaire. Elle y a grandi dans une ferme, univers clos, cerné par la rivière Santoire, « au-delà, c’était le monde des autres ». Née en 1962, arrivée à Paris après son bac, agrégée de grammaire, thésarde, professeure de collège pendant plus de quarante ans dans la capitale, elle écrit depuis toujours sur ce haut pays, dont elle n’est jamais vraiment partie. Pendant la visite en voiture, un jour frisquet de juin, ses souvenirs, plus agricoles que bucoliques, se bousculent : « On râtelait pour la fenaison de juin et le regain en août... J’ai fané toute mon enfance, tous les étés. Dès 9, 10 ans, tous les enfants travaillaient dans les fermes, pas de vacances, jamais. On nous envoyait garder les vaches. » Au détour d’une route paraît une bâtisse en pierre de lave grise, posée dans une prairie vert fluo et cernée par les ondulations de la Santoire. C’est la ferme de son enfance, Les Gravières, vendue depuis quelques années. Marie-Hélène Lafon ne s’en approche pas, « trop incandescent ». De loin, elle désigne son ancienne chambre, à l’étage côté rivière, le poulailler, l’étable, l’arbre immense de la cour. Rien n’a changé en soixante ans, elle connaît chaque piquet de clôture, chaque pavé de la cour. Dans ses livres, les lieux et les objets disent la fin du monde rural, thème obsessionnel chez elle, le monde de sa famille. Il vous reste 91.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

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