ONU : la CIRGL insiste sur la nécessité de transformer les ressources naturelles des Grands Lacs en leviers de paix et de développement

ONU : la CIRGL insiste sur la nécessité de transformer les ressources naturelles des Grands Lacs en leviers de paix et de développement Image media Patient dim 19/07/2026 - 10:05 Sécurité Le Conseil de sécurité des Nations Unies, sous la présidence de la République démocratique du Congo a tenu, au format Arria, une réunion consacrée à « l'évaluation du déficit normatif en matière de ressources nat En savoir plus sur ONU : la CIRGL insiste sur la nécessité de transformer les ressources naturelles des Grands Lacs en leviers de paix et de développement
Le Conseil de sécurité des Nations Unies, sous la présidence de la République démocratique du Congo a tenu, au format Arria, une réunion consacrée à « l'évaluation du déficit normatif en matière de ressources naturelles et de paix : fondements et perspectives ». Présidée par la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, cette rencontre a réuni plusieurs responsables régionaux et internationaux autour des enjeux liés à l'exploitation des ressources naturelles dans les zones de conflit. Intervenant à cette occasion, le Secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Dr Mubita Luwabelwa, a insisté sur la nécessité d'aller au-delà des textes pour faire des ressources naturelles un levier de paix plutôt qu'un facteur d'instabilité. « Nous voulons ici combler une lacune normative, mais soyons francs : lorsque nous évaluons la situation, nous constatons qu'il ne s'agit pas d'une simple question abstraite. C'est une question morale. C'est une question qui recoupe les minerais que nous exploitons et les droits humains ; ce sont les richesses du sous-sol face à la pauvreté du terrain. Nous ne pouvons pas combler cette lacune sans évoquer les raisons de cette situation », a-t-il déclaré le 13 juillet dernier. Le responsable de la CIRGL est revenu sur les origines de la coopération régionale en matière de gouvernance des ressources naturelles, rappelant qu'à la suite du génocide au Rwanda et des guerres qui ont ravagé la République démocratique du Congo, les États de la région ont décidé de mettre en place un cadre juridiquement contraignant. « Cette réflexion a conduit à la signature, le 15 décembre 2006 à Nairobi, du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. Ce Pacte, accompagné de dix protocoles, a donné naissance à la CIRGL, premier cadre juridiquement contraignant consacré aux questions de stabilité et de développement dans notre région », a rappelé Dr Mubita Luwabelwa. Il a également souligné qu'en 2010, les chefs d'État de la région ont renforcé cet engagement en lançant l'Initiative régionale contre l'exploitation illicite des ressources naturelles. Selon le Secrétaire exécutif de la CIRGL, les quinze dernières années ont démontré que la coopération régionale pouvait produire des résultats tangibles. « Les chefs d'État ont affirmé que les conflits liés à l'exploitation des minerais constituaient une ligne rouge pour nous. N'oublions jamais les enseignements que nous pouvons tirer de cette situation. Nous avons mis en place un cadre qui a permis d'améliorer la gestion des ressources naturelles dans la région des Grands Lacs, mais beaucoup reste encore à accomplir. Nous devons pouvoir compter sur une volonté politique constante au plus haut niveau », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la Déclaration de Lusaka a permis d'établir clairement le lien entre les ressources naturelles et les conflits, avant de saluer les mécanismes développés avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en s'appuyant sur ses lignes directrices et sur les principes des Nations Unies relatifs aux droits humains. Le Dr Mubita Luwabelwa a également mis en avant les partenariats entre la CIRGL, l'OCDE et le Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC, qui se réunissent chaque année pour améliorer la gouvernance des ressources naturelles. Évoquant les enseignements tirés de cette expérience, le responsable de la CIRGL a souligné l'importance de la traçabilité. « Nous avons appris que la traçabilité est possible, mais qu'elle ne fonctionne que lorsqu'elle est simple, crédible et harmonisée. Nous avons également compris que les entreprises minières ne constituent pas le problème ; elles font partie de la solution. Nous avons aussi compris que nous avons besoin d'un appui international durable », a-t-il expliqué. Présentant le mécanisme régional de certification de la CIRGL, il a indiqué que celui-ci repose sur quatre piliers : les inspections des sites miniers, la chaîne de contrôle jusqu'aux frontières, les audits indépendants et une base de données régionale garantissant la traçabilité des minerais. Selon lui, ce système est aujourd'hui appliqué au Burundi, en République démocratique du Congo, en République-Unie de Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda. Trois nouveaux pays: la République du Congo, la République centrafricaine et la Zambie préparent désormais leur adhésion. « En République démocratique du Congo, plus de 30 000 certificats ont déjà été émis. Ce mécanisme a permis de certifier d'importants volumes de tungstène, d'étain, de tantale et d'autres minerais. Ces chaînes d'approvisionnement constituent aujourd'hui le moyen de subsistance de milliers de mineurs artisanaux et de leurs familles », a précisé le Secrétaire exécutif. Malgré ces avancées, Dr Mubita Luwabelwa a reconnu que plusieurs obstacles demeurent, notamment la multiplication des mécanismes de contrôle. « Certains mécanismes, pourtant créés avec de bonnes intentions, se révèlent complexes. Des entreprises et des mineurs situés dans des régions isolées doivent satisfaire à une multitude de procédures administratives. Force est de constater que cette situation est non seulement inefficace, mais également injuste », a-t-il regretté. La République démocratique du Congo poursuit ainsi les activités prévues dans le cadre de sa présidence du Conseil de sécurité. Cette réunion sur les ressources naturelles fait suite au briefing du Conseil consacré aux violences sexuelles liées aux conflits, tenu le 8 juillet sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Cette séquence diplomatique s'inscrit dans la continuité des priorités fixées par la présidence congolaise. Le briefing avait notamment mis en lumière le coût humain des économies de guerre, ainsi que la nécessité de renforcer la prévention, la protection des survivantes, la lutte contre l'impunité et les mécanismes de réparation. Clément MUAMBA
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