Plus de 40 crêperies à Saint-Malo Intra-Muros : les restaurateurs divisés

On compte plus de 40 crêperies à Saint-Malo Intra-Muros. 4 nouveaux établissements ont ouvert cette année. Cette forte concentration inquiète certains restaurateurs, d'autres
Plus de 40 crêperies à Saint-Malo Intra-Muros ! Si Paris détient le record, avec près de 200 établissements, dont une petite trentaine dans le 14e arrondissement, d’autres villes comme Quimper, Nantes et Rennes dépassent les trente crêperies.Dans les faits, Saint-Malo Intra-Muros se différencie par sa concentration. C’est peut-être le quartier où l’on en trouve le plus en France. Pas besoin d’un GPS. Empruntez la porte Saint-Vincent et elles s’offrent à vous des deux côtés.Par-dessus le marché, quatre nouvelles crêperies ont ouvert cette année dans la vieille ville. « C’est catastrophique. Je ne sais pas comment on va faire », lâche un restaurateur. « Ça commence à faire beaucoup, il faudrait que ça s’arrête », poursuit un autre gérant qui souhaite rester anonyme. À lire aussi Vos bonnes adresses de restaurants : quelles sont vos crêperies préférées à Saint-Malo ? Une crêperie pour 40 habitantsAu final, on compte environ une crêperie pour 40 habitants (sur la base d’une population de 1 200 personnes). « Ce n’est plus la rue de la Soif, mais la rue des crêperies », ironise un serveur.Les locaux font travailler les restaurateurs l’hiver. Quand les beaux jours arrivent, ce sont les touristes qui font grimper le chiffre d’affaires des crêperies.« On ouvre pour que cela soit rentable. Nous sommes des chefs d’entreprise », précise Eric Esnault, gérant de deux établissements, Grand Mère Augustine et Tourne Pierre, rue Jacques-Cartier. On ne devient pour autant pas forcément riche en ouvrant une crêperie, même si le coût de revient d’une galette est moindre. Car il faut à cela ajouter le coût du personnel et du gaz qui a augmenté. « On ne tire pas la langue, mais il faut avoir une gestion de bon père de famille », estime Eric Esnault.Un emplacementGuylène Pinson a repris il y a quelques mois la Duchesse Anne, à côté de la porte Saint-Vincent. Ce restaurant, distingué d’une étoile pendant longtemps, a été une adresse incontournable à Intra-Muros.Depuis plusieurs années, c’est devenu une crêperie. La nouvelle gérante a surtout « repris un emplacement », précise celle qui a tenu pendant 14 ans le restaurant du Chien du Guet, porte Saint-Pierre, à côté de la plage de Bon Secours.« C’est une histoire d’offre et de demande », abonde un ancien gérant de crêperie. « Les touristes veulent manger des galettes. C’est ancré localement et la galette reste plutôt bon marché. C’est un combo gagnant dans une ville touristique. »« Il faudrait que ça s’arrête »Chez Chantal, est la plus vieille crêperie d’intra-Muros. Elle existe depuis 1955. Son gérant a repris l’affaire depuis deux ans et sent une baisse de l’activité. « C’est général avec notamment la hausse des carburants. »« On récolte ce que l’on sème »La forte concurrence inquiète aussi avec ces nouvelles ouvertures. « On ne fait pas une bonne année pour l’instant. Je suis passé à côté des vacances d’avril. Cela n’arrive jamais », assure Eric Esnault. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse d’activité mais comme il y a plus de crêperies, la part du gâteau est moins grosse...Cette concurrence peut aussi « servir à s’améliorer », explique Eric Esnault. « Si tu fais mal les choses, les clients ne reviendront pas vers toi. On récolte ce que l’on sème. Les plus fragiles disparaîtront », explique celui qui travaille depuis plus de 20 ans à Saint-Malo intra-Muros et a été formé par la famille Hector.Des concepts innovantsFace à une forte concurrence, chacun tente de se démarquer. « Ce qui m’incombe c’est la qualité », assure le gérant de la plus vieille crêperie malouine. Lors de ses voyages, Eric Esnault n’hésite pas à manger dans des crêperies à Londres ou à Paris pour s’inspirer de ce qui se fait de bien. « J’essaie d’avoir des idées. Ça bouge tout le temps, il faut se nourrir de ce qu’il se fait ailleurs. »La Duchesse Anne se positionne sur une « une crêpe gastronomique » et met l’accent sur le service avec notamment « des serviettes en tissu ».Dans les hauteurs d’Intra-Muros, le Columbus Café a disparu depuis fin février. C’est Le Comptoir de mamie bigoude qui le remplace au 3 rue de Vieille Boucherie. Son gérant, Christophe Simonnot, a été conquis par le concept de cette franchise qui surfe sur le côté « instagrammable » du restaurant.Le client peut ainsi photographier la déco vintage du lieu. « Je n’aurais jamais ouvert une crêperie à Saint-Malo sans ce concept », confie le patron de la franchise dont le siège est basé à Blois (Loir-et-Cher).Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.
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