REPORTAGE. "C'est l'enfer du Nord" de Paris : à Montmartre, les habitués des pavés mesurent la difficulté pour les coureurs du Tour de France
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Depuis 2025, le Tour de France se frotte à la butte Montmartre. Les cyclistes doivent la gravir trois fois avant de conclure la Grande boucle. Un défi de taille, selon les membres du Montmartre Vélo Club.
Les trois semaines de Grande boucle s'achèvent par une ultime étape, rabotée en raison des incendies dans le sud de la France, où une partie des forces de sécurité et de secours ont été redéployées. Le parcours de la 21e étape du Tour de France est donc réduit à 89 km contre les 133 km initialement prévus. À lire aussi Tour de France 2026 : la revanche de Tadej Pogacar dans la butte Montmartre, les horaires, le parcours... La 21e et dernière étape (écourtée) en questions Après la présentation des équipes à Thoiry, les coureurs vont rejoindre directement en bus le circuit final à Paris où ils vont s'élancer depuis la ligne d'arrivée à 17h50. Le peloton effectuera deux tours supplémentaires des Champs-Élysées avant de rejoindre le circuit de Montmartre pour une arrivée programmée à 19h45.La butte de Montmartre est donc maintenue au programme. Comme l'année dernière, et lors des JO de Paris 2024, les coureurs vont devoir fournir un dernier effort avec le passage devenu mythique de la rue Lepic. Les membres du Montmartre Vélo Club ont dévoilé les secrets et les difficultés de cette rue qui mène au Sacré-Cœur."On est vraiment secoués"En bas de la Rue Lepic, à quelques pas du Moulin Rouge, Edouard Blanquart, secrétaire général du Montmartre Vélo Club, décrit "un début assez facile sur des pavés. Là, on voit bien. Ils sont très bien posés et très bien rangés. Ce n'est pas là que ça va faire mal, mais cela commence à monter quand même".Le cycliste connaît bien la célèbre rue aux pavés irréguliers. Un tronçon qu'il emprunte fréquemment et qui "est vraiment dur et pas agréable parce qu'on est vraiment secoué. C'est un tronçon pour coureur flandrien, c'est l'enfer du Nord ! Les pavés, ça ressemble un peu aux bosses sur le Tour des Flandres". À lire aussi "C'est peut-être mon dernier", confie Julian Alaphilippe, exténué après la 20e étape de son huitième Tour de France La rue Lepic, c'est 6% de pente en moyenne. Edouard Blanquart l'assure : c'est après le premier virage que les choses vont se compliquer pour les cyclistes, "au niveau du 55 rue Lepic, on change complètement de pavés. On arrive sur du gros pavé, il y a des trous un peu partout, il va commencer à faire vraiment mal. De toute façon, les attaques se font à partir d'ici. C'est là où les coureurs commencent à attaquer, parce que c'est là où ils sont tous un peu dans le rouge et c'est là où ils peuvent faire la différence".Il faut 3 à 4 minutes aux meilleurs coureurs pour grimper la rue Lepic. Un effort intense, à réaliser trois fois avant de terminer définitivement le Tour de France sur les Champs Élysées. Cette boucle a transformé la dernière étape. Avant, "c'était la parade. Et là, il y a beaucoup plus d'enjeux" poursuit le secrétaire général du Montmartre Vélo Club. "C'est devenu beaucoup moins une étape de sprinteurs. Donc c'est quelque chose qui a vraiment changé le profil" de l'étape."Il faut être devant parce que tout en haut, c'est là que ça va se jouer. Être le premier dans la descente et pouvoir accélérer, c'est ce qui fait la différence."Edouard Blanquart, secrétaire général du Montmartre Vélo Clubà franceinfoJean-Christophe Baille Cros est lui aussi membre du Montmartre Vélo Club. Ce passionné le rappelle : rue Lepic, dans ce décor de carte postal, les coureurs vont devoir composer le public. Une ferveur populaire comme nulle part ailleurs. "On est sur une configuration assez spécifique, avec les immeubles qui sont très proches, ça résonne et il y a une vraie ferveur. Un peu comme dans un stade où on peut avoir une ola. On entend la foule crier avant de voir les coureurs", explique-t-il.Il risque en effet d'y avoir encore du monde pour encourager notamment un Français en particulier : "Seixas bien sûr, Paulo" sourit Jean-Christophe Baille Cros.L'année dernière, près de 500 000 personnes se sont amassées dans les rues de la capitale pour acclamer les cyclistes du Tour de France, dont près de 180 000 dans celles de Montmartre, selon la mairie de Paris.
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