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REPORTAGE. "Le grand espoir du continent" : la Norvège se lance dans l'exploitation du plus grand gisement européen de terres rares

REPORTAGE. "Le grand espoir du continent" : la Norvège se lance dans l'exploitation du plus grand gisement européen de terres rares

Face à la concurrence américaine et chinoise, le gouvernement norvégien souhaite extraire de ses mines ces métaux rares, indispensables aux voitures électriques, aux éoliennes, aux smartphones ou encore aux équipements militaires.

Dans le Sud de la Norvège, au volant de sa vieille Volvo des années 1980, Tor Espen Simonsen, le responsable au niveau local de Rare Earths Norway, passe le panneau indiquant Fensfeltet pour se retrouver à l’intérieur d'un volcan. "Sous les roues de cette vieille Volvo 240 se trouve le plus grand gisement de terres rares d’Europe, présente le responsable. L'activité volcanique y a commencé il y a 580 millions d’années". À lire aussi Les terres rares du Groenland aiguisent l'appétit financier des milliardaires de la galaxie Trump Le gisement de Fensfeltet est désormais évalué à près de 16 millions de tonnes de terres rares ce qui en fait l’un des plus importants au monde. Il "représente le grand espoir du continent, à la fois pour réussir la transition écologique et pour garantir un avenir plus sûr, où nous ne dépendrons plus d'un seul pays", défend Tor Espen Simonsen. Les métaux rares sont indispensables aux voitures électriques, aux éoliennes, aux smartphones ou encore aux équipements militaires mais le marché est aujourd'hui largement dominé par la Chine. La compagnie minière norvégienne Rare Earths Norway compte toutefois bien partager le gâteau. Elle détient le permis d’extraction de Fensfeltet et espère lancer la production de terres rares au plus vite. Construire des mines "invisibles"Et sur site, les carottages s’enchaînent. Cinquante mètres sont forés tous les jours, explique le géologue Eirik Bache Stokmo. "Ici, montre-t-il, ce sont des carottes toutes fraîches, sorties de la terre il y a à peine cinq minutes. Et toutes les taches brunes, ce sont des minéralisations de terres rares. Ça a l’air prometteur".Pour Alf Reistad, le PDG de Rare Earths Norway, le temps presse : les restrictions chinoises de 2025 ont exposé la dépendance européenne. Surtout que "la Chine détient aujourd'hui un quasi-monopole sur leur fourniture à l'industrie européenne". "Avec notre projet, on pourrait répondre à 30 ou 40% de la demande du marché européen."Alf Reistad, le PDG de Rare Earths Norwayà franceinfo"Un mouvement citoyen s'est même formé à Ulefoss : 'MUGA, Make Ulefoss great again'", relate le PDG.Pas de production avant 2035L’objectif est de construire une "mine invisible", entièrement souterraine, avec une grande partie des résidus réinjectés pour limiter l’impact environnemental et permettre aux 600 habitants vivant au-dessus du gisement d’y rester. Pour être rentable face à la concurrence chinoise et américaine, le PDG mise sur l’aide financière de l’Union européenne. "L'investissement majeur nécessaire pour rendre une telle installation opérationnelle se chiffre entre 15 et 20 milliards de couronnes norvégiennes (Entre 1,3 milliard d’euros et 1,7 milliard d’euros)", précise Alf Reistad.L’État a repris le projet en main. À Oslo, le secrétaire d'État au ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Pêche, Vegard Grøslie Wennesland, se veut enthousiaste : "Nous allons désormais travailler aussi vite que possible. Il est important que ce dossier soit maintenant une priorité absolue pour le gouvernement". L’Union européenne, qui veut couvrir 10% de ses besoins en terres rares dès 2030, devra sans doute encore patienter car ce gisement ne devrait pas entrer en production avant 2035.

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