World·

«Sauvons Bambi» change d’échelle

«Sauvons Bambi» change d’échelle

Partie de deux passionnés sillonnant les prairies luxembourgeoises au printemps 2020, l’ASBL Sauvons Bambi Luxembourg devient progressivement une organisation structurée. «Nous n’avons eu de cesse d’améliorer notre approche», résume ce mercredi le président de Sauvons Bambi, Jacques Schroeder, lors d’une présentation de l’association organisée à Kahler. Formation certifiante des pilotes de drones, création d’une application ...

Partie de deux passionnés sillonnant les prairies luxembourgeoises au printemps 2020, l’ASBL Sauvons Bambi Luxembourg devient progressivement une organisation structurée. «Nous n’avons eu de cesse d’améliorer notre approche», résume ce mercredi le président de Sauvons Bambi, Jacques Schroeder, lors d’une présentation de l’association organisée à Kahler. Formation certifiante des pilotes de drones, création d’une application ou renforcement de partenariats : l’ASBL, qui sauve des faons des lames acérées des machines agricoles pendant la période de fauche, est en train de professionnaliser davantage ses interventions. Ce constat a été dressé dans la salle du cinéma Kinoler devant les bénévoles et un parterre d’invités qui, tour à tour, ont pris la parole : la ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, la bourgmestre de la commune de Garnich, Sonia Fischer-Fantini et Christophe Struck du Centre national de formation professionnelle continue (CNFPC). Mais ce n’est pas tout, puisque le vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg (FSHCL), Marc Reiter, et le président de la Chambre d’agriculture, Christian Hahn, y sont aussi allés de leur petit discours. Comme l’a indiqué Jacques Schroeder, l’association repose désormais sur quatre piliers : une méthodologie commune, des partenariats stratégiques, un réseau de bénévoles formés et un nombre croissant de bénéficiaires. Cette structuration s’est traduite par des résultats en hausse. Durant la saison de fauche 2026, l’association indique avoir mis en sécurité 351 faons au cours de 329 missions, après avoir survolé 4 961 hectares de prairies. Plus de 300 agriculteurs, chasseurs et particuliers ont fait appel à ses services à travers le pays. De néophyte à pilote de drone Pour mener à bien sa mission, Sauvons Bambi s’appuie sur seulement 14 pilotes certifiés. Quatorze pilotes pour 5 000 ha... «Certains jours, ce n’était pas facile parce que nous avons reçu vraiment beaucoup de demandes», reconnaît Jacques Schroeder. Si la saison s’est globalement bien déroulée, deux ou trois demandes n’ont malgré tout pas pu être honorées faute de pilote disponible, regrette Katty Leclere, vice-présidente de l’association. Face à cette pression croissante, Sauvons Bambi a noué cette année un partenariat avec le Luxembourg Drone Center du CNFPC et formé six nouveaux pilotes. Ils ont suivi un parcours comprenant une formation théorique, des modules consacrés au pilotage, à la préparation des missions, à la détection et à la mise en sécurité des animaux, avant un exercice pratique débouchant sur une certification. «Nous avons formé des gens qui n’avaient jamais vu un drone avant d’arriver chez nous et qui pilotent comme tous les autres aujourd’hui», indique Jacques Schroeder dans un sourire. Cette certification garantit des interventions réalisées «dans les règles de l’art» et assure également aux communes partenaires que le matériel mis à disposition sera utilisé «de façon efficace et sécurisée». Une app bien pratique L’association s’est également dotée cette année de BambiMap, une application adaptée à partir d’un outil utilisé en Belgique. Elle permet aux agriculteurs d’introduire leurs demandes de recherche, aux coordinateurs d’attribuer les missions et aux pilotes de drones d’accéder immédiatement aux plans de vol préparés en amont. Environ 2 000 plans de vol réutilisables ont déjà été constitués, tandis que chaque mission fait l’objet d’un rapport établissant des statistiques détaillées. Cette volonté de structurer les opérations répond aussi à une exigence de fiabilité. «Nos statistiques sont certifiées et vérifiables», insiste Jacques Schroeder. L’association ne considère d’ailleurs un faon comme sauvé que lorsqu’il est retrouvé avec sa mère quelques jours après la fauche. «On veut se professionnaliser parce qu’il y a beaucoup de gens qui font certaines choses... mal», souffle Katty Leclere, évoquant la multiplication des initiatives individuelles sans méthode commune. L’objectif affiché est désormais d’harmoniser les pratiques et d’encourager tous les acteurs de la détection à partager leurs informations en passant par BambiMap. Mais le principal défi reste toutefois humain et non technologique. Katty Leclere confie qu’il faudrait, dans l’idéal, «au minimum un pilote par commune» pour répondre à l’ensemble des demandes. L’association poursuit donc son recrutement de pilotes de drones. Comme Jerry (61 ans) qui en est à sa troisième saison. Il explique avoir ainsi combiné deux de ses passions, «la technique et la nature», et dit apprécier aussi les échanges avec les agriculteurs : «On apprend beaucoup sur leur vie, leur travail, leur quotidien.» Et il suffit d’avoir vu le court métrage sur un sauvetage de faons, réalisé par un membre de Sauvons Bambi et projeté au début de la présentation, pour mieux comprendre les paroles de Jacques Schroeder sur ce qui anime surtout les membres de l’association : «Ce qui reste intact depuis le premier jour (...), c’est l’émotion et le frisson que nous ressentons tous à chaque fois que nous découvrons un jeune animal dans les hautes herbes et que nous préservons sa vie.»

This is a summary. Read the full article at the original source.

Read full article at lequotidien_lu