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Sénégal : le service de la dette atteint 100% des recettes fiscales, un ratio bien plus élevé qu’au Japon

Sénégal : le service de la dette atteint 100% des recettes fiscales, un ratio bien plus élevé qu’au Japon
Source:senego

Malgré un ratio dette/PIB comparable à celui des États-Unis, le Sénégal consacre plus de 100% de ses recettes fiscales au remboursement de sa dette. Une analyse expose les raisons structurelles de cette vulnérabilité.

Pourquoi le Sénégal est-il sous pression financière alors que son ratio dette/PIB est proche de celui des États-Unis et très inférieur à celui du Japon ? La réponse se cache dans le poids du service de la dette, bien plus lourd que ce que laisse croire le simple niveau d’endettement. Dans une analyse publiée par Lactuacho, le Professeur Amath Ndiaye de la FASEG-UCAD rappelle qu’en 2024, la dette publique japonaise atteignait 237 % du PIB, contre 119 % pour l’administration centrale sénégalaise. Pourtant, le Japon ne consacre que 38 à 39 % de ses recettes fiscales au remboursement de sa dette, alors qu’au Sénégal, ce ratio dépasse 100 %. Les recettes fiscales de l’État ne suffiraient donc pas à honorer toutes les échéances annuelles. Ce paradoxe tient à plusieurs facteurs. Le Japon et les États-Unis empruntent dans leur propre monnaie, à des taux faibles et sur des maturités longues. Le Sénégal, lui, dépend de l’endettement extérieur : à fin 2024, sa dette extérieure atteignait 18 008 milliards de FCFA, soit près de 70 % de la dette publique consolidée. Libellée en francs CFA mais aussi en euros et en dollars, cette dette expose le pays au risque de change et à des conditions de refinancement plus coûteuses. Cette vulnérabilité s’est manifestée en novembre 2025, quand Standard & Poor’s a abaissé la note souveraine du Sénégal de B- à CCC+. En décembre 2025, la Banque mondiale révélait que 40 % de la dette publique était détenue par des créanciers privés. Pour l’économiste Ndongo Samba Sylla, la crise actuelle trouve sa source dans un modèle de croissance fondé sur des projets d’infrastructure comme le TER ou le BRT, qu’il qualifie de « projets Ponzi » sans impact sur les exportations. À fin 2024, la dette extérieure sénégalaise s’élevait à 18 008 milliards de FCFA, représentant près de 70 % de l’encours total.

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