Sont-ils partout sans qu’on les voie ? La Nasa a découvert un méga trou noir « orphelin » là où personne ne l’attendait

Un trou noir supermassif a été surpris en pleine action... loin de chez lui. Pour la première fois, des astronomes ont observé un de ces monstres « orphelins » dévorer une étoile en périphérie d’une galaxie. Une découverte inédite qui ouvre la voie à une chasse aux trous noirs errants dans tout...
Les trous noirs supermassifs sont des monstres. Des ogres qui résident généralement au cœur des galaxies où ils peuvent se repaître d'une abondance d'étoiles. L’histoire ressemble à de la science-fiction. Pourtant, c’est bien ce que des astronomes ont observé dans l'Univers. Un trou noir supermassif qui se sert des restes d’une étoile qu’il a déchiquetée pour en frapper une autre.... Lire la suite Toutefois, il existe aussi des trous noirs « orphelins », qui errent en périphérie des galaxies. Comme leurs cousins, ils aiment dévorer les étoiles qui passent dans leur voisinage gravitationnel. Cela arrive moins souvent. Et les astronomes n'avaient encore jamais pu l'observer. saviez-vous ? LePresque toutes les galaxies abritent un trou noir supermassif en leur centre. Environ une fois tous les 100 000 ans, une étoile s’approche trop près et se fait dévorer. Bien que le phénomène soit relativement rare au sein d’une galaxie donnée, les scientifiques les traquent à travers des millions de galaxies. Ainsi, chaque année, les relevés astronomiques détectent une trentaine de ces événements. Jusqu'à aujourd'hui. Une équipe de l'université du Maryland (États-Unis) et du Goddard Space Flight Center de la Nasa détaille, dans The Astrophysical Journal Letters, une technique nouvelle qui pourrait permettre de dénicher d'autres trous noirs supermassifs errant alors qu'ils déchiquettent une étoile. Wandering around snacking? Black holes are just like me.@NASA’s Swift saw an “orphan” black hole lighting up as it devoured a star on the outskirts of a faraway galaxy. These phenomena are rare, and this was the first seen so far outside a galaxy’s core.https://t.co/Ghav56xXDF pic.twitter.com/cCm8jLJ5QQ — NASA Goddard (@NASAGoddard) July 28, 2026 Quand l’IA déniche un trou noir là où on ne l’attendait pas Chaque nuit, le Zwicky Transient Facility (ZTF) de l'Observatoire Palomar (États-Unis) enregistre un demi-million de flashs en provenance de l'Univers. Parmi eux, sans doute, quelques-uns émis par des étoiles subissant l'assaut d'un trou noir supermassif. Pour faire le tri, les chercheurs ont développé un algorithme d'intelligence artificielle capable d'identifier automatiquement les éclats qui ressemblent à ceux que les astronomes qualifient d'« événement de rupture par effet de marée ». En d'autres mots, ces moments où, sous l'effet de gravité exercée par le trou noir, l'étoile part en lambeaux. On suspectait l'existence de trous noirs stellaires solitaires invisibles en rayons X ou gamma mais pouvant révéler leur présence par effet de microlentille gravitationnelle dans la Voie lactée. Un premier candidat a été découvert, notamment avec l'aide des observations du télescope Hubble, fonçant à 160.000 km/h.... Lire la suite L'événement qui nous intéresse a été enregistré pour la première fois il y a plusieurs mois : un accroissement inhabituel de luminosité dans une galaxie située à environ 750 millions d'années-lumière de notre Système solaire. Pendant quelques temps, le flash a éclipsé l'ensemble de sa galaxie hôte dans le domaine de l'ultraviolet, rayonnant temporairement avec une intensité équivalente à celle de quelque 10 milliards de soleils. À l'origine, un trou noir d'une masse environ un million de fois supérieure à celle du Soleil. La galaxie WISEA J014656.04-152214.7 est située à environ 750 millions d’années-lumière de notre Terre, dans la constellation de la Baleine, ici avant et après la détection d’un événement de rupture par effet de marée à sa périphérie. © Lowell Discovery Telescope, Legacy Survey, Robert Stein Un monstre à 30 000 années-lumière du centre de sa galaxie Les astronomes ont multiplié les observations, avec différents instruments. Ils ont ainsi pu déterminer que le signal émettait une chaleur intense. De l'ordre de 30 000 °C. Et que l'événement s'était produit à plus de 30 000 années-lumière du centre d'une galaxie. Pourtant, malgré la localisation inédite de l'événement en périphérie d'une galaxie, les chercheurs sont affirmatifs : le flash correspond bien à un événement de rupture par effet de marée. Il y a quelques semaines, les astronomes ont pensé avoir enfin mis la main sur un trou noir supermassif errant. Trahi qu’il était dans sa fuite par une immense traînée d’étoiles. Mais des chercheurs suggèrent aujourd’hui une explication bien moins exotique...... Lire la suite Et les astronomes ont leur petite idée de la façon dont ce trou noir supermassif est arrivé là. À la suite d'une collision galactique. Soit après la fusion de trois galaxies et l'éjection du plus léger de leur trou noir central. Soit de la fusion en cours de la galaxie principale avec une galaxie naine. Pour conclure, il faudra encore quelques observations supplémentaires. En attendant, les scientifiques comptent bien utiliser cette nouvelle méthode pour détecter des étoiles en cours de désintégration dans les données de l'observatoire Vera C. Rubin (Chili), récemment entré en service, ainsi que dans celles du futur télescope spatial Nancy Grace Roman (Nasa). Avec l'espoir de répondre à la question qui est désormais sur toutes les lèvres : combien y a-t-il de tels trous noirs errants dans l'Univers ?
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