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Sur les traces du deuxième roman qu’Alain-Fournier, l’auteur du « Grand Meaulnes », projetait d’écrire avant d’être tué à la guerre en 1914

Sur les traces du deuxième roman qu’Alain-Fournier, l’auteur du « Grand Meaulnes », projetait d’écrire avant d’être tué à la guerre en 1914

« Livres fantômes » (1/5). Alain-Fournier commençait juste à travailler sur un nouveau roman, « Colombe Blanchet », lorsqu’il tomba au combat, en 1914. Depuis, les nombreux et inconsolables admirateurs de l’écrivain ne peuvent que rêver, esquisses en mains, à ce qu’aurait été ce livre.

Comme une enfance heureuse dont on aurait voulu ne jamais sortir, on se prend parfois à rêver, quand on tombe amoureux d’un livre, qu’il ne finisse jamais. Dans une veine de sentiment assez similaire, à la mort prématurée d’un écrivain, on peut se demander : quelle orientation aurait pris son œuvre ? Quelle tournure aurait adopté son écriture avec le temps ? Ces nostalgies d’un possible inadvenu trouvent un point de rencontre parfait dans la personne d’Alain-Fournier (1886-1914), l’auteur du Grand Meaulnes, le roman français le plus traduit à travers le monde, après Le Petit Prince. Paru en 1913, ce classique constitue un « roman de bout de monde », explique Tiphaine Samoyault, universitaire et feuilletoniste du « Monde des livres ». Cette formule doit s’entendre à la fois aux sens de fin et de seuil, de géographie et de temps : une lucarne sur la province française de la fin du XIXe siècle, contemplée au travers du souvenir et du songe, avant que cette ruralité aussi attestée qu’imaginée ne se dissolve dans la Grande Guerre. L’engouement que le roman a suscité depuis est allé jusqu’à déclencher une véritable épidémie de « meaulnite », selon le mot de Philippe Berthier, à qui on doit l’entrée d’Alain-Fournier dans « La Pléiade », en 2020. « Meaulnite », ce mal de fiction, variante XXe siècle du bovarysme, qui donne l’envie de ne jamais quitter cet univers à la coloration si particulière, à la lisière du réel et du rêve. Mauvaise nouvelle : cette maladie est sans remède. Il vous reste 82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

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