"Un impact significatif sur le bien-être" : l'effet surprenant de la salsa sur les symptômes dépressifs et l'anxiété

Une étude de l'université d'Oxford sur les liens entre la pratique de la salsa et la santé mentale a été publiée ce mercredi 15 juillet. D'après elle, la salsa peut significativement améliorer les symptômes dépressifs et l'anxiété chez les jeunes. En France, un jeune de 15-29 ans sur quatre présente des signes de dépression, selon la Mutualité Française.
Face à face, main dans la main, sur une musique entraînante, les corps bougent et l'esprit s'aère... au point d'améliorer significativement la santé mentale ? Les résultats d'une étude (nouvelle fenêtre)de l'université d'Oxford, publiée ce mercredi 15 juillet, vont dans ce sens : la salsa peut réduire les symptômes dépressifs et l'anxiété sociale chez les jeunes. Pendant huit semaines, les chercheurs ont étudié les cas de 121 jeunes souffrant de dépression et d'anxiété légères à modérées, répartis soit dans le groupe suivant une série de cours de salsa, soit dans le groupe témoin. Les participants, âgés de 18 à 24 ans, ont rempli un questionnaire de santé mentale validé par la communauté scientifique, avant, pendant et après l'étude.Brennan Delattre, doctorante en psychiatrie et auteure principale de l'étude, juge les résultats de l'étude "encourageants". La différence entre les deux groupes "n’était pas seulement détectable d’un point de vue statistique ; elle était suffisamment marquée pour avoir un impact significatif sur le bien-être des participants au quotidien", explique-t-elle sur la nouvelle plateforme en ligne (nouvelle fenêtre) des Presses universitaires de Cambridge. La salsa offre un cadre bien défini aux jeunes En France, parmi les 15-29 ans, un jeune sur quatre présente des signes de dépression, selon une étude de 2025 de la Mutualité française (nouvelle fenêtre), en partenariat avec les instituts Montaigne et Terram. Dans le monde, le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-29 ans, d'après l'Organisation mondiale de la Santé (nouvelle fenêtre). Dans ce cadre, les chercheurs ont voulu observer l'impact que pouvaient avoir plusieurs facteurs réunis : "communauté, relations sociales, mouvement, musique, jeu, plaisir et raisons de venir et de continuer chaque semaine", liste la chercheuse. "La solitude et l’isolement sont fréquemment signalés par les jeunes en proie à des problèmes de santé mentale", note Brennan Delattre. La salsa, avec ses pas de danse, ses enchaînements, ses rotations et le déroulement prévisible du cours, offre aux participants un cadre clair et bien défini. "Pour certaines personnes, cela peut rendre les interactions sociales plus faciles à gérer que dans un contexte de groupe social non structuré, ce qui pourrait alléger quelque peu la pression", explique-t-elle. Pas une solution miracle Si l'étude de l'université d'Oxford réalisée avec l'Oxford Health NHS Foundation Trust (groupement hospitalier régional d'Oxford) offre de quoi se réjouir, l'auteure tient à prévenir toute interprétation trop rapide. "Le message à retenir de ces travaux n’est pas simplement 'toutes les personnes souffrant de dépression devraient essayer de danser pour s’en sortir' ; il s’agit plutôt de montrer que les interventions en santé mentale peuvent être joyeuses, sociales, pleines de rires, ludiques et ancrées dans la communauté, tout en faisant l’objet d’études et d’une mise en œuvre rigoureuses", conclut-elle. Originaire d'Amérique latine et popularisée à New York dans les années 60, la salsa est une danse de couple qui consiste à effectuer trois pas pour chaque mesure de quatre temps. Cette danse se pratique sur la musique du même nom et remonte aux esclaves déportés d'Afrique dans les Caraïbes, notamment à Cuba.
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