VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : la lucidité diplomatique de Jacques Tarbé de Saint-Hardouin

Lecture zen Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, un ministre plénipotentiaire éclairé. 2 août 1939. La lecture de la note adressée par le Rémois Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, chargé d’affaires à l’ambassade de France à Berlin ne passe pas inaperçue. Il s’agit à la fois de mieux éclairer le Quai d’Orsay sur les certitudes alors répétées dans les cercles proches d’Hitler comme quoi le Royaume-Uni n’est pas prêt à durcir le ton envers l’Allemagne et favorable à un accord du type de celui validé à Munich. Au ministre des Affaires étrangères Georges Bonnet, Tarbé insiste sur le fait que son homologue allemand Joachim von Ribbentrop conserve toute la confiance du Führer. Or, ajoute-t-il, le ministre allemand recommande des solutions radicales. « On peut se demander si, en raison des lenteurs des négociations anglo-franco-soviétiques, les dirigeants hitlériens ne sont pas tentés d’en revenir à l’idée d’une action foudroyante, qui en quelques semaines liquiderait l’armée polonaise et placerait les Puissances occidentales devant un fait accompli », suggère le Rémois. Il se méfie aussi de la posture russe qu’il estime volontairement inexplicite. L’ombre des ruines Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, ce fils d’ingénieur né dans la Cité des sacres le 5 décembre 1899, étudiant brillant reçu cinquième en 1921 au concours d’entrée des carrières diplomatiques et consulaires, conserve en mémoire les images tragiques de Reims, ville martyre de la Grande Guerre et des puissantes dévastations produites par un conflit. Aussi se veut-il à la fois lucide et rigoureux dans son analyse quand resurgit le risque d’une dure confrontation. Il distingue alors en Allemagne deux courants contraires. L’un est belliciste : « Les uns se laissent aller à la psychose de guerre et considèrent qu’une catastrophe est inévitable. C’est là une opinion très répandue, notamment dans la province, où elle se trouve entretenue par les appels de réservistes, les départs de soldats pour des destinations inconnues, les exercices de défense contre avions, les réquisitions, les restrictions alimentaires et autres », écrit-il. L’autre est idéaliste : « Les autres, dont la foi dans le Führer n’est pas ébranlée sont convaincus que le Chancelier fera encore un prodige et qu’il réussira, sans guerre, à réintégrer Dantzig dans le Reich ». Ce fils d’ingénieur né dans la Cité des sacres le 5 décembre 1899 conserve en mémoire les images tragiques de Reims, ville martyre de la Grande Guerre et des puissantes dévastations produites par un conflit Il discerne aussi de l’indécision dans les milieux bien informés qui se réfugient dans un : « Tout dépendra des circonstances ». Avant de conclure dans un langage très cher aux chancelleries : « Les chefs du Troisième Reich paraissent donc toujours en proie aux incertitudes, mais aussi aux tentations. Dans la mesure où ils se persuadent que dès maintenant, la Pologne peut compter sur une aide efficace de la France et de l’Angleterre, et qu’une guerre courte n’est qu’un mythe, il est cependant permis d’espérer que la raison l’emportera chez eux sur leur penchant pour les solutions de ruse et d’audace. » À lire aussi VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : Eléonore de Roye, la jeune princesse diplomate Mis en ligne le 2/08/2026 à 05:01 VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : la lucidité diplomatique de Jacques Tarbé de Saint-Hardouin Par Hervé Chabaud Chaque dimanche, la chronique « Hervé Chabaud nous raconte » permet de (re)découvrir une personnalité ou un événement qui a marqué la région. Aujourd’hui le Rémois Jacques Tarbé de Saint-Hardouin. Sans chercher à susciter la panique, il a démontré avec force d’arguments que le risque d’une nouvelle guerre devait être pris très au sérieux. Video
VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : la lucidité diplomatique de Jacques Tarbé de Saint-Hardouin Chaque dimanche, la chronique « Hervé Chabaud nous raconte » permet de (re)découvrir une personnalité ou un événement qui a marqué la région. Aujourd’hui le Rémois Jacques Tarbé de Saint-Hardouin. Sans chercher à susciter la panique, il a démontré avec force d’arguments que le risque d’une nouvelle guerre devait être pris très au sérieux. Article réservé aux abonnésPartage : Ajouter L'Ardennais sur Google Article multimedia 2 août 1939. La lecture de la note adressée par le Rémois Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, chargé d’affaires à l’ambassade de France à Berlin ne passe pas inaperçue. Il s’agit à la fois de mieux éclairer le Quai d’Orsay sur les certitudes alors répétées dans les cercles proches d’Hitler comme quoi le Royaume-Uni n’est pas prêt à durcir le ton envers l’Allemagne et favorable à un accord du type de celui validé à Munich.
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